L’incident de la femme réfugiée embrase la province d’Al-Jawf au Yémen… Les tribus Dahm se soulèvent contre les Houthis
Les tribus yéménites Dahm ont poursuivi, pour le troisième jour consécutif, leur mobilisation dans la localité d’Al-Yatamah, dans la province d’Al-Jawf,
en réaction à l’arrestation par les Houthis d’un chef tribal et d’une femme qui avait sollicité sa protection.
La province, située à 143 kilomètres au nord-est de Sanaa, connaît une vive colère tribale après l’arrestation, il y a quelques jours, par les milices houthies du cheikh Hamad Rashed Fadgham Al-Hazmi et d’une femme qui s’était placée sous sa protection, après que les Houthis eurent pillé sa maison.
Les milices houthies avaient arrêté Al-Hazmi le mois dernier avant de le libérer sous la pression tribale, puis l’ont de nouveau arrêté après qu’il a adopté la défense du cas d’une femme nommée « Mira Saddam Hussein », dont la maison — qui lui avait été offerte par l’ancien président Ali Abdullah Saleh — a été pillée par les Houthis.
Le dirigeant houthi et célèbre trafiquant d’armes Fares Manaa serait derrière le pillage de la maison à Sanaa, et toutes les tentatives pour la récupérer ont échoué, ce qui a poussé la femme à solliciter le soutien des tribus d’Al-Jawf, en particulier du cheikh Hamad Fadgham Al-Hazmi.
Les milices houthies ne se sont pas contentées de piller la maison, mais ont également intercepté le convoi du cheikh Al-Hazmi dans la localité d’Al-Hatarish sur l’axe Sanaa–Al-Jawf, avant de l’arrêter avec la femme qui se trouvait sous sa protection tribale, dans une démarche que les tribus ont considérée comme une violation des coutumes et traditions tribales en vigueur.
Les tribus Dahm ont qualifié cette arrestation de « précédent dangereux » portant atteinte aux valeurs tribales enracinées, notamment en ce qui concerne la protection de la personne réfugiée et le respect du voisinage tribal, affirmant que ce qui s’est produit constitue une violation manifeste des usages tribaux reconnus.
Depuis vendredi dernier, les tribus d’Al-Jawf ont entamé un état d’alerte généralisé sur le terrain, dressant des tentes, tirant des coups de feu en l’air et se rassemblant pour faire pression sur les Houthis afin d’obtenir la libération du cheikh Fadgham et de Mira.
La tribu Bani Nawf, l’une des principales composantes des Dahm, a également déployé ses hommes dans des positions vitales, établi des patrouilles tribales dans des zones stratégiques et installé des barrages de contrôle dans les environs d’Al-‘Arq et de la montagne sous la localité de Qaw’ près d’Al-Yatamah.
Des sources médiatiques indiquent que les tribus ont également commencé à « adopter des mesures de pression sur les Houthis » en retenant des camions commerciaux et des véhicules de transport appartenant à des commerçants de Saada, dans une tentative de faire pression sur les intérêts économiques liés à d’importants dirigeants houthis.
Les tribus Dahm constituent le plus grand regroupement tribal d’Al-Jawf. Elles appartiennent à la célèbre confédération tribale de Bakil et se composent de neuf tribus. Leurs membres sont surnommés « Al-Ma‘iniyin » en référence à la civilisation de Ma‘in, qui s’est développée dans la seconde moitié du premier millénaire avant notre ère.
Les Dahm habitent les douze districts de la province d’Al-Jawf, située à 143 kilomètres de Sanaa. Les forces gouvernementales reconnues ont repris la majorité de ses territoires en 2016, avant qu’ils ne passent sous le contrôle des Frères musulmans début mars 2020, dans une bataille que des observateurs ont décrite comme une « remise » plutôt qu’un affrontement.
