Les groupes armés en Irak : les principales factions pro-iraniennes
Les États-Unis et l’Arabie saoudite ont mené des frappes contre des groupes armés chiites soutenus par l’Iran en Irak. Les deux pays alliés ont affirmé que ces groupes étaient responsables d’attaques de drones visant des installations pétrolières en Arabie saoudite.
Ces frappes ont mis en lumière les groupes armés qui disposent d’un poids politique et militaire considérable en Irak.
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Comment les groupes armés ont-ils acquis leur influence en Irak ?
Les groupes chiites ont progressivement gagné en importance à mesure que l’influence iranienne s’est renforcée sur les plans politique et sécuritaire en Irak, à la suite de l’invasion américaine qui a renversé Saddam Hussein en 2003.
Grâce au soutien financier et militaire de l’Iran, ces groupes se sont transformés en une force profondément enracinée dans le tissu politique, économique et social irakien, en développant des réseaux commerciaux, en occupant des sièges au Parlement et en obtenant des postes au sein du gouvernement.
Ces groupes sont regroupés sous la bannière de ce qui est appelé la « Résistance islamique » en Irak, une coalition d’environ dix factions chiites armées et radicales qui commanderait collectivement quelque 50 000 combattants et disposent d’arsenaux comprenant notamment des missiles à longue portée et des armes antiaériennes, selon deux responsables de la sécurité qui suivent les activités de ces factions et se sont confiés à Reuters.
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La « Résistance islamique » en Irak, considérée comme un pilier essentiel du réseau de forces régionales alliées à l’Iran, affirme avoir mené des dizaines d’attaques à l’aide de missiles et de drones contre Israël ainsi que contre les forces américaines en Irak et en Syrie depuis le déclenchement de la guerre à Gaza en 2023.
L’administration du président américain Donald Trump exerce des pressions sur les dirigeants irakiens afin qu’ils mettent un terme aux activités de ces groupes armés.
À la fin du mois de juin dernier, le gouvernement irakien a annoncé qu’il accorderait aux groupes proches de Téhéran jusqu’au 30 septembre prochain pour remettre leurs armes à l’État. Cette date coïncide avec la fin prévue de la mission de la coalition internationale chargée de combattre l’organisation terroriste Daech, certaines factions continuant de justifier le maintien de leur arsenal par la nécessité de faire face à cette menace.
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Les Brigades du Hezbollah
Les Brigades du Hezbollah constituent la faction la plus puissante de la « Résistance islamique » en Irak et figurent parmi les groupes armés les plus proches de l’Iran. Elles ont été fondées par Abou Mahdi al-Mouhandis au milieu des années 2000. Une frappe aérienne américaine menée à Bagdad en 2020 a tué al-Mouhandis ainsi que le commandant militaire iranien Qassem Soleimani.
Après leur création, les Brigades du Hezbollah se sont fait connaître par leurs attaques contre des cibles militaires et diplomatiques. Elles ont notamment été accusées d’avoir recours à un éventail de méthodes comprenant des attaques de tireurs embusqués, des tirs de roquettes et de mortiers ainsi que des engins explosifs improvisés placés en bordure des routes.
Des estimations des services américains de renseignement national évaluent à environ 10 000 le nombre de combattants des Brigades du Hezbollah. Des responsables irakiens ainsi que des membres du groupe affirment que celui-ci dispose d’un arsenal comprenant des drones, des roquettes et des missiles balistiques à courte portée.
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Au fil des années, les États-Unis ont mené plusieurs frappes contre des positions appartenant aux Brigades du Hezbollah, notamment des bases, des centres d’entraînement et des installations logistiques. Le groupe a défié les appels du gouvernement irakien demandant la cessation des attaques contre les forces américaines.
Le groupe a également revendiqué plusieurs enlèvements très médiatisés. Selon des responsables irakiens, il aurait enlevé Elizabeth Tsurkov, une doctorante russo-israélienne, alors qu’elle effectuait un voyage de recherche en Irak en 2023.
Asaïb Ahl al-Haq
Le groupe est dirigé par Qais al-Khazali, né en 1974 dans le quartier défavorisé de Sadr City, à Bagdad.
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Il s’est fait connaître pendant la période de troubles qui a suivi l’invasion américaine. En 2007, les forces américaines l’ont arrêté pour son implication présumée dans une attaque contre un complexe gouvernemental à Kerbala, dans le bastion chiite du sud de l’Irak, qui avait fait cinq morts parmi les soldats américains.
Il a été libéré après avoir passé environ trois ans dans une prison américaine en Irak.
Al-Khazali avait combattu dans les rangs de l’« Armée du Mahdi », dirigée par le puissant dignitaire religieux Moqtada al-Sadr, contre les forces américaines, avant de fonder sa propre milice en 2006.
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Il faisait partie des nombreux combattants de groupes armés qui se sont rendus dans le nord de l’Irak pour combattre Daech après que l’organisation eut pris le contrôle de vastes territoires du pays en 2014.
En 2020, al-Khazali a déclaré qu’il n’existait plus aucune justification au maintien de milliers de soldats américains en Irak après la défaite de Daech et qu’ils deviendraient une force d’occupation s’ils refusaient de quitter le pays.
Parmi les autres factions figurent également l’Organisation Badr, considérée comme le plus ancien allié armé de Téhéran en Irak, ainsi que le mouvement Harakat al-Nujaba, qui mène des activités militaires en Irak et en Syrie.
