Le Texas resserre l’étau sur les Frères musulmans : suspension des activités d’une université liée à l’organisation
Dans le cadre des efforts américains continus pour contrer les réseaux de l’islam politique, les autorités de l’État du Texas ont agi pour suspendre les activités de la « Texas American Islamic University », connue sous le nom de « Teksam », en raison des liens de ses responsables avec des institutions et des personnalités associées à l’organisation des Frères musulmans.
La décision, émise par le Texas Higher Education Coordinating Board s’inscrit dans un durcissement croissant au sein de l’État à l’égard des institutions accusées d’intersection avec la structure organisationnelle et idéologique des Frères musulmans et leurs réseaux étendus aux États-Unis.
Selon les documents officiels, les autorités éducatives ont ordonné à l’université de cesser immédiatement toutes ses activités, après l’avoir accusée d’opérer sans les autorisations légales nécessaires pour exercer une activité universitaire ou délivrer des diplômes académiques dans l’État.
Elles ont également averti que le dossier serait transmis au procureur général si l’établissement poursuivait ses activités en dehors du cadre légal.
L’université, située dans la ville de Richardson, s’était présentée comme un établissement d’enseignement combinant les disciplines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques avec des études islamiques, avant de devenir rapidement au centre d’une controverse politique et médiatique en raison du profil de ses dirigeants et de leurs liens avec des institutions islamiques controversées aux États-Unis.
Les réseaux des Frères musulmans au premier plan
Des rapports américains ont mis en lumière la présence de personnalités liées à des organisations telles que la Islamic Society of North America, la Islamic Circle of North America, et le Council on American-Islamic Relations (CAIR), au sein du conseil d’administration de l’université ou dans son environnement immédiat, appelant à la fermeture définitive de l’établissement.
Ces institutions sont considérées comme faisant partie de la structure organisationnelle et idéologique des Frères musulmans aux États-Unis, par le biais d’activités menées au sein de mosquées, de centres islamiques, ainsi que d’institutions éducatives et civiles.
Parmi les noms ayant suscité la controverse figurent Yasser Qadhi, Omar Suleiman et Roula Allouch, ainsi que d’autres personnalités liées à des institutions islamiques actives en Amérique du Nord.
Les rapports ont également révélé l’existence de liens imbriqués entre l’université et d’autres institutions islamiques déjà accusées de promouvoir des idées relevant de l’islam politique ou d’entretenir des convergences avec l’agenda des Frères musulmans aux États-Unis.
Durcissement croissant au Texas
L’action engagée contre l’université intervient dans un contexte de durcissement des positions au Texas à l’égard des Frères musulmans et des organisations islamistes politiques, en particulier au sein du Parti républicain et des courants conservateurs.
Le gouverneur de l’État, Greg Abbott, a adopté ces dernières années un discours ferme envers les groupes liés aux Frères musulmans, dans un contexte d’appels croissants à élargir la surveillance des institutions accusées d’entretenir des liens avec l’organisation ou de promouvoir ses idées aux États-Unis.
L’affaire « Teksam » illustre le passage de la confrontation américaine avec les Frères musulmans du niveau du discours politique à celui du ciblage de l’infrastructure institutionnelle qui offre à l’organisation une présence à long terme au sein de la société américaine, notamment à travers les institutions éducatives et religieuses.
L’éducation, porte d’influence
La controverse entourant l’université a ravivé les préoccupations américaines croissantes quant à l’utilisation de certaines institutions éducatives et religieuses comme plateformes de construction d’une influence idéologique au sein de la société américaine.
Des cercles conservateurs avertissent que les réseaux des Frères musulmans aux États-Unis ne reposent plus uniquement sur l’activité religieuse traditionnelle, mais opèrent désormais à travers des universités, des centres de réflexion et des associations civiles afin d’établir une présence politique et sociale à long terme.
De son côté, l’université n’a pas publié de réponse détaillée aux accusations concernant les liens de ses responsables ou des institutions qui lui sont associées, tandis que son avenir juridique demeure ouvert à de nouvelles escalades au Texas.
Le gouverneur du Texas avait annoncé le 18 novembre dernier la désignation des « Frères musulmans » et du « Council on American-Islamic Relations (CAIR) » comme organisations terroristes étrangères et organisations criminelles transnationales.
La décision s’appuyait sur des enquêtes fédérales établissant des liens entre le CAIR et les Frères musulmans, considérés comme une menace pour la sécurité américaine, ainsi que sur la dangerosité de l’idéologie des Frères musulmans et l’implication de certains membres et responsables du conseil dans des affaires terroristes.
