Politique

Netanyahou : nous avons examiné trois options concernant l’Iran, mais la décision appartient à Trump


Le Premier ministre israélien estime que le détroit d’Ormuz ne continuera pas à influencer le marché mondial du pétrole une fois le conflit régional terminé.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé qu’il n’avait pas tenté de convaincre le président américain Donald Trump de reprendre les attaques contre l’Iran. Il a déclaré avoir examiné avec lui trois options pour gérer la situation : « négocier un accord plus large avec les responsables iraniens, maintenir le blocus du détroit stratégique d’Ormuz et entreprendre de nouvelles actions militaires ».

Dans une interview accordée mercredi soir à la chaîne américaine ABC News, Netanyahou a nié avoir cherché à persuader Trump de reprendre les frappes contre l’Iran lors de leur rencontre à la Maison-Blanche mardi, déclarant : « Cette représentation est caricaturale… ce n’est pas vrai. »

Jeudi matin, le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé la reprise des opérations contre l’Iran, en menant des frappes contre des dizaines de sites affiliés au Corps des gardiens de la révolution islamique, en réponse à ce qu’il a présenté comme une tentative iranienne de viser des forces américaines.

Ces frappes marquent une reprise déclarée des affrontements directs entre Washington et Téhéran, après plusieurs jours d’accalmie durant lesquels des attaques de missiles et de drones, attribuées par l’Arabie saoudite à des milices pro-iraniennes en Irak, avaient été signalées.

Pendant treize jours, jusqu’au 24 juillet, les États-Unis ont mené des attaques contre l’Iran, tandis que Téhéran a répliqué en frappant ce qu’il a décrit comme des installations et équipements militaires américains situés dans plusieurs pays arabes, notamment en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït.

Netanyahou a ajouté : « Mardi, j’ai discuté avec le président Trump de différentes options pour résoudre le conflit avec l’Iran. »

En 2018, Donald Trump s’était retiré de l’accord conclu en 2015 entre l’Iran, l’Allemagne et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies — les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine et la Russie.

À l’époque, Trump estimait que cet accord était insuffisant pour contenir les ambitions iraniennes. Celui-ci prévoyait pourtant des restrictions au programme nucléaire iranien afin d’empêcher Téhéran de développer des armes nucléaires, en échange de la levée des sanctions internationales.

Netanyahou a poursuivi : « Nous avons analysé les trois scénarios et la décision lui appartient », en référence à Trump.

Washington et Tel-Aviv accusent Téhéran de développer des programmes nucléaire et balistique susceptibles de menacer Israël ainsi que les pays alliés des États-Unis dans la région. L’Iran affirme, de son côté, que son programme nucléaire est exclusivement pacifique, qu’il ne cherche pas à acquérir l’arme nucléaire et qu’il ne menace aucun autre État.

Israël, qui occupe la Palestine ainsi que des territoires au Liban et en Syrie, est considéré comme le seul pays de la région disposant d’un arsenal nucléaire, non officiellement reconnu et échappant au contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Netanyahou a également rejeté l’idée selon laquelle il aurait induit Trump en erreur et l’aurait poussé à intervenir dans le conflit iranien en laissant entendre qu’un changement de régime à Téhéran était facilement envisageable.

Le 28 février dernier, les États-Unis et Israël ont lancé une offensive contre l’Iran, qui, selon Téhéran, a fait plus de trois mille morts. En représailles, l’Iran a mené des attaques ayant causé la mort de citoyens américains et israéliens.

Cette offensive a eu lieu alors même que les négociations entre Washington et Téhéran sur le programme nucléaire progressent, selon le médiateur omanais. Il s’agissait de la deuxième fois qu’Israël interrompt un processus diplomatique, la première ayant conduit à la guerre de juin 2025.

« Non, je n’ai trompé personne. Personne ne dicte au président Trump ce qu’il doit faire », a déclaré Netanyahou.

Interrogé sur la possibilité d’un changement du régime iranien, il a répondu : « Je pense que l’Iran est plus faible que jamais et qu’Israël est plus fort que jamais. Je ne peux pas affirmer avec certitude que le régime s’est déjà effondré, mais il finira par tomber. »

Netanyahou estime également que le détroit stratégique d’Ormuz, essentiel aux approvisionnements énergétiques et au commerce international, ne continuera pas à perturber le marché pétrolier mondial après la fin du conflit avec l’Iran.

« Je ne pense pas que les détroits conserveront une telle influence. Les pays transféreront leurs infrastructures énergétiques du détroit vers la mer Rouge, puis vers Israël et la Méditerranée. Nous pouvons briser ce blocus, et nous le ferons », a-t-il affirmé.

Le 18 juin dernier, Washington et Téhéran avaient signé un protocole d’accord et entamé des négociations en vue d’un accord définitif, avant que des divergences n’émergent concernant la liberté et la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz.

Netanyahou a averti que si l’Iran frappait Israël, ce serait « une erreur grave », ajoutant : « Nous répondrons avec une très grande fermeté. »

« Mon objectif est de garantir que l’Iran, sous ce régime, ne puisse jamais posséder l’arme nucléaire. Le président Trump et moi partageons cette position », a-t-il déclaré.

Il s’est toutefois montré sceptique quant à l’issue des négociations : « Je me méfie de la méthode iranienne. Ils mentent, trichent et gagnent toujours du temps. Cela peut-il changer sous une pression suffisante, diplomatique et économique ? Essayons. »

À propos des sondages révélant un recul du soutien populaire américain à Israël, Netanyahou a déclaré : « Nous constatons une corrélation directe entre l’essor des réseaux sociaux et la baisse du soutien à Israël. »

Il a affirmé que « certains États souverains » — sans les nommer — manipulent l’opinion publique grâce à des programmes de manipulation électronique et à d’autres moyens.

Il a néanmoins reconnu que « la guerre à Gaza, la détérioration de l’image d’Israël et les mensonges diffusés » avaient contribué à cette évolution, selon ses propos.

Une vive contestation populaire et officielle à l’égard d’Israël s’est développée dans de nombreux pays depuis le début de la guerre à Gaza, le 8 octobre 2023.

Revenant sur la baisse du soutien américain, Netanyahou a déclaré : « Oui, cela m’inquiète. Je souhaite qu’Israël bénéficie d’un soutien bipartisan, républicain et démocrate, car je considère cela comme un pilier fondamental de notre sécurité nationale. »

À propos des États-Unis, il a ajouté : « Nous sommes partenaires et alliés. Les États-Unis sont le partenaire principal, il ne faut jamais l’oublier. Je suis le partenaire minoritaire. »

« Mais je suis le Premier ministre d’Israël et, lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts et la sécurité de mon pays, j’agis en conséquence », a-t-il conclu.

Concernant ses divergences avec le vice-président américain J. D. Vance, notamment sur les négociations avec l’Iran, Netanyahou s’est contenté de déclarer : « J’ai eu une conversation extrêmement productive avec le vice-président ce matin. »

 

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