Politique

La Russie propose une médiation entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre


Moscou pourrait faire pression sur Téhéran pour qu’il accepte une formule de négociation incluant un apaisement militaire, des restrictions sur le programme nucléaire et des arrangements sécuritaires régionaux, en échange d’un allègement des sanctions et d’une fin complète de la guerre.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a déclaré mercredi à l’agence officielle russe TASS que Moscou est prête à contribuer aux discussions entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin à la guerre entre les deux pays. Cette déclaration intervient alors que le président russe est en visite à Pékin pour rencontrer son homologue chinois Xi Jinping afin d’examiner plusieurs dossiers, dont les répercussions de la guerre sur Téhéran, quelques jours après une visite similaire du président américain Donald Trump.

Riabkov a déclaré : « La Russie est prête à fournir toute l’aide possible pour parvenir à une solution à ce conflit, et les parties concernées le savent parfaitement. »

C’est la première fois que la Russie se présente comme un médiateur sérieux dans des négociations indirectes entre Téhéran et Washington, menées avec la médiation du Pakistan, qui n’ont pas permis jusqu’à présent de conclure un accord de paix mettant fin durablement à la guerre.

Moscou dispose de leviers de pression importants, notamment ses relations économiques et militaires avec Téhéran, ce qui lui permet d’influencer la décision iranienne et d’assouplir certaines positions jugées rigides, en particulier sur le dossier nucléaire.

En contrepartie, la Russie craint qu’un effondrement de la situation en Iran ne conduise à la perte d’un partenaire stratégique majeur dans la région. Elle veillera donc à ce que ses pressions restent proportionnées au contexte actuel.

La Russie ne cherchera pas à imposer des concessions directes à l’Iran, mais l’encouragera à accepter une formule de négociation pouvant inclure un apaisement militaire, des restrictions sur le programme nucléaire et des arrangements sécuritaires régionaux, en échange d’un allègement des sanctions et d’une fin complète de la guerre.

Moscou tente ainsi de capitaliser sur sa position d’allié de Téhéran et de partenaire de négociation avec Washington pour s’affirmer comme une puissance internationale capable de gérer les grandes crises, notamment dans un contexte d’échanges parallèles russo-américains portant sur l’énergie et la sécurité régionale.

Lors de sa visite à Pékin, Trump a également exhorté la partie chinoise à faire pression sur le gouvernement iranien afin qu’il réponde aux exigences américaines.

Au cours de la rencontre entre les présidents russe et chinois, Xi a souligné l’importance des négociations et la nécessité de mettre fin aux combats au Moyen-Orient, ajoutant que « l’arrêt de la guerre contribuerait à réduire les perturbations de l’approvisionnement énergétique et du système commercial international ».

Alors que Pékin estime subir les conséquences de l’arrêt de la navigation dans le détroit d’Ormuz, la Russie a tiré parti de cette situation, notamment dans le secteur énergétique.

Lundi, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé que son département avait décidé de prolonger de trente jours supplémentaires l’exemption des sanctions imposées au pétrole russe transporté par voie maritime, afin de soutenir les pays confrontés à des risques de pénurie énergétique après l’arrêt du flux pétrolier en provenance de la région du Golfe.

Sur le plan politique, des sources ont évoqué la possibilité de progrès dans les discussions, tandis que le vice-président américain, J. D. Vance, a rassuré mardi les citoyens en affirmant que la guerre de Trump contre l’Iran ne se transformerait pas en « guerre éternelle ».

Le 28 février dernier, les États-Unis et Israël ont lancé une guerre contre l’Iran qui a fait plus de 3 000 morts, selon Téhéran, lequel a mené des attaques contre Israël et des pays arabes de la région, causant des victimes américaines et israéliennes.

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