Politique

Israël voulait en faire le dirigeant de l’Iran : révélations sur la nuit où le domicile d’Ahmadinejad a été ciblé


Une frappe israélienne controversée en Iran, dont les détails ont été révélés par un journal américain, aurait eu pour objectif de libérer un ancien président assigné à résidence afin de préparer son accession au pouvoir.

Selon ce quotidien américain, les États-Unis et Israël sont entrés en guerre en envisageant une figure précise et particulièrement inattendue pour prendre les rênes de l’Iran : l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad, connu pour ses positions radicales et hostiles à Washington et à Tel-Aviv.

Cependant, ce plan audacieux élaboré par les Israéliens et discuté avec Ahmadinejad a rapidement échoué, selon des responsables américains informés du dossier. Ceux-ci affirment qu’Ahmadinejad a été blessé dès le premier jour du conflit lors d’une frappe israélienne visant son domicile à Téhéran, censée permettre sa libération de l’assignation à résidence.

Bien qu’il ait survécu, Ahmadinejad aurait perdu tout espoir de changement de régime.

Il n’est pas apparu publiquement depuis, et aucune information fiable n’est disponible concernant sa localisation actuelle ou son état de santé, ni sur la manière dont il aurait été impliqué dans ce plan israélien, malgré ses déclarations passées appelant à « effacer Israël de la carte », son soutien au programme nucléaire iranien, sa répression de l’opposition et ses critiques virulentes des États-Unis.

Avant la guerre, ses tensions avec les dirigeants du régime iranien s’étaient intensifiées, conduisant à une surveillance étroite de ses activités.

Les efforts visant à le recruter dans le cadre d’un plan israélien plus large de déstabilisation du régime n’avaient jamais été révélés auparavant.

En réaction à ces informations, un porte-parole du Mossad a refusé de commenter. La porte-parole de la Maison-Blanche, Anna Kelly, a déclaré : « Dès le début, le président Donald Trump a été clair sur les objectifs de l’opération “Rage épique” : détruire les capacités de missiles balistiques iraniennes, démanteler leurs installations de production, neutraliser leur flotte et affaiblir leurs relais régionaux. »

Elle a ajouté : « Les forces américaines ont atteint ou dépassé tous leurs objectifs, et nos négociateurs travaillent désormais à un accord visant à éliminer définitivement les capacités nucléaires de l’Iran. »

Au début du conflit, des responsables américains ont évoqué des plans élaborés avec Israël pour identifier une personnalité pragmatique capable de prendre le contrôle de l’Iran. Selon le New York Times, des renseignements indiquaient que certaines figures du régime pourraient coopérer avec Washington, même sans être considérées comme des « modérées ».

Ces dernières années, Ahmadinejad s’est opposé à plusieurs dirigeants iraniens, les accusant de corruption, ce qui a alimenté des rumeurs sur sa loyauté, et a conduit à son exclusion de plusieurs élections présidentielles.

Ses proches collaborateurs ont été arrêtés, tandis que ses déplacements ont été fortement restreints, limités à sa résidence du quartier de Narmak, à l’est de Téhéran.

De nombreuses questions restent sans réponse concernant la planification de cette opération et les circonstances exactes de la frappe israélienne.

Selon des responsables américains, l’attaque visait notamment les gardes chargés de sa surveillance, dans le cadre d’un plan visant à le libérer de son assignation à résidence.

Les circonstances de la frappe

Alors que des médias iraniens avaient initialement évoqué la mort d’Ahmadinejad, la frappe n’a pas causé de dégâts majeurs à son domicile. En revanche, un poste de contrôle à l’entrée de la rue a été détruit, selon des images satellites.

Par la suite, les agences de presse iraniennes officielles ont confirmé qu’Ahmadinejad avait survécu, mais que ses « gardes personnels », des membres des Gardiens de la révolution chargés de sa détention, avaient été tués.

Un proche cité par le New York Times affirme qu’Ahmadinejad a interprété cette attaque comme une tentative de libération, et que les États-Unis le considéraient comme un dirigeant potentiel capable de gérer la situation politique, sociale et militaire du pays.

Selon cette source, il aurait pu jouer un rôle majeur dans un avenir proche, certains responsables américains le comparant à des figures de transition dans d’autres pays.

L’ancien président a par ailleurs entretenu une relation ambiguë avec l’Occident. Dans une interview accordée au New York Times en 2019, il avait salué Donald Trump et appelé à un rapprochement entre l’Iran et les États-Unis.

Il avait déclaré : « Trump est un homme d’action », ajoutant qu’il s’agissait d’un homme d’affaires capable d’évaluer coûts et bénéfices.

Accusations et tensions

Le régime iranien a accusé des proches d’Ahmadinejad d’entretenir des liens étroits avec l’Occident, voire de collaborer avec des services de renseignement étrangers.

Son ancien chef de cabinet, Esfandiar Rahim Mashaei, a été jugé en 2018 et interrogé publiquement sur ses liens présumés avec les services britanniques et israéliens.

Ces dernières années, Ahmadinejad a effectué plusieurs déplacements à l’étranger, alimentant les spéculations : en 2023 au Guatemala, puis en 2024 et 2025 en Hongrie, deux pays entretenant des relations étroites avec Israël.

En Hongrie, il a donné une conférence dans une université liée au Premier ministre Viktor Orbán, proche de Benjamin Netanyahou. Il est revenu quelques jours avant le début de l’attaque israélienne contre l’Iran en juin.

Pendant la guerre, il est resté silencieux, ses rares publications sur les réseaux sociaux ayant été largement remarquées.

Selon des responsables israéliens, la guerre aurait été pensée en plusieurs phases : frappes aériennes américano-israéliennes, élimination du guide suprême, mobilisation kurde et effondrement progressif du régime, permettant la formation d’un « gouvernement alternatif ».

Même si le plan ne s’est pas déroulé comme prévu, le chef du Mossad, David Barnea, aurait déclaré en privé qu’il estime toujours que ce scénario, fondé sur des décennies de renseignement, pourrait réussir s’il était pleinement mis en œuvre.

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