Paix entre le Liban et Israël : progrès dans les négociations et les États-Unis désignent l’unique obstacle
À l’issue de la première journée du quatrième cycle de négociations directes entre le Liban et Israël à Washington, des signes de progrès politique et sécuritaire sont apparus, selon ce qu’a annoncé le département d’État américain.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a estimé que le Hezbollah constitue « l’unique obstacle » à la conclusion d’un accord de paix entre les deux pays, alors que le mouvement continue de rejeter les négociations ainsi que le désarmement exigé par Israël.
Le porte-parole du département d’État américain, Tommy Pigott, a déclaré sur la plateforme X, à la fin de la première journée des pourparlers, que « les progrès se poursuivent sur les plans politique et sécuritaire », indiquant qu’une nouvelle session se tiendrait mercredi.
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a, pour sa part, affirmé mardi que l’objectif des discussions était de « consolider le cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire libanais », ajoutant que « les négociations constituent l’option la moins coûteuse pour le Liban et les Libanais ».
L’unique obstacle
De son côté, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré mardi qu’Israël et le Liban pourraient conclure un accord de paix « dès demain » sans l’existence du Hezbollah, au moment même où débutait le quatrième cycle des discussions à Washington.
Répondant à une question lors d’une audition devant la commission des relations extérieures du Sénat, Rubio a déclaré : « Israël et le Liban peuvent parvenir à un accord de paix dès demain. Israël ne revendique aucun territoire au Liban, et le Hezbollah est l’unique obstacle. »
Il a ajouté que « sans l’Iran, il n’y aurait pas de Hezbollah », soulignant que les États-Unis, qui jouent le rôle de médiateur dans ces négociations, insistent pour dissocier les discussions libano-israéliennes des négociations avec l’Iran, une approche rejetée par Téhéran.
Détails du cycle de négociations
Mardi, le département d’État américain a accueilli les représentants du Liban et d’Israël pour l’ouverture d’un nouveau cycle de discussions directes, alors que les affrontements entre Israël et le Hezbollah se poursuivent malgré l’annonce du président américain Donald Trump selon laquelle les deux parties auraient accepté de mettre fin aux attaques réciproques.
La délégation libanaise est dirigée par l’ancien ambassadeur Simon Karam, tandis que la délégation israélienne est conduite par l’ambassadeur Yechiel Leiter. Du côté américain, Daniel Hohler participe en tant que représentant du secrétaire d’État Marco Rubio, absent de cette session. Il s’agit du quatrième cycle de discussions entre les deux pays depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars.
Les pourparlers doivent se poursuivre pendant deux jours. Aucun des participants n’a fait de déclaration à son arrivée au siège du département d’État américain.
Le président libanais Joseph Aoun a affirmé, dans un communiqué diffusé mardi par la présidence, qu’« il n’existe pas d’autre choix que la négociation, et celle-ci ne doit pas être considérée comme une capitulation, une concession ou une défaite. La véritable force ne réside pas dans la poursuite de la guerre, mais dans le courage et la sagesse nécessaires pour y mettre fin par la négociation dans l’intérêt de la nation, qui demeure la priorité absolue ».
Alors que le Liban cherche à consolider le cessez-le-feu et à obtenir le retrait israélien de son territoire, Israël souhaite garantir le désarmement du Hezbollah. Ce dernier refuse toute négociation directe entre les deux pays et affirme que son arsenal constitue une affaire intérieure qui ne relève pas du processus de négociation.
L’ambassade du Liban à Washington avait publié lundi soir un communiqué annonçant que le Hezbollah avait accepté un « arrêt réciproque des attaques » avec Israël et que le président américain Donald Trump avait informé Beyrouth de l’accord d’Israël sur cette proposition. Toutefois, aucune des deux parties concernées n’a officiellement confirmé son engagement à respecter cet accord.
Par ailleurs, le président du Parlement libanais, Nabih Berri, qui joue un rôle d’intermédiaire entre le Hezbollah et les États-Unis, exige que le cessez-le-feu du côté israélien soit « global », afin de garantir le respect de celui-ci par le mouvement soutenu par l’Iran, selon les déclarations de son conseiller à l’Agence France-Presse mardi.
Le front libanais entre Israël et le Hezbollah a connu une forte escalade ces derniers jours, l’armée israélienne poursuivant son avancée dans le sud du Liban.
Israël a également intensifié ses frappes aériennes contre plusieurs zones du sud du pays au cours de la période récente. Lundi, des responsables israéliens ont menacé de reprendre les bombardements de la banlieue sud de Beyrouth, largement épargnée depuis l’annonce du cessez-le-feu du 17 avril.
