Téhéran continue de violer la souveraineté irakienne malgré les accords de sécurité
Des sites de groupes d’opposition kurdes iraniens au Kurdistan irakien ont été attaqués par deux drones chargés d’explosifs.
Des sites appartenant à des groupes d’opposition kurdes iraniens dans la région du Kurdistan irakien ont été visés mercredi par deux drones chargés d’explosifs, selon des sources sécuritaires. Les attaques ont touché des positions à Souleimaniyeh et à l’est d’Erbil, remettant en lumière la poursuite des frappes attribuées à l’Iran malgré les accords de sécurité conclus avec Bagdad pour régler la question de la présence de ces groupes sur le territoire irakien.
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Ces attaques interviennent alors que le gouvernement irakien s’efforce de respecter ses engagements au titre de l’accord de sécurité avec Téhéran. Celui-ci prévoit d’empêcher les groupes d’opposition kurdes iraniens d’utiliser le territoire irakien pour lancer des attaques transfrontalières, de les désarmer et d’éloigner leurs implantations des zones frontalières. Bagdad et Téhéran avaient signé cet accord en mars 2023, après une série de frappes iraniennes contre les bases de ces groupes dans la région.
La reprise des attaques soulève des interrogations sur les justifications avancées pour poursuivre les opérations militaires iraniennes. Téhéran a notamment fait de la présence de l’opposition kurde au Kurdistan un prétexte majeur pour justifier ses frappes, alors que Bagdad a engagé avec elle un processus de coopération pour traiter ce dossier. La poursuite des attaques, malgré les démarches irakiennes, renforce également les craintes de voir l’Iran persister à violer la souveraineté de l’Irak et à traiter son territoire comme un espace ouvert à ses opérations sécuritaires et militaires, plutôt que de s’en tenir aux voies diplomatiques et à la coordination frontalière.
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En octobre, Téhéran avait annoncé avoir conclu avec Bagdad un accord prévoyant l’expulsion des groupes d’opposition kurdes iraniens de la région ou la remise de leurs membres aux autorités iraniennes. La partie irakienne n’a toutefois pas confirmé cette version. Selon un responsable ayant participé à une réunion du comité conjoint de sécurité, ni l’expulsion ni la remise de ces personnes n’avaient été discutées. Le conseiller irakien à la sécurité nationale, Qassem al-Araji, avait pour sa part évoqué des dispositions visant à transférer les membres de ces groupes et leurs familles vers des camps éloignés de la frontière iranienne.
Téhéran redoute que l’armée américaine n’arme des séparatistes kurdes pour mener des attaques, bien que plusieurs contraintes logistiques rendent cette option difficile à mettre en œuvre.
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Les frappes iraniennes ne se sont pas limitées aux sites de l’opposition. En août dernier, elles ont également visé une résidence personnelle du Premier ministre du Kurdistan irakien, Masrour Barzani, ainsi que le domicile du chef du service de sécurité et de renseignement de la région, dans le secteur de Pirmam, dans la province d’Erbil. Les autorités antiterroristes du Kurdistan ont indiqué que deux drones de type « Hadid-110 », lancés depuis le territoire iranien, avaient frappé les deux sites sans faire de blessés. Barzani avait qualifié l’attaque d’escalade dangereuse et de menace directe pour la sécurité et la stabilité de la région.
Cet épisode dépasse la seule question du ciblage de l’opposition : les attaques ont atteint des lieux directement liés aux dirigeants régionaux et à leurs institutions sécuritaires. Il a ainsi suscité des inquiétudes quant à un élargissement des cibles et à une déstabilisation de cette région autonome au sein de l’État irakien.
Des responsables iraniens avaient par ailleurs menacé de lancer des incursions terrestres dans plusieurs pays voisins si Washington reprenait la guerre contre Téhéran.
