Moyen-Orient

L’armée yéménite mène une frappe contre l’aéroport de Sanaa pour empêcher l’atterrissage d’un avion iranien


L’aviation yéménite a mené, lundi, une frappe contre la piste de l’aéroport international de Sanaa afin d’empêcher un avion iranien d’atterrir sur le territoire yéménite, selon un communiqué du ministère yéménite de la Défense.

Les milices houthistes, soutenues par l’Iran, ont reconnu qu’une série de frappes avait visé l’aéroport de Sanaa. Parallèlement, le ministère yéménite de la Défense a appelé à l’évacuation immédiate de l’aéroport et exhorté les civils à s’en éloigner avant qu’il ne soit pris pour cible.

Le ministère a déclaré que « les forces armées yéménites ont frappé la piste de l’aéroport international de Sanaa afin d’empêcher l’avion iranien d’atterrir sur le territoire yéménite ».

Dans un bref communiqué, le ministère a ajouté : « Les milices terroristes houthistes, soutenues par le régime iranien, ont empêché l’aviation nationale yéménite d’atterrir à l’aéroport de la capitale, Sanaa, tout en insistant pour permettre à un appareil iranien de violer le territoire yéménite. C’est pour cette raison que la piste de l’aéroport a été prise pour cible. »

Le ministre yéménite de la Défense, le lieutenant-général Taher Al-Aqili, avait auparavant affirmé que le ministère « ferait face à tout aéronef ennemi violant l’espace aérien et la souveraineté du Yémen, en utilisant tous les moyens disponibles, afin d’infliger à l’ennemi une leçon qui marquera durablement les esprits et sera retenue par les générations futures ».

Dans un communiqué, M. Al-Aqili a expliqué que le gouvernement yéménite, en coopération avec la communauté régionale et internationale, avait tenté, par tous les moyens juridiques et diplomatiques, de convaincre le régime iranien ainsi que les milices houthistes à Sanaa de renoncer à la violation de l’espace aérien yéménite par des avions iraniens.

Il a précisé que « cette violation n’est pas la première, mais elle se distingue des précédentes par le défi qu’elle lance à la légitimité internationale ».

Un avion iranien avait déjà atterri à l’aéroport de Sanaa le 3 juillet dernier, transportant une délégation houthiste, des dirigeants du mouvement ainsi que des équipements technologiques vers Téhéran, avant de revenir ce lundi en pénétrant de nouveau dans l’espace aérien yéménite.

L’aéroport international de Sanaa est progressivement passé d’une infrastructure civile essentielle destinée à servir la population yéménite à un centre logistique militaire au profit des Houthis, à la suite de l’ouverture d’une liaison aérienne avec Téhéran.

Pendant plusieurs années, les milices houthistes ont utilisé l’aéroport de Sanaa et ses installations à des fins militaires, notamment pour le transfert d’experts et de matériels, tandis que les malades et les voyageurs yéménites continuaient de subir les difficultés de longs déplacements terrestres sur des routes particulièrement difficiles, conséquence du siège imposé par le groupe sur plusieurs villes yéménites et de la fermeture des principaux axes routiers.

Les milices ne se sont pas limitées à militariser l’aéroport, qui a subi des dizaines de frappes destructrices depuis 2015. Elles ont également, selon cette version des faits, exploité les souffrances des civils comme moyen de pression politique auprès de la communauté internationale, tout en conservant l’aéroport comme point de passage réservé aux déplacements de leurs membres et de leurs dirigeants, notamment pour des traitements médicaux à l’étranger ou dans le cadre du soutien à ce qu’elles qualifient d’« Axe de la Résistance ».

La liaison aérienne entre Sanaa et Téhéran a suscité de nombreuses réactions au Yémen. Des militants et des observateurs l’ont interprétée comme une tentative des milices houthistes et de l’Iran d’imposer de nouvelles règles d’engagement face au gouvernement yéménite reconnu au niveau international ainsi qu’à ses alliés régionaux et internationaux.

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