Israël menace de frapper Beyrouth en réponse aux drones du Hezbollah
Les ministres d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich appellent à couper l’électricité au Liban et à détruire des dizaines d’immeubles à Beyrouth en réponse aux drones du Hezbollah.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a appelé à reprendre les frappes sur la capitale libanaise, affirmant qu’il s’agirait d’une réponse aux attaques du Hezbollah utilisant des drones explosifs. Cette déclaration intervient à l’occasion de l’anniversaire de la libération du sud du Liban le 25 mai 2000, ainsi que dans un contexte de propos de négociateurs iraniens selon lesquels le front libanais devrait être inclus dans tout accord de cessez-le-feu.
Le Hezbollah répond à ces attaques par des opérations visant les violations quotidiennes et meurtrières d’Israël du cessez-le-feu, annoncé le 17 avril et prolongé jusqu’au début juillet. Les drones du Hezbollah, soutenu par l’Iran et utilisant la fibre optique, sont devenus un défi constant pour l’armée israélienne.
Lundi, la radiodiffusion publique israélienne a rapporté que Eyal Zamir aurait déclaré lors d’une réunion sécuritaire restreinte dimanche : « Il faut frapper Beyrouth en réponse à la menace des drones explosifs du Hezbollah », une déclaration perçue comme une escalade visant à compromettre le processus de négociation sous médiation américaine.
Par ailleurs, les ministres israéliens de la Sécurité nationale et des Finances ont appelé à couper l’électricité au Liban et à détruire des dizaines de bâtiments à Beyrouth.
Itamar Ben Gvir a déclaré dans un communiqué : « Il est temps que le Premier ministre frappe fermement à la porte du président américain Donald Trump et lui dise que nous retournerons à la guerre au Liban. »
Le chef du parti « Force juive » a ajouté : « Nous devons couper l’électricité au Liban, occuper le fleuve Zahrani et revenir à une guerre intense. »
Le fleuve Zahrani, long d’environ 25 kilomètres, traverse plusieurs localités du sud du Liban avant de se jeter dans la Méditerranée près de Saïda.
De son côté, Bezalel Smotrich a déclaré qu’il fallait mettre fin à la menace des drones explosifs du Hezbollah, affirmant qu’elle n’était pas inévitable.
Il a indiqué avoir approuvé cette semaine un budget spécial d’environ deux milliards de shekels pour renforcer les capacités de défense et permettre aux autorités civiles de développer des solutions innovantes.
Cependant, il a insisté sur le fait que la défense ne constitue pas une solution à long terme et qu’il est nécessaire de neutraliser les drones eux-mêmes.
Il a également appelé à une escalade en déclarant : « Pour chaque drone explosif, dix immeubles doivent s’effondrer à Beyrouth, et toute menace grave doit recevoir une réponse décisive. »
Israël avait suspendu en avril ses frappes sur Beyrouth à la demande des États-Unis, dans le cadre de négociations visant à mettre fin au conflit entre Washington et Téhéran. Washington a annoncé vendredi la prolongation de l’accord de cessation des hostilités de 45 jours supplémentaires.
Le 6 mai, l’armée israélienne a assassiné le commandant de la force d’élite Radwan du Hezbollah, Ahmed Baloch, lors d’une frappe aérienne sur Beyrouth. L’armée israélienne annonce presque quotidiennement des pertes et blessés dans le sud du Liban en raison des drones explosifs du Hezbollah.
Ces derniers sont devenus une source croissante d’inquiétude en Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu les a qualifiés de « menace majeure », en raison de leur difficulté à être détectés, appelant l’armée à trouver des moyens de les neutraliser sans succès.
Ces drones utilisent un fil de fibre optique très fin déroulé progressivement pendant le vol, permettant la transmission directe des commandes et des images, sans recourir aux ondes radio susceptibles d’être brouillées.
Ils ne nécessitent pas non plus de GPS ni de signaux sans fil, ce qui réduit leur empreinte électronique et complique leur détection par l’armée israélienne.
La radiodiffusion publique a indiqué lundi que 11 militaires ont été tués dans le sud du Liban depuis le cessez-le-feu du 17 avril, dont six par des drones explosifs.
Lundi matin, l’armée israélienne a tué trois Libanais et a ordonné l’évacuation de dix villages dans le sud et l’est du pays. Ces événements s’inscrivent dans la poursuite des violations du cessez-le-feu fragile prolongé jusqu’au début juillet, malgré les négociations en cours entre Beyrouth et Tel-Aviv sous médiation américaine.
Depuis le 2 mars, Israël mène une offensive élargie contre le Liban ayant fait 3 151 morts et 9 571 blessés jusqu’à dimanche soir, ainsi que le déplacement de plus d’un million de personnes, selon des données officielles.
Israël occupe par ailleurs des zones du sud du Liban, certaines depuis plusieurs décennies et d’autres depuis la guerre de 2023–2024, et a avancé jusqu’à environ 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais lors de l’offensive actuelle.
