Politique

Les milliards gelés : un obstacle majeur aux négociations entre l’Iran et les États-Unis


Les négociations entre les États-Unis et l’Iran stagnent, alors que plusieurs points de désaccord persistent. Toutefois, le principal sujet de friction demeure l’insistance de Téhéran à obtenir le déblocage de ses avoirs gelés.

Selon la chaîne américaine CNN, un haut responsable iranien a déclaré qu’un éventuel accord de paix entre Washington et Téhéran dépendait de l’acceptation par l’administration Trump de débloquer 24 milliards de dollars d’actifs iraniens gelés.

Mohsen Rezaei, conseiller militaire du Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a affirmé dans une interview exclusive accordée à CNN à Téhéran : « Les négociations sont arrivées dans une impasse, et c’est au président américain Donald Trump de sortir de cette situation. La balle est désormais dans le camp de Trump. »

L’Iran exige la libération de 12 milliards de dollars de fonds gelés dès la signature d’un accord intérimaire avec les États-Unis, puis de 12 milliards de dollars supplémentaires lors d’une phase ultérieure.

Les responsables américains craignent qu’un dégel des fonds à ce stade ne prive Washington d’un important levier de pression sur le régime iranien.

Donald Trump a exigé que tout accord soit nettement plus robuste que l’accord nucléaire conclu en 2015 et qu’il évite toute disposition pouvant être interprétée comme la remise à l’Iran de « quantités massives d’argent », une expression qu’il a souvent utilisée pour critiquer la décision de l’ancien président Barack Obama d’accorder des compensations financières à Téhéran.

Lors du débat présidentiel de 2016, Trump avait déclaré à sa rivale démocrate, l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton : « L’administration Obama a rendu l’Iran extrêmement puissant grâce à l’accord le plus stupide que j’aie probablement jamais vu dans l’histoire des négociations, avec 1,7 milliard de dollars en espèces, une somme suffisante pour remplir cette salle. »

Pour Mohsen Rezaei, le déblocage de ces fonds représenterait « un nouvel horizon pour l’avenir » des relations entre l’Iran et les États-Unis. Il a ajouté : « Si Trump souhaite parvenir à un accord avec l’Iran, ces 24 milliards de dollars constituent un test de confiance que l’Iran veut soumettre à Trump. C’est un test que les États-Unis doivent réussir ; alors seulement la voie sera ouverte. »

Depuis l’entrée en vigueur de la trêve temporaire le 8 avril dernier, les discussions entre Washington et Téhéran se poursuivent par l’intermédiaire de médiateurs. Les deux parties échangent des propositions tandis que Trump continue de menacer de reprendre les hostilités, malgré ses déclarations répétées laissant entrevoir une percée prochaine. Parallèlement, des affrontements militaires sporadiques continuent entre les deux pays.

Selon les propositions relayées par les médias, l’Iran réclame environ 12 milliards de dollars immédiatement, puis un total de 24 milliards de dollars au cours d’une période de négociation de 60 jours qui débutera après un accord de principe.

Les États-Unis refusent toutefois tout versement anticipé ou tout engagement sur des montants précis. Washington exclut également un allègement des sanctions qui permettrait à l’Iran d’exporter librement son pétrole.

Les avoirs iraniens gelés sont estimés à environ 100 milliards de dollars. Ces fonds sont devenus inaccessibles en raison des sanctions américaines et se composent principalement de revenus issus d’anciennes ventes de pétrole, de réserves financières et de divers fonds soumis à différents régimes de sanctions.

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