L’escalade verbale entre le Qatar et Israël s’intensifie après l’attaque de Netanyahou
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères affirme que la rhétorique hostile persistante contre son pays ne constitue qu’une tentative de détourner l’attention des violations commises par le gouvernement israélien dans les territoires palestiniens occupés et de leurs conséquences humanitaires.
Doha a rejeté les accusations formulées par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui lui reproche de chercher à influencer l’opinion publique mondiale contre Israël.
Ces déclarations, prononcées par Netanyahou devant l’Assemblée générale des Nations unies, marquent un nouvel épisode des tensions croissantes entre les deux parties.
Elles interviennent alors que les critiques israéliennes à l’égard du rôle politique et médiatique du Qatar se poursuivent, notamment concernant ses relations avec le Hamas et les conséquences de la guerre à Gaza.
Dans un communiqué publié vendredi sur son compte X, le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, a déclaré que « cette rhétorique hostile persistante contre le Qatar ne constitue qu’une tentative de détourner l’attention des violations commises par son gouvernement dans les territoires palestiniens occupés et de leurs conséquences humanitaires ».
Il a souligné que « réduire l’évolution croissante de l’opinion publique mondiale, en particulier chez les jeunes et les nouvelles générations, à de prétendues campagnes d’influence revient à mépriser la conscience d’une génération qui voit de ses propres yeux, sous le regard du monde entier, ce qui se déroule sur le terrain et qui forge ses opinions à partir des faits qu’elle observe ».
« Si Netanyahou et d’autres responsables politiques israéliens extrémistes, qui prononcent désormais leurs discours devant des salles vides, veulent que le monde porte un regard différent sur Israël, ils doivent commencer par modifier leurs politiques, mettre fin à leurs violations, respecter le droit international et assumer leurs responsabilités devant le peuple qui les a élus, au lieu de chercher des boucs émissaires auxquels imputer la détérioration de l’image d’Israël dans le monde », a ajouté Al-Ansari.
Il a affirmé que « la tentative de rendre le Qatar, ou tout autre pays, responsable d’une évolution mondiale de l’opinion publique résultant de ce que les populations constatent elles-mêmes ne convainc plus personne ».
Selon lui, « les attaques répétées contre le Qatar ne peuvent être comprises que comme une tentative de détourner l’attention de la responsabilité politique liée aux politiques et aux pratiques menées sur le terrain, puis de les instrumentaliser à des fins de politique intérieure ».
Les accusations de Netanyahou
Dans son discours devant l’Assemblée générale, Netanyahou a directement pris pour cible le Qatar.
Il l’a accusé d’investir de l’argent dans des universités américaines et des médias, parmi lesquels Al Jazeera, afin d’influencer les jeunes aux États-Unis et dans le reste du monde.
Cette escalade intervient alors que le Qatar fait régulièrement l’objet de critiques israéliennes en raison de ses relations avec le Hamas.
Le différend ne se limite toutefois pas aux échanges médiatiques.
Les relations entre les deux pays avaient connu une évolution beaucoup plus grave en septembre 2025, lorsque l’armée israélienne avait mené une frappe aérienne à Doha visant des responsables politiques du Hamas.
Israël avait affirmé que l’opération ciblait les dirigeants du mouvement.
Selon plusieurs sources, la frappe n’était toutefois pas parvenue à éliminer les responsables visés et avait également causé la mort d’un membre des forces de sécurité qataries.
L’attaque avait déclenché une crise dépassant le cadre des relations bilatérales, le Qatar jouant alors un rôle central dans la médiation entre Israël et le Hamas.
Washington avait affirmé à l’époque que l’opération israélienne avait été menée unilatéralement, sans coordination préalable avec les États-Unis.
Le Conseil de sécurité des Nations unies avait également adopté à l’unanimité une déclaration exprimant sa solidarité avec le Qatar et réaffirmant le respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.
Un différend toujours irrésolu
Netanyahou avait ensuite présenté ses excuses au Qatar pour la violation de sa souveraineté et promis qu’une telle attaque ne se reproduirait pas.
Ses déclarations actuelles contre Doha, ajoutées à la persistance des critiques israéliennes concernant son rôle régional, montrent néanmoins que le différend demeure entier.
Le Qatar continue, de son côté, à se présenter comme un acteur déterminé à maintenir ouverts les canaux de médiation.
Dans le cadre de ses démarches aux Nations unies, Doha réaffirme la priorité accordée au dialogue, à la désescalade et à la médiation diplomatique.
L’évolution de cette crise montre que le désaccord ne se limite plus à la position du Qatar sur la guerre à Gaza ou à ses relations avec le Hamas.
Il s’étend désormais à une confrontation plus large autour du rôle politique, médiatique et régional de Doha, alors qu’Israël cherche à répondre aux critiques internationales croissantes visant sa politique dans la région.
