Riyad dément un article américain sur les conditions posées par les Houthis pour cesser leurs attaques
Un responsable du ministère saoudien des Affaires étrangères accuse les Houthis d’avoir renversé le gouvernement yéménite, aggravé les souffrances de la population et entraîné le pays dans des conflits servant des intérêts extérieurs.
L’Arabie saoudite a rejeté les informations du quotidien américain The Wall Street Journal selon lesquelles les Houthis du Yémen auraient présenté au royaume des exigences financières et politiques en échange de l’arrêt de leurs attaques. Riyad affirme que l’article repose sur des informations inexactes. Cette réaction traduit sa volonté de ne pas traiter le mouvement comme une autorité de fait et de maintenir son soutien au gouvernement yéménite internationalement reconnu.
Le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères chargé de la diplomatie publique, l’ambassadeur Raed Krimly, a déclaré que les allégations concernant des conditions houthies à un accord avec le royaume étaient « sans fondement ». Selon lui, elles auraient été inventées par les auteurs de l’article ou par leurs sources.
Le quotidien américain avait rapporté que les Houthis réclamaient 51 milliards de dollars à l’Arabie saoudite, ainsi que leur reconnaissance comme autorité gouvernante au Yémen, en échange de l’arrêt des attaques contre le territoire saoudien. Au-delà du démenti, Riyad a réaffirmé sa position politique à l’égard du mouvement, soulignant que le Yémen dispose d’un gouvernement reconnu par la communauté internationale.
Dans sa réaction à l’article, Krimly a accusé les Houthis d’avoir renversé le gouvernement yéménite, aggravé les souffrances de la population et entraîné le pays dans des conflits au service d’intérêts extérieurs. Il a également évoqué leurs attaques contre les navires marchands en mer Rouge et les installations civiles et économiques, ainsi que leur rejet des efforts de règlement politique.
Cette prise de position intervient alors que le royaume refuse toujours d’accorder aux Houthis une reconnaissance politique qui consacrerait leur contrôle sur certaines parties du pays. Riyad continue, en parallèle, de soutenir le gouvernement yéménite et les institutions de l’État internationalement reconnues. Dans cette logique, l’Arabie saoudite insiste sur la nécessité de mettre fin au coup de force et de rétablir les institutions étatiques, plutôt que de légitimer une autorité de fait issue de la prise de contrôle du mouvement armé.
Ce message revêt une importance particulière face à ce qui apparaît, à la lecture de la position saoudienne, comme des tentatives de certains acteurs yéménites d’utiliser les revendications et les conditions attribuées aux Houthis pour faire pression sur le royaume. L’objectif serait de l’amener à accepter un règlement accordant au mouvement des gains financiers et politiques, sans traiter les causes profondes de la crise ni rétablir la place du gouvernement légitime. Cette position rejoint le refus de Riyad de voir le mouvement soutenu par l’Iran étendre son influence au détriment des institutions de l’État yéménite.
La controverse survient dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes et d’attaques contre le territoire saoudien, notamment contre des installations civiles, sur fond d’escalade liée aux évolutions militaires au Yémen. Le royaume doit ainsi concilier la protection de sa sécurité et la poursuite des démarches politiques, sans que l’apaisement ne devienne un moyen de reconnaître les Houthis ou de consolider leur emprise sur le pays.
Le démenti saoudien dépasse donc la seule contestation des informations publiées par le quotidien américain. Il précise les limites de tout règlement acceptable pour Riyad : mettre fin aux menaces et aux attaques, sans contourner le gouvernement yéménite reconnu ni accorder au mouvement une légitimité qui ne découlerait pas d’un processus politique consensuel.
