Blocage de routes et jets de pierres contre l’armée : le Hezbollah répond à l’accord sur le Sud par une stratégie de désordre
Peu après que le Hezbollah a brandi la menace d’une « guerre civile » en réaction à l’accord conclu entre le Liban et Israël, dont l’encre est à peine sèche, le mouvement a mobilisé ses partisans dans les rues de Beyrouth.
L’Agence nationale d’information (ANI), agence de presse officielle libanaise, a indiqué que des membres et des sympathisants du Hezbollah sont descendus dans les rues de Beyrouth vendredi pour protester contre l’accord annoncé quelques heures plus tôt entre Israël et le Liban.
Selon l’Agence nationale d’information, des partisans du Hezbollah ont parcouru à moto plusieurs quartiers de Beyrouth, notamment dans des secteurs centraux proches du Parlement ainsi que le long de la route menant à l’aéroport, afin de protester contre l’accord-cadre annoncé entre le Liban et Israël. L’agence a précisé que certains manifestants ont bloqué au moins une route à l’aide de pneus enflammés.
La carte du désordre
Un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) a observé plusieurs personnes circulant à moto sur l’une des principales artères de la capitale, tandis que l’armée libanaise avait installé des points de contrôle temporaires dans plusieurs rues.
Des vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux montrent des membres du Hezbollah mettant le feu à des pneus de véhicules et manifestant dans les rues contre l’accord, qualifié d’« historique ».
Selon plusieurs publications concordantes d’internautes libanais se présentant comme témoins des événements, des membres du Hezbollah et de ses partisans auraient bloqué plusieurs routes à Beyrouth et lancé des pierres contre des soldats de l’armée libanaise afin de protester contre la signature de l’accord.
Menace de guerre civile
Parallèlement, le député du Hezbollah au Parlement libanais, Hassan Fadlallah, a averti que cet accord ne pourrait être « imposé » qu’au prix d’une « guerre civile ».
Hassan Fadlallah, dont le parti a déclaré à plusieurs reprises son opposition à toute négociation directe entre le Liban et l’État d’Israël, a affirmé que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, « négociait avec lui-même ». Il a ajouté que « cette autorité libanaise ne sera pas en mesure d’appliquer l’accord signé à Washington, sauf si elle se dirige, avec le soutien des États-Unis, vers une guerre civile ».
Il a également estimé que l’accord constituait « une tentative de compromettre le processus d’Islamabad », faisant référence à l’entente irano-américaine prévoyant la cessation des hostilités au Moyen-Orient sur l’ensemble des fronts, y compris au Liban.
Les principales dispositions de l’accord
L’Autorité israélienne de radiodiffusion a révélé que l’accord-cadre signé définit les principes fondamentaux devant permettre le lancement d’un retrait progressif de l’armée israélienne de certaines parties du sud du Liban, dans le cadre de nouveaux dispositifs de sécurité destinés à favoriser le redéploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées. Toutefois, tout retrait complet demeure conditionné au démantèlement de l’arsenal militaire du Hezbollah.
Selon cette même source, l’accord comprend, en plus de son volet politique, une annexe sécuritaire approuvée par les différentes parties. Celle-ci prévoit le maintien de l’armée israélienne dans certaines zones du sud du Liban jusqu’à ce qu’il soit vérifié que le Hezbollah et les autres organisations armées considérées par Israël comme une menace pour sa sécurité ont été désarmés.
Toujours selon des responsables israéliens, la première phase comprendra la mise en œuvre d’un projet pilote dans deux zones convenues d’un commun accord : l’une située au nord du fleuve Litani et l’autre au sud. Les forces israéliennes se retireront de ces deux secteurs, tandis que des unités de l’armée libanaise y seront déployées afin d’en assurer le contrôle.
L’accord prévoit également des mécanismes relatifs au traitement des tunnels militaires, à la prévention du réarmement du Hezbollah et ouvre la voie à des négociations concernant la délimitation de la frontière terrestre entre les deux pays.
L’Autorité israélienne de radiodiffusion a également cité une source israélienne bien informée, selon laquelle l’armée israélienne se repositionnera à l’intérieur de la « ceinture de sécurité », sans toutefois quitter le territoire libanais à ce stade.
La même source a précisé que le projet pilote demeurera de portée limitée et que les zones placées sous contrôle de l’armée israélienne seront progressivement réduites à mesure du redéploiement de ses forces, permettant ainsi à l’armée libanaise de prendre position dans les secteurs concernés.
Enfin, selon cette source, les habitants des villages libanais situés dans les deux zones concernées par le projet pilote devraient pouvoir regagner leurs habitations, une mesure qui n’avait pas été envisageable ces derniers mois en raison de la présence militaire israélienne dans ces secteurs.
