Politique

Trump fait la promotion électorale d’une victoire sur l’Iran et d’un accord imminent


Le président américain affirme qu’il annoncera une victoire totale dans la guerre contre l’Iran au cours des deux prochaines semaines, dans une tentative de contenir les critiques internes liées aux répercussions du conflit à quelques mois des élections de mi-mandat.

Le président américain Donald Trump a révélé que son pays mène actuellement des négociations avec l’Iran susceptibles d’aboutir à un accord dans les prochains jours, affirmant que les Iraniens souhaitent conclure « un très bon accord ». Ces déclarations interviennent dans un contexte d’escalade régionale entre Téhéran et Tel-Aviv, d’efforts américains visant à contenir cette tension, ainsi que dans un climat marqué par des sondages indiquant une baisse sans précédent de la popularité du président et du Parti républicain à quelques mois seulement des élections de mi-mandat prévues en novembre prochain. Cela laisse entendre que les déclarations de Trump ne peuvent être dissociées de la dynamique électorale opposant démocrates et républicains.

Lors d’une intervention téléphonique, lundi, au cours d’un rassemblement électoral organisé en soutien au sénateur républicain Lindsey Graham en Caroline du Sud, Trump a déclaré que « les efforts visant à parvenir à un accord avec l’Iran progressent favorablement » et que celui-ci est désormais imminent, ajoutant que « cela pourrait se concrétiser dans deux ou trois jours ».

Ce n’est pas la première fois que le président américain évoque un accord imminent avec Téhéran, lequel est ensuite suivi d’une nouvelle escalade militaire plaçant la région au bord d’un conflit plus large. Toutefois, cette fois-ci, ses déclarations semblent davantage liées aux enjeux électoraux.

Il a ajouté : « Nous formons une équipe très forte et je pense que nous sommes en train de gagner cette guerre. Lorsque nous annoncerons la victoire totale au cours des deux prochaines semaines, nous aurons remporté une véritable victoire », affirmant que les Iraniens « sont prêts à tout nous accorder », notamment la garantie qu’ils ne posséderont pas d’arme nucléaire.

Il a également estimé que les prix du pétrole baisseraient dès l’annonce de la « victoire totale » sur l’Iran.

De nombreux observateurs considèrent que la poursuite de la guerre contre l’Iran et ses conséquences économiques menacent les chances des républicains lors des élections de mi-mandat du Congrès, les coûts du conflit et la hausse des prix de l’énergie étant devenus une source croissante de mécontentement parmi les électeurs américains. La baisse de popularité de Trump dans les sondages ainsi que la montée des critiques au sein même du Parti républicain alimentent également les craintes d’une perte de la majorité parlementaire, notamment si la confrontation militaire se prolonge ou si les efforts visant à parvenir à un règlement durable avec Téhéran échouent. Selon plusieurs analystes, les prochaines élections pourraient se transformer en référendum indirect sur la gestion de la guerre et de ses conséquences économiques et sécuritaires par la Maison-Blanche.

De son côté, le vice-président américain J.D. Vance a reconnu l’existence de divergences sur certains dossiers entre Washington et Tel-Aviv, tout en soulignant que les développements récents dans la région ont ouvert une nouvelle fenêtre d’opportunité pour parvenir à un accord durable concernant le programme nucléaire iranien.

Dans un entretien accordé à la chaîne Fox News, il a expliqué que l’administration Trump estime que les chances de conclure un accord à long terme avec Téhéran demeurent réelles. Il a précisé que le succès d’un futur accord ne dépendra pas uniquement de ses dispositions écrites, mais surtout de la capacité des parties à vérifier concrètement le respect des engagements pris.

Il a indiqué que l’expérience passée avait mis en évidence d’importantes lacunes dans l’accord nucléaire précédent, notamment l’absence de mécanismes de contrôle suffisants pour empêcher l’Iran de se rapprocher de capacités nucléaires militaires. Il a assuré que les États-Unis accordent une importance particulière aux mécanismes de surveillance et de vérification dans le cadre de tout nouvel accord.

Concernant les négociations en cours, le vice-président américain a déclaré que les signaux actuels montrent que Téhéran ne considère pas la poursuite de la confrontation militaire comme une option servant ses intérêts. Selon lui, l’Iran traite sérieusement la voie diplomatique et présente des propositions dignes d’être examinées. Il a ajouté que la conclusion d’un accord applicable et vérifiable constituerait un gain important pour les États-Unis et leurs citoyens.

La région a connu dimanche et lundi un nouveau cycle d’escalade entre l’Iran et Israël à la suite du bombardement par ce dernier de la banlieue sud de la capitale libanaise Beyrouth.

Malgré les avertissements iraniens, Tel-Aviv a ravivé les tensions en lançant une frappe sur la banlieue sud, ce à quoi Téhéran a répondu par des vagues de missiles dirigées contre Israël, tandis que Tel-Aviv a annoncé que ses avions de combat avaient frappé des objectifs militaires dans l’ouest et le centre de l’Iran.

Dimanche, Trump a appelé Israël et l’Iran à cesser immédiatement les hostilités, mettant en garde le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou contre toute extension de l’offensive contre l’Iran.

Lundi, Téhéran a annoncé l’arrêt de ses opérations militaires « après avoir infligé une réponse douloureuse à l’ennemi », une annonce suivie d’une déclaration similaire de Netanyahou après un entretien téléphonique avec le président américain.

Les États-Unis et Israël avaient lancé, le 28 février, une guerre contre l’Iran, qui avait répliqué par des attaques contre Israël ainsi que contre ce qu’elle qualifiait « d’intérêts américains » dans plusieurs pays arabes, avant qu’un cessez-le-feu temporaire ne soit conclu le 8 avril.

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