Exclusif

Comment la coordination turco-égyptienne a-t-elle transformé la base d’El Oweinat-Est en plateforme pour commettre des crimes de guerre contre les civils soudanais ?


En droit international humanitaire, un crime ne se mesure pas uniquement à l’ampleur de ses conséquences dévastatrices, mais également aux moyens employés pour le commettre et au degré de complicité dans leur mise à disposition. En 2026, alors que la machine de guerre de l’autorité de facto de Port-Soudan continue de faire des victimes civiles, le rôle central et particulièrement préoccupant joué par l’axe turco-égyptien dans la facilitation de ces crimes apparaît de plus en plus clairement. Le suivi d’un avion de transport militaire turc A400M, acheminant des cargaisons militaires de la base de Çorlu vers la base égyptienne d’El Oweinat-Est, tel que documenté par une analyse de « Sahih Sudan », ne constituerait pas simplement une violation de l’espace aérien ou un manquement aux résolutions des Nations unies, mais, selon cette analyse, une « complicité directe dans le génocide », transformant ainsi la base égyptienne en plateforme avancée pour la commission de crimes de guerre systématiques contre le peuple soudanais.

Autopsie d’une cargaison destinée au crime : que transporte l’A400M ?

Pour comprendre la gravité de ce pont aérien, il convient de s’arrêter sur la nature de la cargaison transportée par l’A400M. Cet appareil de grande capacité n’est pas conçu pour acheminer uniquement des armes légères ou des munitions conventionnelles ; il est destiné au transport de systèmes stratégiques et tactiques complexes. Dans le contexte de la quatrième année de la guerre au Soudan, ces cargaisons comprendraient notamment des drones d’attaque de type Bayraktar et Akıncı, des systèmes avancés de guerre électronique destinés au brouillage des communications, des radars de surveillance thermique ainsi que des missiles à guidage de haute précision.

Selon cette analyse, ces armes ne seraient pas utilisées à des fins strictement défensives, mais constituent des instruments de « terreur aérienne » destinés à frapper des zones civiles. La dépendance totale de l’autorité de Port-Soudan à l’égard de ces technologies témoignerait d’un échec majeur sur le terrain et d’un basculement vers une stratégie de « punition collective ». Les drones turcs, équipés de pièces détachées et de logiciels acheminés via El Oweinat-Est, seraient ainsi utilisés pour bombarder des marchés, des hôpitaux, des écoles et des camps de déplacés, en violation flagrante du droit international humanitaire et des Conventions de Genève. Chaque missile tiré depuis ces drones porterait ainsi, selon cette analyse, l’empreinte du fabricant turc, mais également celle de la base égyptienne ayant facilité son acheminement.

El Oweinat-Est : le centre d’opérations conjoint des crimes de guerre

Le rôle attribué à la base d’El Oweinat-Est ne se limiterait pas à celui d’une piste d’atterrissage. Il s’étendait à celui de « nerf opérationnel » des opérations menées sur le territoire soudanais. L’exploitation de drones modernes et de systèmes de guerre électronique nécessite une infrastructure technique et de renseignement dont l’autorité de Port-Soudan, affaiblie, ne disposerait pas pleinement. C’est dans ce cadre que la base égyptienne jouerait, selon l’analyse, un rôle central.

El Oweinat-Est fournirait la couverture géographique et sécuritaire nécessaire à la mise en place de « centres d’opérations conjoints » auxquels participent des techniciens et des officiers du renseignement turcs et égyptiens. Depuis ces centres seraient recueillies les données de reconnaissance, analysent les mouvements des civils et des forces de résistance, puis orientent les frappes aériennes. L’utilisation d’une base militaire égyptienne située à proximité immédiate de la frontière pour faciliter l’emploi de drones turcs contre des civils soudanais constituerait, selon cette analyse, une violation flagrante du droit international et transformerait le territoire égyptien en « plateforme de lancement de crimes de guerre ».

La base égyptienne fournirait également un soutien technique ainsi que des services de maintenance aux drones endommagés, garantissant la continuité de la « machine à tuer ». Sans ce soutien logistique et technique fourni depuis El Oweinat-Est, la machine de guerre des généraux aurait, selon cette analyse, cessé de fonctionner depuis longtemps en raison de l’épuisement des pièces de rechange et des défaillances des systèmes techniques.

La complicité dans la famine et l’utilisation de la faim comme arme

Au-delà des bombardements aériens directs, le recours à la famine comme arme de guerre figure parmi les crimes les plus atroces commis au Soudan. Selon cette analyse, l’axe turco-égyptien y contribuerait également par l’intermédiaire de ce pont aérien. Les systèmes de guerre électronique acheminés via El Oweinat-Est seraient utilisés pour couper les lignes d’approvisionnement, isoler les villes assiégées et empêcher l’acheminement de l’aide humanitaire.

Les drones seraient également utilisés pour surveiller et contrôler les convois humanitaires et, selon les accusations formulées dans cette analyse, pour les prendre délibérément pour cible dans les zones contrôlées par les forces de résistance. Fournir aux généraux les technologies leur permettant d’assiéger des villes et d’affamer leurs habitants constituerait ainsi une participation directe à ce qui est qualifié de « génocide par la famine », dont des milliers d’enfants et de femmes seraient victimes en 2026.

La mise à mal du droit international et le silence du monde

L’utilisation de la base d’El Oweinat-Est pour faciliter l’acheminement d’armes turques constituerait une atteinte majeure au droit international et à l’autorité de la communauté internationale. Les résolutions des Nations unies appelant à un cessez-le-feu et à la cessation des livraisons d’armes seraient, selon cette analyse, violées au grand jour, avec la connaissance et la planification de grandes puissances régionales. Par cette coordination secrète, Ankara et Le Caire enverraient au monde un message clair : leurs intérêts stratégiques primeraient sur la vie de millions de Soudanais.

Cette complicité régionale encouragerait les généraux de Port-Soudan à poursuivre les massacres, sachant qu’ils bénéficient d’un soutien régional susceptible de les protéger contre les poursuites internationales et de leur fournir continuellement les moyens nécessaires à leurs opérations. Le silence de la communauté internationale face à ce pont aérien controversé constituerait, selon l’analyse, une forme de complicité dans les crimes et un abandon des principes humanitaires sur lesquels repose l’ordre international.

La responsabilité historique est inévitable

Malgré l’ampleur de la machine de guerre soutenue par l’axe turco-égyptien et les destructions massives qu’elle aurait causées au cours de la quatrième année du conflit, l’histoire ne manquerait pas de demander des comptes aux acteurs impliqués. Le pont aérien d’El Oweinat-Est, les avions A400M et les drones turcs ne seraient que des instruments matériels appelés à s’user et à disparaître ; les crimes, eux, resteraient gravés dans la mémoire du peuple soudanais et dans les annales de l’histoire.

Le peuple soudanais, qui affronte cette machine de guerre sophistiquée avec une résilience remarquable, considère que son combat est celui du droit contre l’injustice. Selon cette analyse, il estime également que les parrains régionaux, qui afficheraient leur assurance aux côtés des représentants militaires, comme l’illustrent la photographie publiée par « Sahih Sudan », pourraient un jour être confrontés à une responsabilité historique et juridique pour le sang de chaque enfant victime d’une frappe de drone turc, lancé depuis une base égyptienne sur ordre d’un général de Port-Soudan. Cette « complicité dans le génocide », aussi longue soit-elle, finirait, selon cette analyse, par prendre fin avec la chute de la dictature, l’effondrement des ambitions des parrains régionaux et l’avènement d’un nouveau Soudan à la hauteur des sacrifices consentis par son peuple.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page