Asaïb Ahl al-Haq rejoint l’appel à réserver les armes à l’État irakien
Le mouvement irakien « Asaïb Ahl al-Haq » a annoncé mardi la création d’un comité central chargé de mettre fin à son lien organisationnel avec les Forces de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi) et de limiter le port des armes à l’État.
Dans un communiqué publié mardi, le mouvement a déclaré : « En cohérence avec l’appel de la haute autorité religieuse, en réponse à la position nationale exprimée par nos frères au sein du Cadre de coordination, et conformément aux déclarations du secrétaire général du mouvement Asaïb Ahl al-Haq, le cheikh Qais al-Khazali, en date du 13 décembre 2017 concernant la rupture des liens avec les formations du Hachd al-Chaabi et la limitation des armes à l’État, la direction du mouvement Asaïb Ahl al-Haq a décidé d’entamer la mise en œuvre de cette orientation à travers la création d’un comité central présidé par Jawad al-Talibawi. »
Le communiqué précise que ce comité sera chargé de finaliser l’ensemble des exigences et procédures nécessaires à l’application de cette décision, notamment le recensement des effectifs, des armes, des véhicules, des équipements et de tous les moyens logistiques, ainsi que leur rattachement au commandant en chef des forces armées, conformément aux exigences de l’État et de ses institutions sécuritaires.
Le chef du courant sadriste en Irak, Moqtada al-Sadr, avait annoncé la semaine dernière la séparation entre son mouvement politique et sa branche armée, « Saraya al-Salam », en plaçant cette formation sous l’autorité de l’État irakien au sein des institutions sécuritaires officielles. Cette décision est considérée comme un signal politique important de soutien aux efforts du Premier ministre irakien Ali al-Zaidi visant à contrôler les groupes armés et à réserver le monopole des armes à l’État, dans un contexte de pressions croissantes, tant internes qu’externes, notamment de la part des États-Unis, pour traiter la question des armes détenues en dehors des institutions officielles.
Des observateurs estiment que l’initiative de Moqtada al-Sadr pourrait également revêtir une dimension politique destinée à mettre dans l’embarras les factions rivales proches de l’Iran. Il a en effet régulièrement adressé de vives critiques à ces groupes, les accusant d’agir en dehors du cadre étatique et de porter atteinte à la souveraineté irakienne.
Le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi a annoncé que le gouvernement avait élaboré un mécanisme exécutif visant à réserver les armes à l’État, affirmant que le processus de remise des armes des différentes factions débutera dans les prochains jours dans le cadre d’un programme gouvernemental destiné à renforcer l’autorité de l’État et à consolider la stabilité sécuritaire.
