Israël fixe l’échéance qui pourrait ouvrir la voie à une reprise de la guerre : une annonce imminente concernant le Hamas
Israël s’attend à une nouvelle évolution du dossier de Gaza au cours des prochains mois, des estimations faisant état d’une décision imminente qui pourrait ouvrir la voie à une reprise des combats dans la bande de Gaza.
Selon un reportage diffusé par l’émission « Studio Vendredi » sur la chaîne israélienne Channel 12, Israël estime que, dans un délai de deux à trois mois, le Conseil de la paix pourrait déclarer que le Hamas viole les termes de l’accord.
D’après ce rapport, une telle déclaration permettrait également à Israël d’intervenir dans les zones actuellement sous le contrôle du Hamas, ce qui pourrait conduire à une reprise des hostilités dans la bande de Gaza.
Le reportage souligne que ces développements interviennent mille jours après les événements du 7 octobre, alors que le pays se prépare aux élections prévues en octobre. Il indique que la question de Gaza, la prochaine phase de l’accord et l’avenir des opérations militaires pourraient revenir au premier plan du débat public avant même le scrutin.
Évaluations israéliennes
Le rapport explique que ces estimations reposent sur la conviction des autorités israéliennes que le Hamas, malgré les pertes subies pendant la guerre et la réduction des territoires qu’il contrôle, conserve son autorité sur certaines zones de la bande de Gaza tout en poursuivant le renforcement de ses capacités militaires et de son arsenal.
Le rapport ajoute qu’Israël considère qu’un désarmement volontaire n’est pas envisageable et que, si le Hamas ne démantèle pas son arsenal, Israël devra agir lui-même.
Mladenov et les médiateurs
Le rapport cite un responsable politique selon lequel Nikolay Mladenov, directeur général du Conseil de la paix, chargé de superviser la mise en œuvre de l’accord, avait déjà envisagé de déclarer le Hamas en violation de celui-ci il y a deux mois.
Le responsable a déclaré : « Mladenov prévoyait de déclarer le Hamas en infraction à l’accord il y a deux mois, mais il a suspendu cette initiative à la demande des médiateurs afin de leur laisser davantage de temps pour convaincre le Hamas de respecter ses engagements. »
Il a ajouté que si aucun changement n’intervient dans le comportement du Hamas au cours des prochaines semaines, cette décision pourrait être prise dès le mois de septembre.
Il poursuit : « Au cours de nos discussions avec eux, il apparaît clairement que, si aucun changement ne se produit dans les deux ou trois prochains mois, soit en septembre, Mladenov déclare que le Hamas viole l’accord. »
Une plus grande marge de manœuvre
Selon le rapport, une déclaration du Conseil de la paix affirmant que le Hamas viole l’accord pourrait modifier l’étendue de la liberté d’action d’Israël dans la bande de Gaza.
D’après les évaluations israéliennes, Israël pourrait alors intervenir sans les restrictions actuellement en vigueur, y compris dans les zones contrôlées par le Hamas.
Le rapport précise que, concrètement, si le Hamas est officiellement déclaré en violation de l’accord et refuse de se désarmer, Israël pourrait reprendre des opérations militaires de plus grande ampleur dans la bande de Gaza.
Un plan alternatif de reconstruction
Parallèlement, des médias israéliens ont indiqué que l’administration américaine avait décidé de poursuivre un plan de reconstruction provisoire dans la bande de Gaza, malgré l’absence d’accord avec le Hamas sur la question du désarmement, après plusieurs mois de négociations entre les deux parties.
Selon le quotidien Yedioth Ahronoth, cette reconstruction provisoire sera limitée aux zones sous contrôle israélien, qui représentent environ 60 % de la superficie de la bande de Gaza. Les zones toujours contrôlées par le Hamas, représentant près de 40 % du territoire, ne seront pas concernées.
Le journal ajoute que le plan prévoit un retrait progressif de l’armée israélienne des secteurs où les habitants seront réinstallés, en contrepartie du déploiement d’une Force internationale de stabilisation ainsi que d’une nouvelle force de police palestinienne formée en Égypte. La gestion de ces zones serait confiée au Comité national d’administration de Gaza.
Le quotidien indique également que l’administration américaine est passée de négociations indirectes avec le Hamas par l’intermédiaire des médiateurs à des discussions directes, dans le but de parvenir à une formule de désarmement partiel comprenant le démantèlement des armes lourdes tout en autorisant la conservation des armes légères. Les négociations n’ont toutefois pas encore permis d’établir une définition commune de ce qui constitue une arme lourde.
La chaîne israélienne Channel 15 a également rapporté que les réunions du Conseil de la paix organisées à Chypre se sont concentrées sur les calendriers de mise en œuvre, les dispositions sécuritaires et les plans de transfert des habitants vers la « zone zéro ». Les participants se seraient accordés sur la poursuite du plan même en l’absence d’un désarmement du Hamas dans un avenir proche.
Selon la chaîne, les travaux d’infrastructure devraient être achevés dans un délai de trois à six mois. Les premiers groupes d’habitants devraient ensuite être transférés vers la région de Tal al-Sultan, dans le sud de la bande de Gaza, où seront aménagés des logements temporaires, des écoles, des établissements de santé ainsi que des lieux de travail, tandis que l’armée israélienne continuera d’assurer le dispositif de sécurité extérieur de ces zones.
Le média conclut que le refus persistant du Hamas de se désarmer laisse plusieurs questions sans réponse, notamment le sort des territoires qu’il contrôle encore. Cette situation rejoint les évaluations israéliennes évoquant la possibilité que le mouvement soit officiellement déclaré en violation de l’accord, ce qui pourrait entraîner une extension des opérations militaires dans la bande de Gaza.
