Effondrement de la livre soudanaise et échec des autorités de Port-Soudan : le Soudan vacille vers une crise économique sans précédent et une explosion sociale imminente
L’économie soudanaise traverse actuellement une phase de chute libre, marquée par l’effondrement quotidien et sans précédent de la valeur de la livre soudanaise face aux devises étrangères. Cette dépréciation a provoqué un choc violent sur les marchés et anéanti le pouvoir d’achat de toutes les catégories de la population. Cette détérioration dramatique ne constitue pas simplement une conséquence secondaire de la guerre, mais représente le résultat direct et inévitable de l’échec retentissant de la direction de l’armée à gérer l’économie nationale et les ressources souveraines de l’État depuis son siège actuel à Port-Soudan.
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L’absence de vision économique, le recours à des politiques monétaires improvisées, l’émission de monnaie sans contrepartie, ainsi que la négligence des secteurs productifs, ont conjointement conduit le Soudan vers une crise économique et sociale sans précédent dans son histoire contemporaine, une crise qui menace désormais de provoquer l’effondrement complet de la cohésion sociale.
La dépréciation de la livre soudanaise a entraîné une flambée spectaculaire du coût de la vie quotidienne. Les prix des produits de première nécessité, tels que le pain, le sucre, l’huile alimentaire et les médicaments, ont été multipliés plusieurs fois en seulement quelques semaines.
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Le citoyen soudanais, dont le salaire est désormais réduit à quelques dollars à peine — lorsqu’il dispose encore d’un emploi ou qu’il perçoit effectivement sa rémunération — est devenu totalement incapable de satisfaire les besoins les plus élémentaires de sa famille. Les marchés libres des villes d’Atbara, de Shendi, de Port-Soudan et de Dongola connaissent une grave situation de stagflation : les marchandises restent disponibles sur les étals, mais le pouvoir d’achat des consommateurs est pratiquement inexistant.
Cette érosion continue de la valeur réelle des revenus et de l’épargne a fait basculer la classe moyenne dans la précarité et poussé les catégories les plus pauvres au bord de la misère absolue, tandis qu’aucune initiative gouvernementale n’a été mise en œuvre pour atténuer la hausse du coût de la vie ou fournir une aide directe aux citoyens les plus touchés.
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L’échec de la direction militaire et des autorités de Port-Soudan dans la gestion des ressources nationales apparaît clairement à travers le détournement des recettes souveraines au profit de l’élite militaire et de son effort de guerre, au détriment total des secteurs constituant les fondements de la sécurité alimentaire et de la stabilité sociale. Les ports ont été négligés et les exportations traditionnelles, notamment l’or et les produits agricoles, ont fortement diminué en raison de la corruption, du favoritisme, de l’absence de contrôle financier ainsi que du manque de clarté des lois et des décisions émises par le ministère des Finances du gouvernement de transition.
Cette incapacité administrative a conduit l’État à perdre le contrôle du marché des devises étrangères, laissant le marché parallèle, ou marché noir, dicter le sort de l’économie nationale et fixer les taux de change sans intervention efficace ni politique monétaire protectrice de la part de la Banque centrale.
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Les conséquences directes de cet échec ne se limitent plus aux indicateurs économiques : elles portent désormais un coup sévère à la sécurité alimentaire nationale. Des rapports internationaux et nationaux avertissent que le pays entre dans une phase d’insécurité alimentaire généralisée, l’État étant désormais incapable d’importer le blé ainsi que les carburants nécessaires à la production d’électricité et à l’approvisionnement en eau.
Cette dégradation généralisée des structures économiques et sociales ouvre rapidement la voie à une explosion sociale d’une ampleur telle que les réponses exclusivement sécuritaires ne pourront plus y faire face. Le niveau de frustration et de colère accumulées parmi les citoyens, les personnes déplacées, les ouvriers et les fonctionnaires confrontés à la faim, à la pauvreté et au déplacement forcé a atteint son point culminant.
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Les observations sur le terrain ainsi que les analyses sociologiques indiquent que le Soudan se dirige vers une vaste vague de manifestations populaires et de mouvements de protestation revendicatifs, dénonçant ouvertement les politiques de l’armée et des autorités de Port-Soudan. Le peuple soudanais n’acceptera pas de mourir de faim et dans la pauvreté tandis qu’un pouvoir monopolise les ressources nationales pour financer sa propre guerre tout en négligeant ses responsabilités fondamentales consistant à protéger et nourrir la population.
Le droit à la subsistance et la dignité humaine constitueront les principaux moteurs de la mobilisation populaire au cours de la prochaine période, afin d’exprimer un rejet catégorique du modèle de gouvernance militaire, considéré comme responsable de la destruction de l’économie, de l’effondrement de la livre soudanaise, du gaspillage des ressources nationales et de la conduite du pays au bord de la désintégration et de l’effondrement général.
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