Une tempête de drones ukrainiens frappe Moscou, la plus importante depuis le début de la guerre
L’Ukraine a lancé l’attaque la plus importante contre la capitale russe Moscou depuis le début de la guerre, il y a plus de quatre ans, dans une opération que Kiev a qualifiée de « justifiée ».
La Russie a annoncé dimanche avoir subi une attaque aérienne ukrainienne impliquant près de 600 drones, qui a fait quatre morts à travers le pays.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a écrit sur les réseaux sociaux que « nos réponses à la prolongation de la guerre par la Russie et à ses attaques contre nos villes et nos communautés sont pleinement justifiées ».
Cela intervient trois jours après des frappes russes meurtrières menées contre la capitale ukrainienne, qui ont fait près d’une vingtaine de morts, et auxquelles Kiev avait promis de répondre.
Le président ukrainien a accompagné son message d’une vidéo montrant ce qui semble être une raffinerie en flammes, ce que l’Agence France-Presse n’a pas pu vérifier.
Le commandant des forces de drones ukrainiennes, Robert Brovdi, surnommé « Madiar », a déclaré dans une interview exclusive à l’AFP que la « priorité » pour Kiev « reste le recours accru aux capacités de frappes à longue portée ».
Selon le ministère ukrainien de la Défense, cette attaque contre Moscou et sa région est « la plus importante depuis le début de l’opération russe en Ukraine ».
Bien que la région de Moscou, c’est-à-dire la zone entourant la capitale, soit régulièrement ciblée par des attaques de drones, la ville de Moscou elle-même, située à plus de 400 kilomètres de la frontière ukrainienne, est rarement visée.
De son côté, le ministère russe de la Défense a confirmé que ses défenses aériennes avaient abattu pendant la nuit 556 drones ukrainiens dans 14 régions, ainsi que 30 drones en journée.
Andreï Vorobiov, gouverneur de la région de Moscou (qui n’inclut pas la capitale elle-même), a indiqué qu’une femme avait été tuée dans la ville de Khimki, au nord-ouest de Moscou, et que deux hommes avaient été tués dans un village relevant de la municipalité de Mytichtchi, au nord-est de la capitale.
L’une des victimes était de nationalité indienne et travaillait en Russie, selon un communiqué de l’ambassade de l’Inde à Moscou.
Vorobiov a également fait état de quatre blessés dans le reste de la région, où plusieurs habitations ont été endommagées et des infrastructures ont été visées par des attaques.
Konstantin, 39 ans, résident du quartier de Butlikovo dans la banlieue de Moscou, a déclaré à l’AFP que l’explosion « était extrêmement violente et a failli me faire tomber du lit ». Il a ajouté : « Quand j’ai ouvert la fenêtre, j’ai vu de la fumée s’élever ».
Dans la ville de Moscou même, les défenses aériennes ont intercepté plus de quatre-vingts drones, et une frappe aérienne a fait 12 blessés « pour la plupart des ouvriers » sur un chantier de construction près d’une raffinerie de pétrole, selon le maire Sergueï Sobianine, qui a confirmé que « la production de la raffinerie n’a pas été affectée, mais trois immeubles résidentiels ont été endommagés ».
Dans la région de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, un homme a été tué durant la nuit dans la zone de Chebekino lors d’une attaque par drone ukrainien visant un camion, selon les autorités régionales.
Du côté ukrainien, l’armée de l’air a annoncé dimanche avoir intercepté 279 drones d’attaque et leurres russes sur les 287 lancés pendant la nuit.
Au moins 24 personnes, dont trois mineures âgées de 12, 15 et 17 ans, ont été tuées lors d’attaques russes par drones et missiles contre Kiev dans la nuit de mercredi à jeudi, selon un bilan ukrainien publié vendredi, et une cinquantaine d’autres ont été blessées.
L’Ukraine mène régulièrement des frappes à l’intérieur du territoire russe en réponse aux bombardements quotidiens qu’elle subit depuis plus de quatre ans. Elle affirme cibler des sites militaires et des installations énergétiques afin de réduire la capacité de Moscou à financer ses opérations militaires.
Une trêve de trois jours avait permis une suspension temporaire des bombardements dans les zones éloignées des lignes de front, coïncidant avec la commémoration par la Russie de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne nazie.
Mais les attaques ont repris immédiatement après la fin de la trêve, dans la nuit de lundi à mardi, à la suite de son annonce sous médiation du président américain Donald Trump.
Les négociations entre la Russie et l’Ukraine, sous médiation américaine, sont à l’arrêt depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.
