Premiers véhicules de la force internationale aux abords de Gaza
Le Hamas a exprimé l’espoir que le début du déploiement des forces internationales constitue la première étape de la mise en œuvre des missions qui leur sont confiées, notamment la séparation entre les Palestiniens et l’armée israélienne.
Mardi, le Conseil de la paix a annoncé l’arrivée des premiers véhicules tactiques dans la zone de soutien logistique connue sous le nom d’« Endurance », située à la frontière de la bande de Gaza. De son côté, le Hamas a déclaré espérer que l’arrivée des forces internationales marquera « le début de l’application des missions qui leur sont assignées, consistant à séparer les Palestiniens de l’armée d’occupation et à mettre un terme à ses violations ».
« Endurance » est une zone logistique aménagée dans le sud d’Israël, à proximité du point de passage de Kerem Shalom. Elle sert de centre de transit et de soutien à la Force internationale de stabilisation appelée à opérer dans la bande de Gaza. Les véhicules, les équipements et le personnel y sont réceptionnés avant d’être progressivement transférés à l’intérieur du territoire, selon la chaîne israélienne i24 News.
Dans une publication diffusée sur son compte de la plateforme X, le Conseil de la paix a documenté l’arrivée des véhicules tactiques en publiant des photographies.
Commentant cette annonce, le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a déclaré dans un communiqué : « Nous espérons que l’annonce du Conseil de la paix concernant le début du déploiement des forces internationales dans la bande de Gaza constitue le point de départ de l’exécution des missions qui leur sont confiées, à savoir la séparation entre notre peuple dans la bande de Gaza et l’armée d’occupation, ainsi que la cessation de ses violations. »
Le Conseil de la paix a appelé à « engager la mise en œuvre effective des dispositions du plan de cessation de la guerre à Gaza, notamment par l’entrée en fonction du Comité national chargé de l’administration du territoire, l’acheminement d’une aide humanitaire réelle et l’obligation faite à l’occupation de se retirer ». Il a également insisté sur « le lancement du processus de reconstruction, considéré comme un droit fondamental pour l’ensemble du peuple palestinien où qu’il se trouve dans la bande de Gaza ».
Cette annonce intervient alors qu’une délégation du Hamas effectue une visite au Caire afin d’examiner les modalités de mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, dans un contexte où Israël continue, selon le mouvement, de le violer.
Plus tôt dans la journée de mardi, Hazem Qassem avait indiqué qu’une délégation du Hamas se trouvait au Caire pour poursuivre les discussions relatives à l’application de l’accord de cessez-le-feu. Il a précisé que le Hamas et les autres factions palestiniennes avaient présenté ces derniers jours « des propositions acceptables et raisonnables » pour la mise en œuvre de l’accord, ajoutant que celles-ci « avaient été favorablement accueillies par les médiateurs ».
Dans le même contexte, la chaîne Al-Qahera News a annoncé qu’une délégation du Hamas était arrivée dans la capitale égyptienne afin de reprendre les négociations portant sur la feuille de route destinée à mettre en œuvre la deuxième phase du plan de cessez-le-feu.
De son côté, Taher Al-Nounou, conseiller politique du président du bureau politique du Hamas, a déclaré dans un communiqué que cette nouvelle série de négociations porterait sur « la poursuite de l’examen de la feuille de route élaborée par le Haut Représentant du Conseil de la paix, Nikolaï Mladenov, en coopération avec les médiateurs, pour la deuxième phase de l’accord, comprenant l’entrée en fonction du comité administratif et des forces internationales de protection, jusqu’au retrait total des forces israéliennes de l’ensemble du territoire de la bande de Gaza ».
Le 14 juin, le Hamas a remis la réponse des différentes factions palestiniennes à la « feuille de route » proposée par Nikolaï Mladenov, réaffirmant l’exigence d’un retrait israélien « complet » de la bande de Gaza.
Le 21 mai, Nikolaï Mladenov avait présenté une feuille de route composée de quinze points visant à mettre en œuvre le plan proposé par le président américain Donald Trump concernant la bande de Gaza.
Cette feuille de route définit les mécanismes de mise en œuvre de plusieurs dossiers liés à l’avenir de Gaza, notamment la reconstruction, le désarmement, le retrait israélien, les missions de la Force internationale de stabilisation ainsi que la reconstruction des forces de police.
Le document souligne également la nécessité de « mettre en œuvre les mesures promises dès le début du cessez-le-feu, notamment l’acheminement de l’aide humanitaire, du carburant, l’ouverture des points de passage, la fourniture d’abris ainsi que les dispositions prévues dans les accords de Charm el-Cheikh, avant de passer à la phase suivante ».
Le 29 septembre 2025, Donald Trump avait annoncé un plan composé de vingt points destiné à mettre fin à la guerre israélienne à Gaza. Celui-ci prévoit notamment la libération des otages israéliens, le désarmement du Hamas, un retrait partiel des forces israéliennes de la bande de Gaza, la formation d’un gouvernement technocratique ainsi que le déploiement d’une force internationale de stabilisation.
La première phase du plan est entrée en vigueur le 10 octobre 2025. Alors que le Hamas affirme avoir respecté les engagements prévus dans cette première étape, Israël, selon le mouvement, ne les aurait pas honorés et aurait poursuivi ses opérations militaires.
Malgré cette situation, Donald Trump a annoncé, à la mi-janvier dernier, le lancement de la deuxième phase du plan, qui prévoit un retrait plus large de l’armée israélienne, le lancement de la reconstruction ainsi que le début du désarmement des factions palestiniennes. Selon le Hamas, Israël n’a pas davantage appliqué cette phase et continue de subordonner sa mise en œuvre au désarmement préalable des factions.
