Politique

La guerre s’intensifie dans le nord du Mali pour le contrôle d’une ville stratégique


De violents combats se poursuivent dans le nord du Mali entre l’armée malienne et les séparatistes touaregs autour de la ville stratégique d’Anéfis.

Un convoi militaire quittant Anéfis a été attaqué samedi matin par les séparatistes, selon des sources militaires et sécuritaires.

Au cours des dernières semaines, de violents affrontements ont eu lieu pour le contrôle de cette ville.

Début juillet, une offensive coordonnée de grande ampleur menée conjointement par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et les séparatistes du Front de libération de l’Azawad (Touaregs) avait permis à ces derniers de s’emparer temporairement de la ville, tout en assiégeant la garnison militaire de l’armée malienne, défendue par les Forces armées maliennes avec l’appui d’éléments du Corps d’Afrique, groupe paramilitaire russe.

Une source militaire basée à Gao a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) : « Notre convoi, qui quittait Anéfis en direction de Gao, a été attaqué ce matin à Tabankort. Les combats sont toujours en cours. Il s’agit d’une embuscade tendue contre l’armée. »

Une source du Front de libération de l’Azawad a confirmé l’attaque en déclarant : « Nous avons attaqué le convoi composé d’une cinquantaine de véhicules entre Tabankort et Tangara », ajoutant que l’armée avait abandonné plusieurs équipements, notamment des camions.

Une source sécuritaire a indiqué à l’AFP que « l’armée a subi de lourdes pertes, même si le reste du convoi est parvenu à poursuivre sa route ».

Une source officielle locale a également fait état d’un « grand nombre de victimes ».

Des images diffusées par le Front de libération de l’Azawad montrent ce que le groupe présente comme des dizaines de soldats maliens capturés.

Les violents affrontements récents à Anéfis ont causé la mort d’environ trente militaires maliens et fait près de soixante blessés, selon le bilan officiel publié par l’état-major le 12 juillet.

Le 10 juillet, l’armée malienne, soutenue par des éléments du Corps d’Afrique russe, avait repris le contrôle d’Anéfis après plusieurs jours de combats acharnés.

Depuis 2012, le Mali est confronté à une grave crise sécuritaire qui s’ajoute à une profonde crise économique. Cette situation est alimentée par les violences de groupes liés à des organisations extrémistes telles qu’Al-Qaïda ou l’organisation État islamique, ainsi que par des groupes criminels locaux et des mouvements séparatistes touaregs.

Les organisations terroristes ont adopté de nouvelles stratégies inspirées de la doctrine de l’organisation État islamique, délaissant progressivement les attaques éclair au profit de tentatives de prise de contrôle ou de siège de villes stratégiques, y compris la capitale, Bamako.

À la suite de deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, le Mali est dirigé par une junte militaire qui s’est engagée à rétablir la sécurité et à préserver l’intégrité territoriale du pays.

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