Pour limiter les armes aux mains de l’État, Muqtada al-Sadr dissocie les Saraya al-Salam du courant chiite
Le chef du courant sadriste en Irak, Muqtada al-Sadr, a annoncé la séparation complète des « Saraya al-Salam » du « Courant chiite national » ainsi que leur intégration totale à l’État.
Dans un communiqué publié mercredi, al-Sadr a déclaré : « Partant de l’intérêt général de la nation et afin d’éviter les dangers qui menacent le pays, il est devenu nécessaire d’annoncer la séparation totale des Saraya al-Salam du Courant chiite national… ainsi que leur intégration complète à l’État et au responsable général des formations militaires, à condition que les structures civiles rattachées aux Saraya soient transformées en une organisation unifiée, sans aucun siège, arme, uniforme, appellation ou autre signe distinctif. »
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Al-Sadr a adressé ses remerciements aux formations militaires des Saraya al-Salam et a ajouté : « J’espère que toutes les formations du Hachd populaire se détacheront des directives partisanes et confessionnelles, notamment après que les factions auront remis leurs armes à l’État, comme nous le leur avions conseillé il y a plusieurs années. »
De son côté, le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi a salué l’initiative de Muqtada al-Sadr, la considérant comme une étape importante pour renforcer la stabilité intérieure, limiter le port d’armes à l’État et soutenir les appareils sécuritaires.
Les Saraya al-Salam constituent la branche armée du courant sadriste dirigé par Muqtada al-Sadr en Irak. Elles ont été fondées en 2014 après la fatwa du dignitaire chiite Ali al-Sistani visant à faire face à l’expansion de ISIS sur de vastes territoires irakiens.
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La décision de Muqtada al-Sadr est considérée comme une nouvelle étape dans la réorganisation des relations entre les factions armées et l’État irakien, alors que les appels se multiplient pour réserver le monopole des armes aux institutions officielles et réduire l’influence des groupes armés liés aux partis politiques.
Plus tôt au cours du mois de mai, al-Sadr avait déjà appelé le nouveau gouvernement irakien à dissoudre les factions armées et à les écarter du nouveau gouvernement, dans un contexte marqué par des pressions américaines continues sur Bagdad afin de dissoudre ces formations armées proches de l’Iran.
La scène politique irakienne traverse une période de grande complexité, illustrée par la formation du nouveau gouvernement dirigé par Ali al-Zaidi, où les calculs partisans se mêlent aux équilibres confessionnels et ethniques, rendant la constitution du gouvernement dépendante de compromis délicats entre les différentes forces politiques.
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