Après les élections, de nouvelles listes : des sanctions américaines pourraient viser des juges, des officiers et des alliés du Hezbollah
Les États-Unis se préparent à élargir les sanctions visant des personnalités libanaises. Cette nouvelle initiative concernerait des responsables occupant des fonctions judiciaires, sécuritaires et militaires sensibles, que Washington accuse de protéger le Hezbollah, de faciliter ses activités et d’entraver les décisions de l’État visant à réserver la détention des armes aux seules institutions publiques. Une nouvelle série de sanctions pourrait être annoncée après les élections américaines de mi-mandat.
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Une source politique libanaise informée a révélé que l’administration américaine avait établi une longue liste actualisée de responsables et de personnalités politiques, judiciaires et sécuritaires. Leurs dossiers sont examinés en vue d’inscrire progressivement certains d’entre eux sur les listes de sanctions. Cette démarche vise les réseaux d’influence que Washington considère comme responsables de la protection des activités du Hezbollah au sein des institutions de l’État.
Selon cette source, les listes ne sont pas encore définitives. Elles comprennent toutefois des juges occupant des fonctions essentielles, des officiers des services de sécurité et de l’armée, ainsi que des responsables politiques proches du mouvement. Les sanctions pourraient également toucher des personnalités extérieures aux milieux chiites et aux alliances traditionnelles du Hezbollah.
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Des listes encore ouvertes, des fonctions sensibles
Selon la source, les examens américains se concentrent sur des responsables soupçonnés d’utiliser leurs fonctions pour entraver les décisions relatives au monopole de l’État sur les armes, ou pour offrir une protection administrative, sécuritaire et judiciaire aux activités du Hezbollah.
Les dossiers examinés concernent notamment des officiers chargés de surveiller les frontières terrestres et maritimes. Ils sont accusés d’avoir facilité le passage de cargaisons d’armes, fermé les yeux sur des réseaux de contrebande ou omis de déférer les personnes impliquées à la justice.
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Les vérifications portent également sur des responsables sécuritaires soupçonnés d’avoir transmis des informations sensibles qui auraient permis au Hezbollah de faciliter ses déplacements et d’échapper à des mesures visant ses activités.
La source souligne que les accusations ne se limitent pas à une coopération directe avec le mouvement. Elles concernent aussi des responsables dont Washington estime que le refus d’appliquer des décisions gouvernementales, ou l’utilisation de leurs prérogatives pour les bloquer, a contribué au maintien de son influence militaire et sécuritaire.
Selon les estimations de milieux diplomatiques libanais, une éventuelle annonce interviendrait après les élections américaines de mi-mandat. Aucune date officielle n’a toutefois été communiquée.
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La justice dans le champ des sanctions
Le volet judiciaire constitue l’une des principales évolutions possibles de ces nouvelles sanctions. Des noms de juges circulent, sur fond d’accusations de lenteur délibérée dans les poursuites contre des réseaux financiers et sécuritaires, ou de classement de dossiers sensibles liés au Hezbollah.
Selon la source, Washington s’intéresse à ce qu’il considère comme un usage abusif des fonctions judiciaires, qu’il s’agisse d’entraver les poursuites ou de ne pas trancher des affaires concernant des armes et des cargaisons suspectes. Certains dossiers font l’objet d’un examen portant sur la nature des décisions prises et les raisons des retards de procédure.
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L’affaire des explosifs de Dahr el-Baïdar représente à cet égard un test sensible dans les relations entre les autorités libanaises et Washington. Initialement liée à une saisie sécuritaire, elle soulève désormais la question de la capacité de l’État à poursuivre les activités militaires non autorisées.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait directement abordé ce dossier lors d’un entretien téléphonique avec le président libanais Joseph Aoun, le 15 octobre. Il avait demandé que les responsables des ordres de transport, du financement et de l’acheminement de la cargaison répondent de leurs actes, tout en insistant sur la nécessité de ne pas restituer les explosifs au Hezbollah.
Une étape judiciaire importante est intervenue le 30 octobre avec l’engagement de poursuites contre treize personnes, dont deux détenues, dans l’affaire du transport des explosifs. Les chefs d’accusation comprennent la détention de matières explosives et des actes portant atteinte à la sécurité et à l’autorité de l’État. Ces procédures ne signifient toutefois pas que les juges chargés du dossier sont visés par des sanctions : aucune annonce américaine n’a associé de noms précis de magistrats à cette affaire.
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Des réseaux financiers aux institutions
La démarche américaine s’inscrit dans une évolution déjà engagée. Le 21 mai dernier, le département du Trésor a sanctionné des personnalités libanaises, dont des responsables sécuritaires et militaires en fonction, accusées d’avoir fourni un soutien et des renseignements au Hezbollah et contribué à enraciner son influence dans les institutions publiques.
Ces mesures ont marqué un précédent en visant des responsables exerçant des fonctions officielles, alors que les sanctions concernaient auparavant principalement les dirigeants du mouvement et ses réseaux financiers et économiques.
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Cette évolution indique que Washington considère désormais le monopole de l’État sur les armes comme une question liée aussi au comportement des responsables chargés d’appliquer les décisions gouvernementales, et non uniquement aux capacités militaires du Hezbollah et à ses sources de financement.
Selon la source politique, les messages américains adressés à Beyrouth ne comportent pas d’exigences publiques de révocation de responsables précis. Ils soulignent néanmoins, par les canaux diplomatiques, que la poursuite du blocage des mesures gouvernementales pourrait entraîner des conséquences personnelles pour les personnes impliquées.
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Une nouvelle épreuve pour l’État
Les sanctions envisagées placeraient les autorités libanaises devant un défi dépassant leurs effets financiers directs, particulièrement si elles touchaient des responsables exerçant des fonctions dirigeantes dans la justice et les services de sécurité.
L’inscription de responsables en fonction sur les listes américaines pourrait soulever des questions sur leur maintien à leur poste et leur capacité à traiter avec les institutions financières et les organismes internationaux. Elle pourrait également affecter la coopération sécuritaire et judiciaire.
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Les sanctions américaines demeurent toutefois des mesures prises en vertu du droit américain. Elles ne constituent, en elles-mêmes, ni des décisions de justice libanaises ni une preuve définitive établissant les accusations.
La source estime que Washington entend utiliser les sanctions pour viser ce qu’il considère comme les principaux relais de protection institutionnelle du Hezbollah. La prochaine période mettrait ainsi à l’épreuve la capacité de l’État libanais à appliquer ses décisions malgré les pressions politiques et sécuritaires qui en entravent l’exécution.
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Un durcissement des mesures américaines
Dans ce contexte, l’auteur et analyste politique libanais Ali Hamadé estime que les sanctions américaines concernant le Liban entrent dans une phase plus sévère. Washington entend, selon lui, conditionner son soutien à l’État libanais au respect de ses engagements politiques, sécuritaires et financiers, notamment l’instauration du monopole de l’État sur les armes et l’assèchement des sources de financement du Hezbollah.
Hamadé met en garde contre des vagues successives de sanctions susceptibles de viser des responsables politiques, des hommes d’affaires, des entreprises et des institutions, voire des personnalités liées à l’administration publique libanaise. Il souligne que la démarche américaine ne se limite pas aux réseaux de financement, mais vise également à contrer l’influence iranienne au sein des institutions de l’État.
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Selon lui, Washington attend des autorités libanaises des mesures concrètes dépassant les engagements et les déclarations politiques, particulièrement dans les domaines sécuritaire, financier et bancaire. La persistance des lenteurs dans l’application de ces engagements maintiendrait la pression américaine, avec un possible élargissement des sanctions à d’autres acteurs et personnalités.
