Politique

Frappes américaines intensives contre les bases des Gardiens de la révolution en Iran


Les attaques visent à réduire les menaces que l’Iran et ses alliés font peser sur les forces américaines, la navigation commerciale et les pays du Golfe voisins.

Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir mené, à l’aube de jeudi, des frappes intensives contre des sites appartenant au Corps des Gardiens de la révolution islamique iranienne, notamment des centres de commandement militaire, des installations de missiles et de drones, des positions de surveillance et de défense côtière ainsi que des infrastructures navales, en réponse à des tentatives d’attaques de missiles visant les forces américaines déployées au Moyen-Orient.

Le CENTCOM a indiqué que ces opérations avaient pour objectif de réduire davantage les menaces que représentent l’Iran et ses alliés pour les troupes américaines, les voies de navigation commerciale et les États voisins du Golfe.

De leur côté, des médias iraniens ont fait état de fortes explosions entendues dans plusieurs régions du sud du pays, notamment sur l’île de Qeshm ainsi que dans les villes de Bouchehr, Abadan et Ahvaz.

Ces raids constituent les premières frappes américaines à l’intérieur du territoire iranien depuis la décision prise vendredi dernier par le président Donald Trump de suspendre la campagne de bombardements afin d’offrir une nouvelle opportunité aux négociations.

Les frappes ont été menées en représailles à une attaque de missiles iranienne visant une base militaire américaine en Jordanie la veille. Selon l’armée américaine, tous les missiles ont été interceptés avec succès.

Le président américain Donald Trump a promis d’« écraser totalement l’Iran » en réponse aux bombardements iraniens contre les forces américaines en Jordanie, quelques jours après avoir suspendu les frappes aériennes. S’adressant aux journalistes à la Maison-Blanche, il a déclaré : « C’est désormais notre tour. »

Il a ajouté que Washington examinerait ultérieurement la possibilité de conclure un accord avec Téhéran, tout en avertissant : « Nous les frapperons avec force… nous les écraserons complètement. »

Mardi, l’Iran a confirmé avoir lancé des attaques contre des bases américaines en Jordanie ainsi que contre des navires transitant par le détroit d’Ormuz.

L’Iran a également été au centre des discussions entre Donald Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui ont étudié toutes les options susceptibles de mettre fin au programme nucléaire iranien, notamment les efforts diplomatiques, les pressions économiques et le recours à la force.

Lors d’une conférence de presse organisée mercredi, à la suite de la rencontre entre les deux dirigeants à la Maison-Blanche, un haut responsable israélien a affirmé que Benyamin Netanyahou n’avait pas indiqué à Donald Trump qu’Israël privilégiait une intervention militaire contre l’Iran.

Évoquant Donald Trump, le responsable a déclaré : « En définitive, la décision lui appartient. »

Il a ajouté que trois scénarios avaient été examinés en détail : « un accord négocié, la poursuite du blocus et des pressions économiques, ou une vaste opération militaire ».

Selon ce responsable, Netanyahou aurait également présenté d’autres propositions inédites, sans en révéler la nature.

Avant leur rencontre, Donald Trump aurait exprimé son mécontentement à l’égard de Netanyahou, reprochant la divulgation publique d’informations concernant le projet du Premier ministre israélien de présenter de nouveaux renseignements sur le site de Picax Mountain, une installation souterraine liée au programme nucléaire iranien que Trump avait menacé de bombarder.

Le responsable israélien a rejeté toute idée de tensions entre les deux alliés, affirmant qu’ils échangeaient librement leurs renseignements et niant que Netanyahou ait exercé des pressions en faveur d’une escalade militaire contre l’Iran. Il a également laissé ouverte la possibilité d’une solution diplomatique.

Dans le même temps, il a reconnu que Donald Trump était « le partenaire principal » tandis que Netanyahou occupait la position de « partenaire junior » dans la guerre menée conjointement contre l’Iran.

Selon ce responsable, plusieurs indices montrent que les dirigeants religieux iraniens sont déstabilisés par la hausse de l’inflation et l’aggravation du mécontentement populaire, même si les conséquences sur l’économie mondiale et les marchés pétroliers demeurent également une préoccupation majeure.

Mercredi, les prix du pétrole ont fortement augmenté, enregistrant l’une des plus fortes hausses depuis le déclenchement de la guerre, le 28 février, marqué par une campagne conjointe de bombardements israélo-américains contre l’Iran. Téhéran avait alors riposté en lançant des attaques contre Israël et plusieurs pays du Golfe.

Donald Trump avait brusquement interrompu cette campagne militaire intensive après treize jours, suivant les recommandations des responsables militaires selon lesquelles ses objectifs avaient été atteints.

Les combats ont repris plus tôt ce mois-ci après l’effondrement d’un accord temporaire entre Washington et Téhéran conclu en juin, à la suite d’un différend concernant l’avenir du détroit d’Ormuz, principal couloir mondial pour les exportations énergétiques. L’Iran affirme contrôler ce passage stratégique et cherche à imposer des droits de transit, une position rejetée par les États-Unis et la communauté internationale.

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