Politique

Netanyahou recourt à un intermédiaire pour résoudre son différend avec Trump au sujet de Gaza


Washington est irrité par Tel-Aviv, qui n’a exprimé ses réserves qu’à un stade avancé, après la conclusion d’un accord avec le Hamas.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a replacé son proche collaborateur, Ron Dermer, au cœur des contacts politiques. Ce dernier entretient des relations étroites avec le président américain Donald Trump, qui semble insatisfait de la réponse israélienne concernant la mise en œuvre de la deuxième phase du plan visant à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza.

Selon le quotidien israélien Haaretz, qui cite jeudi deux sources anonymes, l’ancien ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, a rencontré ces derniers jours à Washington des représentants de l’administration du président Donald Trump afin de désamorcer la crise apparue entre les deux parties après les réserves israéliennes concernant l’accord conclu par les médiateurs et le Conseil de la paix avec le Hamas.

Le journal ajoute que, bien qu’il ait quitté ses fonctions officielles en novembre 2025, Dermer a participé ces derniers mois à des contacts diplomatiques sensibles au nom d’Israël.

Ces échanges ont porté sur le dossier libanais ainsi que sur le début de la confrontation avec l’Iran, Dermer profitant de ses liens privilégiés avec l’administration Trump.

Une source israélienne, dont l’identité n’a pas été révélée, a déclaré que « Washington est en colère parce que Tel-Aviv n’a formulé ses objections qu’à ce stade avancé, après la conclusion de l’accord, alors qu’elle connaissait les détails du plan proposé au Hamas depuis plusieurs mois ».

Par ailleurs, une autre source proche du dossier a affirmé qu’Israël n’avait pas connaissance du plan avant que Trump et le Conseil de la paix n’annoncent la conclusion de l’accord. Selon cette source, Israël pourrait soutenir qu’il n’a pas été informé de toutes les modifications apportées au projet au cours des négociations menées en Égypte. Néanmoins, une délégation israélienne s’est rendue à El-Alamein, en Égypte, durant la dernière phase des discussions, à la veille de l’annonce de l’accord.

Israël s’oppose à trois points essentiels de l’accord : le stockage, à l’intérieur de Gaza, des armes récupérées auprès du Hamas au lieu de leur destruction ; la participation de la Turquie et du Qatar au mécanisme chargé de superviser l’application de l’accord ; ainsi que les restrictions imposées à la liberté d’action de l’armée israélienne dans les zones qui seraient administrées par le comité national et la force internationale de stabilisation.

Israël avait initialement accepté le déploiement d’une force internationale de stabilisation à Gaza, mais il n’est pas encore établi si un accord sur le statut des forces a été signé avec le Conseil de la paix, un texte juridique censé permettre le déploiement effectif de cette force sur le terrain.

Après la publication du plan convenu avec le Hamas, les ministres Bezalel Smotrich et Orit Strook ont demandé à Netanyahou d’organiser un nouveau vote au sein du cabinet de sécurité afin d’annuler l’approbation accordée à l’entrée de la force internationale. Une réunion du cabinet est prévue dans la soirée de jeudi.

Ces derniers jours, Netanyahou a également déclaré qu’Israël ne se retirerait pas des positions qu’il contrôle actuellement dans la bande de Gaza.

Le 30 juillet dernier, le président Trump avait annoncé la conclusion d’un accord concernant la mise en œuvre de la phase suivante, tandis que le Conseil de la paix avait publié vendredi le texte de la feuille de route.

Cette feuille de route prévoit la cessation des opérations militaires israéliennes, suivie de l’entrée du comité national chargé de l’administration de Gaza et de la force internationale de stabilisation, ainsi que le lancement d’un processus progressif de démantèlement des armes lourdes, de leur stockage et de la destruction des tunnels, parallèlement à un retrait israélien progressif.

Elle prévoit également que les armes soient placées sous la responsabilité du comité palestinien, sans être remises à Israël ni à aucune autre partie non palestinienne.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre 2025, les attaques israéliennes ont fait 1 252 morts et 4 120 blessés palestiniens, selon le ministère de la Santé de Gaza.

L’accord est intervenu après deux années de guerre à Gaza, déclenchée le 8 octobre 2023, qui a fait plus de 73 000 morts et 174 000 blessés palestiniens, principalement des femmes et des enfants, tout en provoquant d’importantes destructions des infrastructures civiles.

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