Le président américain Donald Trump annonce la fin du mémorandum d’entente avec l’Iran
Le président américain laisse toutefois la porte ouverte à la diplomatie en déclarant que, si les négociateurs américains souhaitent poursuivre le processus avec Téhéran, cette décision leur appartient.
Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que le mémorandum d’entente signé avec l’Iran pour mettre fin au conflit « était désormais caduc », ajoutant qu’il ne souhaitait plus traiter avec Téhéran, dans un contexte marqué par une escalade sur le terrain, notamment après les attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz, suivies de frappes américaines et de ripostes iraniennes visant des bases militaires au Koweït et à Bahreïn.
Adoptant un ton ferme lors de déclarations à la presse à Ankara, avant l’ouverture du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), il a affirmé : « Je ne veux pas traiter avec eux », en référence aux Iraniens, ajoutant qu’« ils sont malades ».
Dans le même temps, il a laissé la voie diplomatique ouverte avec Téhéran, précisant que si les négociateurs américains souhaitaient poursuivre les discussions, cette décision leur revenait.
Selon le texte, l’armée américaine devrait lancer des frappes intensives contre Téhéran après les déclarations du président, tandis que la position des États médiateurs, notamment le Pakistan et le Qatar, demeure inconnue à la suite de cette dernière annonce.
Dans la première réaction iranienne à ces développements, le président Massoud Pezeshkian a écrit sur son compte de la plateforme X : « Nous rejetons les manœuvres du gouvernement américain et défendrons fermement nos droits. »
Il a ajouté : « Le comportement du gouvernement américain, en tant que pays hôte de la Coupe du monde, reflète sa politique étrangère habituelle : manipuler les règles, intimider ses adversaires, dresser des obstacles et tricher. »
L’annonce par le président américain de la fin du mémorandum d’entente ouvre la voie à une nouvelle phase d’instabilité régionale, sur fond de craintes d’une reprise de la confrontation directe entre Washington et Téhéran et d’un élargissement des opérations militaires à de nouveaux théâtres dans la région. Cette décision pourrait également offrir à Israël une plus grande marge de manœuvre, Tel-Aviv cherchant à reprendre ses frappes contre l’Iran en s’appuyant sur l’affaiblissement des perspectives d’apaisement et sur l’effondrement du processus diplomatique que permettait ce mémorandum.
Cette évolution intervient alors que les pays de la région redoutent qu’une nouvelle escalade ne menace la sécurité des voies maritimes et des approvisionnements énergétiques, tout en ravivant plusieurs fronts, notamment au Liban, en mer Rouge et dans le Golfe. Elle place également les États médiateurs, en particulier le Qatar et le Pakistan, face à de nouveaux défis pour préserver les canaux de communication et empêcher une confrontation plus large.
À la suite de ces développements, les cours du Brent et du pétrole brut américain ont progressé de plus de 4 %, reflétant le retour des inquiétudes concernant les approvisionnements énergétiques, ce qui pourrait avoir d’importantes répercussions sur la situation intérieure des États-Unis.
Pour sa part, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré au président américain qu’il partageait son analyse concernant l’Iran, évoquant les violations et les dépassements répétés qui lui sont reprochés.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique a annoncé mercredi avoir mené une attaque contre 85 sites militaires américains à Bahreïn et au Koweït, précisant que ces frappes constituaient une riposte aux bombardements américains ayant visé des installations situées en Iran. Cette évolution intervient dans un contexte de tensions sans précédent dans la région, alimentant les craintes d’une extension du conflit au Golfe, notamment après les attaques ayant visé trois navires dans le détroit d’Ormuz mardi, suivies d’avertissements concernant les conséquences d’une menace contre la sécurité de la navigation maritime.
À la suite de cette annonce iranienne, le Koweït a indiqué que ses systèmes de défense aérienne avaient intercepté des projectiles se dirigeant vers son territoire, tandis que Bahreïn avait auparavant annoncé avoir repoussé des attaques de missiles, illustrant ainsi l’élargissement de la confrontation et la transformation des pays accueillant des installations militaires américaines en zones potentielles d’escalade.
Les États-Unis et l’Iran avaient signé, le 18 juin dernier, un mémorandum d’entente visant à consolider le cessez-le-feu et à créer un climat propice à des négociations menées sous médiation du Qatar et du Pakistan en vue d’un accord définitif. Toutefois, les attaques contre les navires commerciaux, suivies de la riposte militaire américaine, soulèvent désormais des interrogations quant à l’avenir de ces ententes et à la possibilité de poursuivre la voie diplomatique dans un contexte de reprise de l’escalade militaire.
