Moyen-Orient

Les armes du Hamas : la question la plus sensible demeure sans réponse


Le Conseil international pour la paix ainsi que plusieurs observateurs estiment que la décision du Hamas de dissoudre son comité gouvernemental dans la bande de Gaza reste incomplète tant qu’elle ne s’accompagne pas d’un engagement en faveur du désarmement du mouvement.

Lundi, le Hamas a annoncé la dissolution de son comité gouvernemental à Gaza, sans toutefois évoquer la question de son arsenal militaire dans le territoire.

Selon plusieurs analystes, l’absence de toute référence au désarmement dans cette décision limite considérablement sa portée.

À ce sujet, le Conseil international pour la paix, présidé par le président américain Donald Trump, a déclaré sur son compte de la plateforme X : « Nous avons pris connaissance de l’annonce faite aujourd’hui concernant la dissolution du “Comité d’urgence” à Gaza. »

Le Conseil a ajouté : « En définitive, notre évaluation reposera sur les actes, et non sur les promesses, afin de répondre aux besoins essentiels de la population de Gaza. »

Il a poursuivi : « Les décisions doivent être globales et répondre à l’ensemble des exigences prévues par la feuille de route relative à la gouvernance, à la sécurité et à la transition à Gaza. »

Le Conseil a également déclaré : « Nous espérons parvenir à une conclusion positive des discussions sur cette feuille de route, y compris sur les mécanismes de mise en œuvre nécessaires pour permettre au Comité national de gestion de Gaza d’exercer pleinement l’autorité gouvernementale. »

Le Conseil international pour la paix a rappelé que « le principe fondamental demeure celui d’une seule autorité, d’une seule loi et d’une seule force armée. Cela implique l’unification de toutes les armes sous le contrôle du Comité national de gestion de Gaza, conformément au Plan global de paix pour Gaza et à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies. »

Le Conseil a également souligné que « le véritable transfert de pouvoir doit permettre au Comité national de gestion de Gaza d’exercer son mandat en toute indépendance, notamment en prenant les décisions administratives et de gouvernance qui lui sont confiées. »

La feuille de route présentée en mai dernier par le Haut Représentant pour Gaza, Nikolaï Mladenov, précise que « l’objectif ne consiste pas seulement à préserver le cessez-le-feu, mais également à sortir Gaza du cycle de guerre et de crise humanitaire permanente afin d’engager un processus de relèvement, de reconstruction et d’autonomie gouvernementale palestinienne. »

Le document stipule également que « Gaza ne pourra se relever tant que des groupes armés continueront d’exercer simultanément des fonctions gouvernementales. »

La feuille de route prévoit que « seules les institutions palestiniennes légalement habilitées exerceront l’autorité sécuritaire dans la bande de Gaza ; seules les personnes autorisées porteront des armes ; les groupes armés mettront fin à leurs activités militaires ; et les structures de gouvernance et de sécurité seront unifiées sous une autorité civile unique. »

Elle propose un « processus progressif de désarmement, conduit par les Palestiniens et vérifié par la communauté internationale selon un calendrier convenu. Les armes ne seront pas remises à Israël. Le document précise qu’elles seront transférées à des institutions palestiniennes placées sous l’autorité du Comité national de gestion de Gaza, dans le cadre d’un mécanisme de supervision internationale. »

La feuille de route établit également un lien direct entre le retrait israélien de Gaza, la mise en œuvre vérifiée du processus progressif de désarmement et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.

Elle souligne en outre que « les grands programmes de financement et de reconstruction ne pourront progresser durablement dans les zones où subsistent des structures armées parallèles ou où l’instabilité persiste. »

À ce jour, le Hamas n’a pas accepté cette feuille de route, qui repose sur quatre axes fondamentaux : le désarmement, le retrait israélien de Gaza, la reconstruction et la prise en charge de l’administration quotidienne du territoire par le Comité national de gestion de Gaza.

Le Hamas contrôle militairement la bande de Gaza depuis le milieu de l’année 2007 et refuse, depuis lors, les différentes initiatives visant à mettre fin à sa domination militaire.

L’Autorité palestinienne n’a, pour l’instant, publié aucune réaction officielle à la décision du Hamas.

Des sources palestiniennes ont déclaré que « la dissolution du comité gouvernemental constitue une évolution positive, mais demeure incomplète tant qu’elle ne s’accompagne pas d’un processus clair de désarmement conduisant au principe d’une seule autorité, d’une seule loi et d’une seule force armée légitime ».

Elles ont ajouté : « Nous espérons que cette initiative constituera la première étape vers le désarmement et le transfert des armes à l’Autorité palestinienne. »

Selon ces mêmes sources, « les discussions menées par les médiateurs avec le Hamas se poursuivent, avec l’espoir qu’elles aboutissent aux mesures nécessaires pour lever les prétextes invoqués par Israël et ouvrir la voie à la fin de son occupation de l’ensemble de la bande de Gaza ».

Le Hamas cherche peut-être à réduire les pressions arabes et internationales qui s’exercent sur lui, notamment après le regain d’intérêt de la communauté internationale pour Gaza à la suite des avancées enregistrées dans le dossier américano-iranien.

Ils soulignent également que cette initiative intervient avant la rencontre attendue, dans les prochains jours à Washington, entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le président américain Donald Trump.

Les observateurs n’excluent pas que cette décision soit également liée à la multiplication des rapports sécuritaires israéliens faisant état des efforts du Hamas pour reconstituer ses capacités dans la bande de Gaza, une évolution susceptible de préparer le terrain à une nouvelle opération militaire israélienne.

Au cours des dernières semaines, les États-Unis ont manifesté un intérêt accru pour l’obtention de progrès dans le dossier de la bande de Gaza.

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