Accord conditionnel de cessez-le-feu entre le Liban et Israël
L’État hébreu conditionne la mise en œuvre du cessez-le-feu à l’arrêt complet des combats par le Hezbollah et au retrait de tous ses membres au nord du Litani River.
Beyrouth et Tel-Aviv sont parvenus à un accord visant à mettre en œuvre un cessez-le-feu à l’issue d’un cycle de négociations complexes tenu à Washington. Cet accord reste toutefois conditionné à une cessation totale des hostilités de la part du Hezbollah ainsi qu’au retrait de tous ses combattants au nord du fleuve Litani, selon un communiqué conjoint libano-américano-israélien publié jeudi.
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Cette évolution intervient après une escalade militaire sans précédent et à la suite de menaces formulées par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de cibler la banlieue sud de Beyrouth, avant qu’il ne revienne sur cette position sous la pression du président américain Donald Trump.
L’Agence nationale de presse libanaise a publié le communiqué, qui précise que « les États-Unis ont organisé la quatrième réunion trilatérale de haut niveau entre des représentants d’Israël et du Liban les 2 et 3 juin 2026 ».
Sous l’impulsion des États-Unis, les parties libanaise et israélienne ont convenu « d’accélérer la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, avec l’exclusion de toute entité armée non étatique ».
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Le communiqué ajoute que « ces mesures pourraient ouvrir la voie à des avancées vers un accord global de paix et de sécurité ». Il souligne également que toutes les parties ont affirmé que l’avenir des relations entre Israël et le Liban devait être déterminé exclusivement par les gouvernements souverains des deux pays. Elles ont rejeté toute tentative d’un État ou d’un acteur non gouvernemental d’imposer une tutelle sur l’avenir du Liban ou d’en prendre le contrôle, dans une allusion à l’Iran et à son allié, le Hezbollah, qui a exprimé son opposition à l’option des négociations.
Israël et le Liban ont affirmé ne nourrir aucune intention hostile l’un envers l’autre et se sont engagés à poursuivre des négociations directes destinées à renforcer la confiance mutuelle, à résoudre les questions en suspens et à œuvrer à un accord global entre les deux États.
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Les délégations ont examiné un cadre sécuritaire fondé sur les discussions tenues au United States Department of Defense le 29 mai, visant à garantir durablement la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale du Liban et d’Israël. Ce cadre prévoit notamment le démantèlement des groupes armés non étatiques et l’empêchement de leur reconstitution à l’avenir.
Malgré cet accord, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré jeudi qu’Israël poursuivrait pour le moment ses opérations terrestres dans le sud du Liban et que les habitants déplacés ne seraient pas autorisés à retourner dans leurs foyers.
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Dans un communiqué, il a indiqué que les forces israéliennes resteraient dans ce qu’Israël qualifie de « zone de sécurité » dans le sud du Liban, notamment dans la région du Beaufort Castle, forteresse vieille d’environ 900 ans dont Israël a pris le contrôle samedi dernier. Il a ajouté qu’Israël poursuivrait le « démantèlement des infrastructures terroristes » dans la région et disposerait, avec le soutien des États-Unis, de la liberté d’agir contre Beyrouth en réponse à toute attaque visant des zones ou des territoires israéliens.
De son côté, l’armée israélienne a affirmé que les combats se poursuivaient dans le sud du Liban et a averti les habitants de ne pas retourner dans les villages du sud tant que les opérations militaires demeureraient en cours.
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Toutes les parties ont également condamné les attaques iraniennes contre les pays de la région ainsi que les activités iraniennes jugées déstabilisatrices au Moyen-Orient, qu’il s’agisse du soutien à des groupes alliés ou d’autres actions hostiles.
Les États-Unis ont réaffirmé leur soutien continu aux gouvernements libanais et israélien dans l’exercice de leur souveraineté. Washington a souligné que tout accord de cessation des hostilités devait être conclu directement entre les deux gouvernements sous médiation américaine et non par le biais d’un processus parallèle.
Les États-Unis ont également confirmé leur intention de poursuivre leur soutien aux forces armées libanaises afin de renforcer leurs capacités et leur permettre d’exercer effectivement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire libanais.
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Le communiqué fait référence à une déclaration du secrétaire d’État américain Marco Rubio du 2 juin, dans laquelle il a affirmé que le Hezbollah constituait non seulement un adversaire d’Israël et des États-Unis, mais également du Liban.
Israël a pour sa part affirmé que sa sécurité et le respect de son intégrité territoriale ne pouvaient être garantis qu’à travers le désarmement du Hezbollah et le démantèlement de son infrastructure sur l’ensemble du territoire libanais. L’État hébreu a insisté sur l’importance de négociations directes sous médiation américaine afin de résoudre les questions en suspens et de parvenir à une paix et une sécurité durables.
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Le Liban a, quant à lui, souligné la nécessité du respect mutuel des frontières reconnues internationalement ainsi que l’urgence d’une mise en œuvre complète de l’accord de cessation des hostilités, tout en réaffirmant les principes d’intégrité territoriale et de souveraineté pleine et entière de l’État. Beyrouth s’est également engagé à renforcer les capacités des forces armées libanaises avec le soutien des États-Unis afin de leur permettre d’exercer un contrôle effectif sur l’ensemble du territoire national.
Le communiqué conclut en indiquant que les deux parties ont convenu de reprendre les volets politique et sécuritaire des négociations au cours de la semaine débutant le 22 juin, dans le but de parvenir à un accord global. Les États-Unis ont accepté de poursuivre leur rôle de facilitateur du dialogue entre les deux parties durant la période de transition.
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Commentant cet accord, le président américain Donald Trump a déclaré que son administration avait établi un « premier contact » avec des responsables du Hezbollah libanais et qu’un accord avait été trouvé pour mettre fin aux échanges de tirs entre le mouvement et Israël.
S’exprimant devant les journalistes à la Maison-Blanche après la signature d’un décret exécutif dans le Bureau ovale, il a affirmé avoir réussi à « maîtriser la situation », tout en soulignant la poursuite des efforts diplomatiques dans la région.
Il a ajouté : « Nous avons en réalité parlé avec le Hezbollah pour la première fois. Ils ont accepté hier de ne pas ouvrir le feu, et Israël ne tirera pas non plus sur eux », précisant que l’entente reposait sur l’engagement mutuel des deux parties à s’abstenir de toute attaque, sans fournir davantage de détails sur la nature des contacts établis.
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Depuis le 2 mars, Israël mène une vaste campagne militaire au Liban qui, selon des données officielles, a causé jusqu’à mardi la mort de 3 468 personnes et fait 10 577 blessés, tout en provoquant le déplacement de plus d’un million de personnes.
Israël occupe également plusieurs zones du sud du Liban, certaines depuis plusieurs décennies et d’autres depuis le conflit précédent de 2023-2024. Au cours de l’offensive actuelle, les forces israéliennes ont avancé jusqu’à environ dix kilomètres à l’intérieur des frontières méridionales du Liban.
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