Moyen-Orient

Israël relève son niveau d’alerte face au risque d’une attaque iranienne surprise


L’appareil sécuritaire israélien qualifie la phase actuelle des relations entre Washington et Téhéran de « point de tension extrême » et affirme que l’Iran soupçonne l’existence d’un « piège » derrière les récentes initiatives diplomatiques.

Israël a relevé son niveau d’alerte en prévision d’une éventuelle escalade et d’une attaque surprise de l’Iran, a rapporté mardi une chaîne de télévision israélienne. Selon les évaluations israéliennes, Téhéran pourrait lancer une frappe préventive si les efforts visant à relancer les négociations avec les États-Unis échouaient.

Dans son reportage, la chaîne privée Channel 12 a déclaré qu’« alors que des informations font état de tentatives de reprise des négociations entre les États-Unis et l’Iran, sur fond d’échange de menaces entre le président américain Donald Trump et le Corps des gardiens de la révolution, Israël se prépare également à l’éventualité d’une escalade avec l’Iran ».

La chaîne a ajouté que l’appareil sécuritaire israélien décrivait la phase actuelle des interactions entre Washington et Téhéran comme un « point de tension extrême », soulignant que des efforts étaient déployés en coulisses pour relancer les négociations entre les deux pays.

« L’échec de ces efforts pourrait cependant entraîner une dégradation rapide de la situation. L’appareil sécuritaire israélien procède donc aux préparatifs nécessaires », a-t-elle poursuivi.

Channel 12 a cité une source sécuritaire israélienne anonyme affirmant que « la situation est sensible et instable, et je ne sais pas quelle direction elle prendra ».

« Les Iraniens ne semblent pas disposés à faire des concessions et la situation pourrait échapper à tout contrôle », a ajouté cette source.

Selon la chaîne, les évaluations israéliennes évoquent la possibilité que l’Iran lance une frappe préventive si les efforts diplomatiques ne permettent pas d’obtenir des avancées. Ces analyses associent également ce scénario à la conviction de Téhéran qu’un « piège » pourrait se dissimuler derrière les démarches diplomatiques en cours.

Toujours selon Channel 12, l’Iran pourrait d’abord viser les forces américaines stationnées dans le Golfe et au Moyen-Orient, avant qu’Israël ne devienne éventuellement une cible à un stade ultérieur.

L’armée israélienne aurait intensifié ses préparatifs et relevé son niveau d’alerte. Ces mesures concernent aussi bien les capacités défensives qu’offensives et seront coordonnées avec l’armée américaine.

Le niveau d’alerte en Israël était déjà élevé au cours des dernières semaines, avant d’être de nouveau renforcé à l’approche de la période des fêtes juives.

Cette période a commencé avec le Nouvel An juif, le 12 septembre, et doit s’achever avec la fête de Hanoucca, le 4 décembre prochain.

La chaîne a également rapporté que des responsables israéliens avaient examiné, lors de récentes consultations sécuritaires, plusieurs scénarios susceptibles de conduire à une escalade.

Les discussions ont notamment porté sur la situation économique de l’Iran sous l’effet du blocus américain, ainsi que sur l’opération israélienne menée sur les hauteurs d’Ali al-Taher, dans le sud du Liban. Selon Channel 12, les responsables israéliens considèrent ces deux facteurs comme des causes potentielles d’escalade.

Dans la nuit du 10 septembre, une puissante explosion avait retenti sur la colline stratégique d’Ali al-Taher, située entre les localités de Kfar Tebnit et Nabatieh al-Fawqa, au nord du fleuve Litani.

L’armée israélienne avait alors confirmé avoir procédé à des explosions visant un réseau de tunnels et des infrastructures appartenant au Hezbollah.

Channel 12 a ajouté que les préoccupations israéliennes incluaient des scénarios dans lesquels l’Iran lancerait des missiles en direction d’Israël. Elles porteraient également sur d’éventuelles attaques contre des cibles israéliennes ou juives à l’étranger.

Ces évaluations interviennent parallèlement aux déclarations américaines évoquant une possible reprise des négociations avec Téhéran.

Dimanche soir, le représentant permanent des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, a déclaré, lors d’un événement organisé par le média américain Al-Monitor, que la porte restait ouverte à un retour de l’Iran à la table des négociations.

Les États-Unis ont récemment mené des frappes militaires contre plusieurs sites en Iran, alors que les négociations entre les deux pays se trouvaient dans l’impasse, malgré la signature d’un protocole d’accord à la mi-juin.

Le blocage des discussions résulte de divergences concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz, l’un des passages stratégiques les plus importants au monde pour l’acheminement de l’énergie et des marchandises.

Téhéran a riposté en menant des attaques contre ce qu’il a présenté comme des installations et des équipements militaires américains dans plusieurs pays arabes. Certaines de ces opérations ont toutefois fait des victimes civiles et endommagé des infrastructures civiles, suscitant la condamnation des pays visés, qui ont exigé leur cessation.

Le 28 février dernier, les États-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l’Iran, faisant des milliers de morts. Téhéran a riposté en attaquant Israël ainsi que des sites qu’il a présentés comme des positions américaines dans plusieurs pays de la région.

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