Politique

La Russie change les règles de lancement des drones : une nouvelle infrastructure pour des modèles plus imposants


Des images satellitaires commerciales ont révélé une expansion accélérée des infrastructures russes destinées au lancement de drones d’attaque à longue portée, notamment la construction de pistes de lancement plus longues qui semblent avoir été conçues pour accueillir des modèles plus récents et de plus grande taille.

Cette évolution témoigne des efforts de Moscou pour accroître sa capacité à déployer de très nombreux drones depuis des sites dispersés à proximité de l’Ukraine et de la Biélorussie, tout en élargissant la portée de la menace à une partie plus vaste du flanc oriental de l’OTAN.

Une enquête menée par le quotidien The Telegraph, sur la base d’images satellitaires disponibles dans le commerce et d’une analyse réalisée par la société DroneSec, spécialisée dans le renseignement lié aux drones, a identifié au moins dix sites russes où des infrastructures de lancement de drones ont été construites ou agrandies.

Ces sites comptent au total 59 pistes de lancement, dont une vingtaine présentent une longueur suffisante pour permettre l’utilisation des modèles les plus récents. Les données de suivi accessibles au public indiquent que sept de ces sites ont été utilisés dans le cadre d’attaques russes contre l’Ukraine.

Certaines de ces installations ont été aménagées à partir de bases militaires et d’aéroports civils existants, tandis que d’autres ont été construites dans des zones isolées. À Tsymbolova, dans la région d’Orel, les images satellitaires montrent quatre pistes de lancement, dont deux mesurent environ 280 pieds, soit près de 85 mètres, et dont la construction a commencé à la fin de 2025.

Des images plus récentes montrent une installation comprenant 16 sites de lancement, ainsi que des dizaines de drones et des bâtiments destinés au stockage et au soutien logistique. Certaines estimations indiquent que plusieurs de ces sites pourraient accueillir plus d’un millier de drones.

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La construction de pistes plus longues semble probablement liée à deux nouveaux modèles de drones, qui représentent une évolution de la catégorie des drones d’attaque à usage unique.

L’expansion des sites de lancement intervient parallèlement à une forte hausse de la production russe. Les drones sont devenus un élément central de la campagne de frappes à longue portée, Moscou étant désormais capable d’en fabriquer des milliers chaque mois. Certaines estimations indiquent que la production du complexe d’Alabuga pourrait dépasser 50 000 appareils par an en 2026.

Cette production à grande échelle a permis à la Russie de mener des attaques répétées avec des volumes importants de drones, contraignant l’Ukraine à épuiser ses stocks de missiles intercepteurs face à des armes relativement peu coûteuses.

Les analyses satellitaires indiquent que la Russie a lancé environ 16 000 drones à longue portée contre l’Ukraine entre janvier et mars 2026, soit près de 6 000 de plus qu’au cours de la même période de l’année précédente.

Avec l’expansion du réseau de lancement, la géographie de la menace évolue également. Certains des nouveaux sites pourraient, en théorie, permettre d’atteindre certaines parties de la Pologne ainsi que l’ensemble des États baltes, en fonction des performances réelles des modèles les plus récents.

Cela ne signifie pas que la Russie ait l’intention d’attaquer l’OTAN, mais cette évolution lui offre davantage d’options dans l’éventualité d’un élargissement du conflit.

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