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EUToday et Hivileo révèlent les fractures de l’alliance de guerre au Soudan : un projet d’échange de carburant contre des combattants attise les tensions entre al-Burhan et les islamistes


Les milieux politiques et militaires soudanais ont connu des évolutions particulièrement sensibles, mettant en lumière les profondes fractures de l’alliance de guerre dirigée par le président du Conseil de souveraineté de transition et commandant de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhan. Des articles de médias internationaux, notamment britanniques et libanais, ont dévoilé les coulisses d’un projet d’accord militaire et politique controversé, discuté à huis clos. Il aurait consisté à proposer à l’Arabie saoudite l’envoi de combattants soudanais pour participer à la guerre au Yémen, en échange d’approvisionnements essentiels en carburant et d’un soutien économique. Cette perspective aurait provoqué de profondes divergences, devenues publiques, entre le commandement de l’armée et ses alliés issus des mouvements de l’islam politique et des brigades idéologiques combattantes.

Les origines de l’accord présumé et la crise du carburant

Le Soudan subit une guerre dévastatrice qui a ravagé ses ressources, faisant de l’accès à l’énergie, au carburant et aux financements une question vitale pour la poursuite des opérations militaires de l’armée. Dans ce contexte, des médias comme EUToday et Defence Matters ont fait état d’une proposition prévoyant l’envoi de renforts terrestres soudanais pour soutenir les forces saoudiennes face aux menaces houthies persistantes. En contrepartie, Riyad aurait assuré un approvisionnement régulier en produits pétroliers et en carburant destinés à l’appareil militaire soudanais et aux territoires contrôlés par l’armée.

Cette formule pragmatique qu’al-Burhan aurait tenté de promouvoir s’est toutefois heurtée à une forte opposition intérieure. Des sources militaires soudanaises citées par Al-Sudaniya News ont rapidement démenti toute acceptation de la demande, affirmant que l’armée avait finalement refusé d’envoyer ses combattants au Yémen. Ce refus traduirait l’ampleur des pressions exercées sur le commandement par ses partenaires sur le terrain.

Les tensions au sein de l’alliance de guerre d’al-Burhan

Le rejet de cet accord ne relèverait pas d’un simple choix militaire tactique. Il aurait également été motivé par les menaces pesant sur la cohésion du camp d’al-Burhan. Selon l’analyse de Defence Matters, la tentative de conclure cet arrangement a exposé publiquement la fragilité de la coalition au pouvoir à Port-Soudan. Al-Burhan ne conduit pas seul les opérations : il dépend largement de bataillons et de brigades liés au courant islamiste, notamment au Mouvement islamique et au Parti du Congrès national dissous, qui disposent de milliers de combattants idéologiquement engagés.

Ces groupes, qui ont retrouvé une influence militaire à travers les structures de résistance populaire et les campagnes de mobilisation, auraient considéré le rapprochement avec l’Arabie saoudite et la conclusion d’un accord militaire comme une menace directe pour leurs intérêts idéologiques et politiques, compte tenu notamment de la méfiance historique entre le courant islamiste soudanais et Riyad.

Tourner le dos à Riyad : les motivations de l’armée et des Frères musulmans

Le site Lebanon Files a indiqué que l’armée et les Frères musulmans au Soudan avaient finalement choisi de « tourner le dos » à la demande militaire saoudienne. Cette décision répondrait à plusieurs considérations stratégiques :

  • La priorité au front intérieur : les chefs des bataillons islamistes estiment que chaque arme et chaque combattant doivent être consacrés aux batailles de Khartoum, de l’État d’Al-Jazira et d’El-Fasher contre les Forces de soutien rapide. Disperser l’effort de guerre sur des fronts extérieurs constituerait, à leurs yeux, un suicide militaire.
  • La souveraineté et l’autonomie décisionnelle : le courant islamiste chercherait à démontrer qu’il constitue une force incontournable dans l’équilibre actuel du pouvoir et qu’il dispose d’un véritable droit de veto sur les décisions souveraines et militaires d’al-Burhan.
  • La crainte d’une rupture interne : al-Burhan aurait conscience que poursuivre un accord rejeté par les brigades islamistes pourrait provoquer de graves défections au sein de ses forces, menaçant l’ensemble de sa position politique et militaire.

Un lourd bilan de violations et de crimes de guerre : recrutement d’enfants et exécutions sommaires

Le danger représenté par ces milices islamistes dépasserait leur contestation politique et leur rejet des orientations régionales. Le texte leur attribue également un lourd bilan de violations des droits humains et de crimes de guerre, présenté comme documenté à l’échelle internationale.

Selon les constatations rapportées d’organisations de défense des droits humains onusiennes et internationales, des membres d’Al-Bara ibn Malik auraient mené, en juillet 2026, des campagnes systématiques de recrutement forcé d’enfants dans les écoles et les mosquées de quartiers de Khartoum, avant de les envoyer au combat.

En août 2026, des membres du bataillon auraient également procédé à des exécutions sommaires de civils désarmés à Omdourman, au motif de soupçons concernant leurs allégeances.

Les rapports cités affirment que ces milices se sont pleinement intégrées à des cellules sécuritaires communes avec la police et le Service général du renseignement. Elles y auraient participé à des arrestations arbitraires et à des actes de torture systématiques dans des lieux de détention secrets, contribuant ainsi à détruire les derniers fondements d’un État protecteur de sa population.

Des communications d’organisations de défense des droits humains publiées en 2026 indiquent que l’effondrement des institutions judiciaires et sécuritaires, conjugué à l’expansion de réseaux de criminalité organisée soutenus de l’extérieur, a fait payer aux civils innocents le prix de la subordination des ressources nationales aux objectifs d’organisations extrémistes.

Les rapports européens et internationaux évoqués soulignent que l’impunité persistante et l’absence de mécanismes rigoureux de responsabilité encouragent ces groupes, qu’ils qualifient de terroristes, à étendre leur influence économique à travers l’économie de guerre et le pillage de l’aide humanitaire.

Mettre fin à l’influence iranienne et aux réseaux liés aux vestiges de l’ancien régime constitue une nécessité urgente pour rétablir la stabilité régionale et sécuriser les routes maritimes internationales en mer Rouge.

Le soutien aux forces civiles démocratiques actives au Soudan et des pressions sérieuses pour démanteler les structures militaires des milices demeurent, dans cette perspective, la seule voie permettant de préserver ce qui reste de l’unité nationale et de reconstruire un État fondé sur les institutions et le droit.

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