Livraison des frégates retardée de deux ans : nouveau revers pour la Royal Navy
Le gouvernement britannique envisage d’accélérer la construction des frégates de type 31, alors que la livraison du premier bâtiment prend du retard et que les inquiétudes grandissent face au déficit de navires dans la flotte de surface de la Royal Navy.
Les options étudiées comprennent l’allongement des journées de travail, le rétablissement des heures supplémentaires et le travail le week-end, en réponse aux appels du gouvernement à adopter une « approche de temps de guerre » dans la construction navale.
La Royal Navy ne recevra pas la première frégate, le HMS Venturer, avant 2028, soit plus de deux ans après la date de livraison initialement prévue. Le bâtiment devra ensuite effectuer des essais en mer, obtenir les certifications de sécurité nécessaires et assurer la formation de son équipage. Sa disponibilité pour un déploiement opérationnel pourrait ainsi être repoussée au début des années 2030, selon la revue The National Interest.
Pourquoi la construction de la frégate a-t-elle pris du retard ?
Babcock construit le navire dans son chantier de Rosyth, en Écosse. Le bâtiment est sorti du hall d’assemblage en mai 2025, avant d’être mis à l’eau le mois suivant. Les travaux d’armement se sont toutefois poursuivis dans un contexte marqué par l’inflation, la hausse des coûts de l’énergie et de la main-d’œuvre, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les répercussions de la guerre en Ukraine.
Le projet a également rencontré des difficultés liées à son contrat à prix fixe, tandis que des informations faisaient état d’un assemblage des deux premiers bâtiments ne respectant pas l’ordre prévu. Selon ces informations, cette situation aurait entraîné plusieurs mois de retard, et le coût des corrections pourrait atteindre 140 millions de livres sterling, alourdissant les contraintes financières et techniques du programme.
Selon le quotidien The Times, des ministres ont appelé les industriels à accélérer la production des cinq frégates prévues. Le journal indique que les employés de Babcock travaillent actuellement huit heures par jour, après une réduction des heures supplémentaires destinée à réaliser des économies, et qu’ils ne sont pas tenus de travailler le week-end.
L’entreprise envisage de recruter du personnel supplémentaire, notamment des apprentis, et pourrait rétablir les heures supplémentaires. Ces options sont toutefois examinées alors que le gouvernement cherche à combler un déficit de financement de 28 milliards de livres sterling, confrontant la nécessité d’accroître les dépenses aux impératifs de réduction des coûts.
De leur côté, les conservateurs préconisent un fonctionnement des chantiers navals par équipes, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Pour James Cartlidge, ministre de la Défense du cabinet fantôme, renforcer les effectifs et accélérer la construction de nouveaux bâtiments constituent la solution réaliste pour remédier à court terme au manque de frégates, alors que la flotte de surface pourrait encore se réduire.
Quel rôle les nouveaux bâtiments doivent-ils jouer ?
Les frégates de type 31 ont été conçues comme des bâtiments polyvalents moins coûteux, destinés à soutenir la présence maritime britannique, à patrouiller sur les voies de navigation et à lutter contre la piraterie et le trafic de drogue. Leurs missions comprennent également la surveillance, l’escorte et l’assistance lors de catastrophes ou de crises, afin d’alléger la charge des unités les plus sophistiquées.
Ces missions permettront de réserver les frégates de type 26 et les destroyers de type 45 aux opérations nécessitant leurs capacités de combat. La classe comprend cinq bâtiments : Venturer, Active, Formidable, Bulldog et Campbeltown, tous construits par Babcock à Rosyth.
Principales caractéristiques de la frégate de type 31
Entrée en service : le bâtiment n’est pas encore entré en service. Initialement prévue en 2027, son entrée en service a été reportée.
Nombre d’unités : quatre bâtiments en cours d’armement, avec une cinquième unité prévue.
Longueur : 455 pieds, soit 138,7 mètres.
Largeur : 66,8 pieds, soit 20,36 mètres.
Déplacement : 7 000 tonnes, soit environ 6 900 tonnes longues britanniques.
Propulsion : système combiné à moteurs diesel, hélices à pas variable MAN Alpha VBS Mk 5 et deux lignes d’arbres.
Vitesse maximale : plus de 26 nœuds, soit plus de 48,1 kilomètres par heure.
Autonomie : 7 500 milles marins, soit 13 890 kilomètres.
Artillerie principale : un canon Bofors de 57 mm, de type Mk 3 ou Mk 110.
Artillerie secondaire : deux canons Bofors de 40 mm Mk 4, complétés par des mitrailleuses lourdes et des mitrailleuses à canons multiples.
Défense antiaérienne : système de missiles Sea Ceptor de MBDA, avec une configuration initiale comprenant de 12 à 24 cellules de lancement vertical, voire davantage.
Armement antinavire et de frappe : missiles Naval Strike Missile, avec des aménagements prévus pour accueillir un système de lancement vertical Mk 41 pouvant compter jusqu’à 32 cellules.
Pont d’envol et hangar : capacité d’accueil d’un hélicoptère AgustaWestland Wildcat HMA2 ou AgustaWestland Merlin HM2, avec la possibilité de mettre en œuvre des drones et de recevoir sur le pont d’envol des hélicoptères de la taille d’un Chinook.
Équipage : environ 105 personnes en configuration de base, avec une capacité d’hébergement de 140 à 190 personnes.
