Politique

Des attaques coordonnées secouent le Mali : des combats se poursuivent et une prison près de Bamako est prise pour cible


Le Mali a été frappé, à l’aube de samedi, par une série d’attaques coordonnées visant plusieurs régions du pays, dont la prison de Kéniéroba, située à environ 70 kilomètres de la capitale, Bamako.

Cette information a été confirmée par l’armée malienne ainsi que par des sources sécuritaires et des habitants auprès de l’Agence France-Presse (AFP).

Selon ces sources, les combats ont commencé vers 4 heures du matin, heure locale (également GMT), et se poursuivent toujours.

Les attaques ont visé les villes de Gao, Aguelhok et Anéfis, dans le nord du pays, ainsi que Sévaré, dans le centre.

Le porte-parole du Front de libération de l’Azawad, Mohamed El Mouloud Ramadan, a déclaré à l’AFP que les forces du mouvement étaient entrées dans la ville d’Anéfis, ajoutant : « Plusieurs positions sont tombées, mais les combats se poursuivent toujours à l’intérieur de la ville. »

De son côté, un habitant de la ville a indiqué lors d’un entretien téléphonique avec l’AFP : « Les groupes armés sont présents dans la ville, mais l’armée continue de résister et le camp militaire n’est pas encore tombé. »

Anéfis et Aguelhok constituent les deux derniers sites où l’armée malienne maintient encore une présence dans la région de Kidal, à la suite des attaques des 25 et 26 avril.

La ville stratégique de Kidal, dans le nord du Mali, était tombée sous le contrôle des forces du Front de libération de l’Azawad lors de ces offensives, dans ce qui avait été décrit comme un revers majeur pour la junte militaire au pouvoir.

À Gao, des habitants ont rapporté à l’AFP avoir entendu des tirs nourris ainsi que de « puissantes explosions » à proximité d’un camp militaire.

Une source sécuritaire a également indiqué à l’AFP que « des explosions ont retenti vers cinq heures du matin » dans la ville de Sévaré, au centre du pays, « sans que leur origine ne soit encore connue », précisant que plusieurs avions ont ensuite été aperçus en train de survoler la région.

Les attaques se sont également étendues au complexe pénitentiaire principal de Kéniéroba, qui détient notamment des personnes condamnées pour des faits liés au terrorisme et se situe à quelques dizaines de kilomètres de Bamako.

L’un des détenus a déclaré lors d’un appel téléphonique à l’AFP : « Nous sommes cachés sous nos lits et les tirs se poursuivent. »

Ces attaques interviennent plus de deux mois après les offensives de grande ampleur menées fin avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que par les séparatistes du Front de libération de l’Azawad.

Le 16 mai, le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné « dans les termes les plus fermes » les attaques ayant visé plusieurs positions au Mali les 25 et 26 avril ainsi que les jours suivants, appelant à ce que leurs auteurs, organisateurs, financeurs et soutiens soient identifiés, traduits en justice et tenus responsables de leurs actes.

Selon un communiqué du Conseil de sécurité, le Mali connaît une instabilité persistante depuis que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans s’est allié, en avril, aux rebelles du Front de libération de l’Azawad pour cibler les positions de la junte militaire au pouvoir. Depuis 2021, le pays fait face à une aggravation de la crise sécuritaire, alimentée par les violences liées à Al-Qaïda, à l’organisation État islamique (Daech), aux mouvements séparatistes ainsi qu’aux réseaux locaux de criminalité organisée.

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