Washington pousse un plan visant à transférer à l’armée libanaise des zones actuellement contrôlées par Israël
Les forces libanaises concernées seront soumises à une formation et à un processus de vérification menés par les États-Unis afin de garantir l’absence de liens avec le Hezbollah, tandis qu’Israël maintiendra une présence militaire dans la zone tampon du sud du Liban.
Des responsables israéliens et libanais ont indiqué que les discussions entre Israël et le Liban portent sur une proposition soutenue par les États-Unis, selon laquelle les forces israéliennes transféreraient le contrôle de certaines zones occupées durant la guerre contre le Hezbollah à l’armée libanaise.
Ils ont précisé que les unités libanaises participant à ce dispositif seraient formées et soumises à un contrôle américain afin de s’assurer qu’elles ne sont liées d’aucune manière au Hezbollah, tandis qu’Israël conserverait une présence militaire dans la zone de sécurité tampon.
Ce projet pilote est actuellement examiné dans le cadre du dernier cycle de négociations entre responsables libanais et israéliens, entamé mardi à Washington. Toutefois, cette initiative diplomatique a été rejetée par le Hezbollah et a perdu une partie de son importance après que Téhéran a fait du dossier libanais un élément central de ses négociations avec les États-Unis.
Interrogé sur les déclarations des responsables israéliens, un haut responsable sécuritaire libanais a confirmé que les discussions se poursuivent à Washington et que des entretiens entre les armées des deux pays étaient prévus au cours de la journée, notamment au sujet des zones concernées par le projet pilote.
Le responsable libanais a ajouté que les discussions porteraient principalement sur un calendrier de retrait et qu’aucun plan définitif ne devrait être annoncé avant la clôture des pourparlers prévue jeudi.
Ces développements interviennent malgré la déclaration du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui a rejeté l’idée d’un retrait de plusieurs positions stratégiques, notamment du château de Chqif, affirmant que les forces israéliennes resteraient dans la zone de sécurité fermée malgré les pressions exercées par Washington pour mettre fin au conflit.
Les responsables libanais soutiennent que les négociations directes avec Israël constituent la seule voie permettant de mettre un terme à la guerre en cours depuis le 2 mars, date à laquelle le Hezbollah a lancé des roquettes et des drones contre Israël en soutien à l’Iran, provoquant une campagne israélienne de frappes aériennes et d’opérations terrestres ayant fait plus de 4 000 morts au Liban.
Cependant, quatre cycles de négociations libano-israéliennes organisés depuis avril n’ont pas permis d’aboutir à un cessez-le-feu permanent.
Le cessez-le-feu actuel entre les deux parties, établi dans le cadre d’un accord préliminaire entre Téhéran et Washington, demeure globalement respecté depuis dimanche, malgré le maintien des troupes israéliennes dans plusieurs secteurs du sud du Liban, où elles contrôlent des zones qu’Israël a unilatéralement désignées comme « zone de sécurité », estimant qu’elles sont nécessaires à la protection du nord du pays contre d’éventuelles attaques du Hezbollah.
L’accord provisoire signé la semaine dernière entre l’Iran et les États-Unis prévoit que les deux pays ainsi que leurs alliés annoncent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, tout en garantissant son intégrité territoriale et sa souveraineté.
Cet accord a renforcé la position du Hezbollah tout en affaiblissant celle de l’État libanais, dont les dirigeants, notamment le président Joseph Aoun, ont à plusieurs reprises averti que Téhéran ne pouvait pas négocier au nom du Liban.
