Une voix pour chaque personne : la Somalie tourne la page du système de quotas et s’oriente vers le vote direct
Le gouvernement somalien a annoncé que le pays entrait dans une phase de transition vers un système démocratique fondé sur la participation populaire directe, une étape qui ouvre la voie à des élections basées sur le principe « une voix pour chaque citoyen », après des années de systèmes électoraux indirects et de domination des équilibres claniques sur la scène politique.
Le gouvernement fédéral somalien a indiqué que les prochaines élections se dérouleront de manière « libre, équitable et transparente » conformément à la Constitution et aux lois nationales, réaffirmant son engagement à organiser des élections directes permettant aux citoyens d’exercer leurs droits constitutionnels de vote et de candidature.
Dans un communiqué, le ministère somalien de l’Information a précisé que le pays est entré dans « une nouvelle phase de consolidation d’un système démocratique fondé sur la participation populaire directe », soulignant la poursuite des consultations avec les différentes forces politiques et composantes de la société concernant l’organisation du prochain processus électoral.
Consultations avec l’opposition
Selon le communiqué, le gouvernement a tenu ces derniers jours des réunions avec plusieurs membres de l’opposition, portant sur des dossiers liés aux prochaines élections, notamment les mécanismes de mise en œuvre du scrutin et la garantie du droit des citoyens à voter et à se porter candidats.
Le gouvernement a confirmé la poursuite de son ouverture au dialogue et à la consultation avec les différentes parties nationales sur les questions liées au processus démocratique dans le pays, dans le cadre de la préparation des prochaines échéances électorales.
Du système de quotas au vote direct
Au cours des dernières années, la Somalie a adopté un système électoral indirect basé sur un partage de pouvoir clanique, dans lequel les anciens des clans et des délégués tribaux choisissaient les membres du Parlement au lieu d’un scrutin populaire direct.
Les sièges étaient répartis selon la formule dite « 4.5 », reposant sur un partage du pouvoir entre les principaux clans, afin de maintenir un équilibre politique et social dans le pays.
Dans le cadre de ce système, le Parlement élisait le président de la République, tandis que le processus électoral était régulièrement marqué par des crises liées aux désaccords politiques, aux retards des élections et aux tensions entre le gouvernement fédéral et les États régionaux, selon des rapports antérieurs d’agences internationales et de médias somaliens.
Le nouveau système vise à instaurer des élections directes permettant à chaque citoyen de voter directement pour ses représentants au Parlement.
Une nouvelle Constitution
Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a signé, en mars 2026, la version finale de la nouvelle Constitution du pays, estimant que cette étape renforce les institutions de l’État et soutient l’avenir démocratique de la Somalie.
La nouvelle Constitution prévoit l’élection directe des membres du Parlement par le peuple, tandis que le président de la République est élu par le Parlement. Le président nomme le Premier ministre, le Parlement disposant du pouvoir de contrôle et de révocation.
Elle limite également la présidence à deux mandats maximum et exige que le président ait au moins 40 ans et soit de nationalité somalienne de naissance. Elle interdit en outre la double nationalité ainsi que le mariage avec un ressortissant étranger pour les hauts responsables pendant l’exercice de leurs fonctions.
Le mandat actuel du président Hassan Sheikh Mohamud doit s’achever le 15 mai, après avoir accédé pour la première fois à la présidence en 2012, avant d’y revenir en 2022 après cinq années hors du pouvoir.
