Un jury déclare l’agresseur de Salman Rushdie coupable de soutien au Hezbollah et de terrorisme
L’homme ayant attaqué l’écrivain Salman Rushdie fait face à des accusations passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.
Un jury fédéral a reconnu Hadi Matar, âgé de 28 ans, coupable de soutien au Hezbollah et de « commission d’un acte terroriste » après l’attaque perpétrée contre Salman Rushdie dans un centre culturel de New York, en août 2022. Cette condamnation pourrait lui valoir une peine d’emprisonnement à vie.
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L’année dernière, Matar, citoyen américain d’origine libanaise, avait déjà été condamné à New York à vingt-cinq ans de prison pour tentative de meurtre sur l’écrivain de 79 ans. Cette fois, il comparaissait pour « commission d’un acte terroriste » et « tentative de fourniture d’un soutien à une organisation terroriste », selon le département américain de la Justice, qui a indiqué dans un communiqué que le prononcé de la peine est prévu pour le 3 novembre prochain.
Matar est accusé d’avoir apporté son soutien au Hezbollah, allié de l’Iran et classé comme organisation terroriste par les États-Unis.
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Le ministère de la Justice a précisé dans son communiqué que Hadi Matar « a tenté de fournir un soutien matériel au Hezbollah (…) et de commettre un acte terroriste transnational, ainsi que d’apporter un soutien matériel à des terroristes ».
De son côté, le journal The New York Times a rapporté que le jury avait rendu son verdict après seulement deux heures de délibérations, à l’issue d’un procès qui s’est étalé sur une semaine.
Selon l’accusation, l’attaque de Matar aurait été motivée par la fatwa émise en 1989 par le guide suprême iranien défunt, Rouhollah Khomeini, appelant à la mise à mort de Salman Rushdie en raison des passages jugés offensants envers le prophète Mahomet dans son roman Les Versets sataniques.
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Des convictions terroristes
L’accusation a soutenu que l’homme avait effectué des recherches et produit des vidéos en lien avec cette fatwa. Des photographies ainsi que divers documents associés au Hezbollah ont également été découverts à son domicile. Matar utilisait par ailleurs un permis de conduire falsifié au nom d’une personne liée au mouvement.
Selon le communiqué, le procureur adjoint américain John Eisenberg a déclaré que « Matar a passé plus d’un an à s’imprégner de l’idéologie violente du Hezbollah et à se préparer à agir conformément à la fatwa émise par le dirigeant iranien appelant au meurtre de Rushdie ».
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Le procureur américain Michael DiGiacomo a, pour sa part, affirmé que Matar « a choisi d’aligner ses valeurs sur celles des dirigeants terroristes iraniens », ajoutant que l’accusé avait consacré plusieurs mois à planifier l’attaque au couteau qui a failli coûter la vie à Rushdie et lui a fait perdre la vue d’un œil.
La défense a toutefois soutenu que Matar n’avait jamais agi au nom d’une organisation terroriste, même si son geste était motivé par la colère suscitée par ce qu’il considérait comme un contenu blasphématoire dans le roman Les Versets sataniques.
Son avocat, Nathaniel Barone II, a annoncé son intention de faire appel du jugement, selon The New York Times.
