Moyen-Orient

Des armes acheminées d’Israël vers Gaza : des failles sécuritaires alimentent l’arsenal du Hamas


Un rapport sécuritaire israélien indique que le Hamas reconstitue son arsenal dans la bande de Gaza et possède actuellement plusieurs centaines de roquettes, principalement de courte ou de moyenne portée, grâce notamment à des opérations de contrebande persistantes depuis Israël.

Selon le quotidien israélien Haaretz, qui cite des responsables militaires, la branche armée du mouvement a rétabli une petite partie de ses capacités de production locale après la destruction de la plupart de ses fabriques d’armes pendant la guerre. Elle compense toutefois ce déficit par l’acheminement clandestin d’équipements et de munitions, compromettant ainsi les gains opérationnels obtenus par l’armée à Gaza.

Le rapport souligne également que le Hamas renouvelle continuellement ses effectifs. Le nombre de ses combattants approcherait désormais les 30 000, alors que des estimations américaines situaient ce chiffre à 25 000 au maximum après la guerre déclenchée le 7 octobre 2023.

Des filières de contrebande depuis Israël

Selon des responsables de la sécurité, une part importante des équipements introduits clandestinement dans l’enclave provient d’Israël. Des individus qualifiés de criminels israéliens seraient parvenus à y faire entrer diverses marchandises, avec la complicité de membres des forces de sécurité rémunérés en échange de leur participation.

Le commandement sud de l’armée a également signalé un recours croissant aux drones pour acheminer des approvisionnements, bien que l’ampleur de ces opérations reste relativement limitée. Les cargaisons comprennent des munitions pour armes légères, de l’argent liquide, des stupéfiants et du tabac. Ces flux contribuent à maintenir les capacités opérationnelles du mouvement malgré le recul de sa production locale.

Cette reconstitution intervient dans un contexte d’impasse diplomatique. De hauts responsables de la sécurité estiment que le président américain Donald Trump s’est désintéressé du dossier de Gaza. Nikolaï Mladenov, haut représentant du Conseil de la paix à Gaza, et Jared Kushner, conseiller et gendre de Trump, poursuivent néanmoins leurs efforts pour parvenir à un cadre applicable.

Parallèlement, des responsables militaires considèrent que l’opération en cours à Hébron, en Cisjordanie, soutenue par le ministre de la Défense Israel Katz, « n’est plus efficace et provoque des tensions inutiles ».

L’armée a lancé cette opération après une attaque menée le mois dernier par deux Palestiniens originaires d’Hébron, Firas et Hamouda al-Jaabari. Celle-ci avait coûté la vie au sergent-chef Ron Yonatan Roitman et au sergent Yuval Shai Svilim, et blessé trois autres soldats.

Jusqu’à présent, aucun suspect recherché, aucune arme ni aucune infrastructure de groupes armés n’ont été découverts dans les zones visées. Le maire adjoint d’Hébron, Khaled Fahd al-Qawasmi, a déclaré à Haaretz que l’armée avait contraint 2 231 Palestiniens à quitter leur domicile.

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