Israël souhaite obtenir le feu vert de Trump pour frapper l’Iran
Des experts estiment que l’État hébreu n’a aucun intérêt à s’imposer dans cette campagne militaire, puisqu’il peut bénéficier des effets de la pression exercée par les États-Unis sans avoir à supporter le coût élevé d’une implication directe dans les combats.
Israël cherche à obtenir l’autorisation du président américain Donald Trump pour mener des frappes contre l’Iran, a rapporté vendredi la Société israélienne de radiodiffusion (KAN). Cette démarche intervient dans le contexte de l’escalade militaire actuelle et de la décision de Washington de mettre fin au mémorandum d’entente avec Téhéran à la suite des attaques iraniennes contre des navires dans le détroit d’Ormuz, tandis que des responsables iraniens ont menacé de frapper l’État hébreu si les attaques américaines venaient à s’intensifier.
La Société israélienne de radiodiffusion a ajouté : « Israël souhaite participer aux frappes, mais ce qui se déroule actuellement est un affrontement entre les Américains et les Iraniens, sans intervention israélienne. » Elle a également indiqué que « les dirigeants israéliens estiment que les échanges de tirs entre l’Iran et les États-Unis se poursuivront dans les prochains jours ».
Ces informations interviennent malgré les rapports faisant état d’efforts déployés par des médiateurs régionaux afin de contenir les tensions et de rétablir le mémorandum d’entente.
De son côté, le quotidien israélien Yedioth Ahronoth écrivait jeudi soir : « Pendant plusieurs mois, il est apparu qu’Israël exerçait des pressions sur les États-Unis afin qu’ils adoptent une position plus ferme à l’égard de l’Iran. »
Le journal ajoute : « Les responsables israéliens considèrent qu’une intervention militaire directe des États-Unis est la seule capable d’infliger des dommages significatifs aux infrastructures stratégiques de Téhéran. Toutefois, alors que Washington dirige désormais la campagne contre l’Iran, Israël se retrouve en marge des opérations. »
Dans un contexte de tensions croissantes dans le Golfe, Yedioth Ahronoth estime que « les chances de voir Tel-Aviv rejoindre cette campagne sont extrêmement faibles, non pas en raison d’un manque de capacités militaires, mais parce qu’une intervention israélienne compliquerait la situation pour l’ensemble des parties concernées ».
Le journal considère également que « Israël n’a aucun intérêt à s’imposer dans cette campagne, puisqu’il peut tirer profit de la pression américaine sans avoir à payer le prix élevé d’une participation directe aux combats ».
Concernant la position américaine, le quotidien affirme : « Washington fait preuve d’une prudence similaire, s’efforçant d’éviter une escalade régionale, car l’implication d’Israël pourrait modifier la nature du conflit, compliquer les efforts visant à mobiliser le soutien international et offrir à l’Iran l’occasion de présenter la guerre comme une confrontation entre Israël et le monde musulman, un discours que Téhéran cherche à promouvoir depuis des années. »
Le journal ajoute toutefois qu’« il est impossible d’exclure totalement un scénario dans lequel Israël rejoindrait ultérieurement la guerre. Cela pourrait se produire si l’Iran élargissait considérablement l’ampleur de ses attaques ou tentait de frapper directement Israël. Pour l’heure, il semble que tous les principaux acteurs — les États-Unis, Israël, les États du Golfe et même l’Iran — préfèrent maintenir Israël à l’écart de cette campagne. »
Parallèlement, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, Mohammad Baqer Zolghadr, a promis une riposte qui n’exclurait pas Israël après les attaques visant des infrastructures iraniennes, selon les médias officiels.
Jeudi, le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé avoir mené de nouvelles frappes contre près de 90 objectifs militaires iraniens, notamment des systèmes de défense aérienne, des sites de stockage de missiles et de drones, des capacités navales ainsi que des infrastructures logistiques le long du littoral iranien.
En réponse, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir visé des bases militaires américaines au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie, avertissant qu’il élargirait ses attaques si les frappes américaines se poursuivaient. La région du Golfe connaît une montée des tensions depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran le 28 février.
Depuis la signature du mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran le 18 juin dernier, les négociations, menées sous la médiation du Qatar et du Pakistan en vue d’un accord définitif, se poursuivent difficilement.
