Iran

L’Iran transfère des centrifugeuses vers une installation profondément enfouie dans une montagne fortifiée


Le Wall Street Journal affirme qu’Israël a informé Washington que le transfert des centrifugeuses aurait probablement eu lieu à l’automne dernier, plusieurs mois après l’affrontement militaire qui a éclaté en juin 2025.

Le Wall Street Journal a rapporté lundi, citant des responsables américains et israéliens, que l’Iran avait transféré des milliers de centrifugeuses utilisées pour l’enrichissement de l’uranium vers une installation fortifiée située à l’intérieur du mont Pikaks. Cette décision témoignerait de la volonté de Téhéran de renforcer la protection de son programme nucléaire, alors que ce dossier demeure l’un des principaux points de désaccord faisant obstacle à la conclusion d’un accord définitif avec les États-Unis, parallèlement aux différends concernant les modalités de navigation et la gestion du détroit d’Ormuz.

Selon le quotidien, les évaluations des services de renseignement israéliens indiquent que les équipements nucléaires auraient été déplacés vers un réseau de tunnels profondément enfouis sous la montagne, ce qui rendrait leur ciblage par des frappes aériennes plus complexe que celui des sites précédemment connus. Cette configuration renforcerait la capacité de Téhéran à préserver son infrastructure nucléaire en cas de nouvelles attaques.

D’après les informations rapportées par le journal, Israël a informé Washington que le transfert des centrifugeuses aurait probablement été effectué au cours de l’automne dernier, plusieurs mois après l’affrontement militaire déclenché en juin 2025, lorsque des installations nucléaires iraniennes avaient été frappées par les États-Unis et Israël. Ces attaques avaient notamment ciblé des sites souterrains au moyen de bombardiers stratégiques.

Des milieux sécuritaires estiment que cette décision s’inscrit dans le cadre d’une stratégie iranienne visant à redistribuer les actifs nucléaires sensibles vers des sites davantage fortifiés, afin de réduire l’efficacité de toute future attaque et de permettre au programme nucléaire de continuer à fonctionner, même en cas de frappes de grande ampleur.

La révélation de ces mouvements intervient quelques jours après que le président américain Donald Trump a évoqué la possibilité de cibler le mont Pikaks, dans le cadre d’avertissements adressés à Téhéran alors que les tensions entre les deux parties persistent. Cette situation alimente les craintes de voir le dossier nucléaire entrer dans une nouvelle phase d’escalade.

Des images satellitaires, consultées par des médias américains, ont également montré une activité intense de camions et d’engins de chantier aux abords du site. Des observateurs y voient un indice de la poursuite des travaux de développement et de fortification du complexe situé sous la montagne.

Selon le journal, la nouvelle installation se trouve à une profondeur de plus de cent yards à l’intérieur de la roche, soit à un niveau plus profond que celui de l’installation de Fordow. Cette profondeur lui offrirait une protection accrue contre les bombes conventionnelles capables de pénétrer les fortifications et témoignerait de l’ampleur des investissements en ingénierie mobilisés par l’Iran pour sécuriser ses installations nucléaires.

Le programme nucléaire demeure l’obstacle le plus complexe dans les négociations entre Washington et Téhéran. Le projet de protocole d’accord prévoit en effet l’imposition de restrictions à long terme sur les activités d’enrichissement de l’uranium, en contrepartie d’une levée progressive des sanctions économiques. Les propositions portent également sur la mise en place de mécanismes de contrôle international renforcés et sur la gestion des stocks d’uranium hautement enrichi, tout en reconnaissant à l’Iran le droit de développer un programme nucléaire à des fins pacifiques, soumis à des procédures de vérification permanentes.

Selon les analystes, toute avancée sur ce dossier déterminera le sort des autres volets de l’accord envisagé, qu’il s’agisse des sanctions ou des arrangements sécuritaires et régionaux. Dans le même temps, la persistance du différend concernant les capacités nucléaires iraniennes continue de maintenir ouverte la possibilité d’une escalade militaire, malgré la poursuite des contacts diplomatiques entre les deux parties.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page