Moyen-Orient

Un programme de 66 projets : Axios dévoile le plan du Conseil de paix pour reconstruire Gaza


Le Conseil de paix doit tenir mercredi une réunion au cours de laquelle il présentera un plan de reconstruction de la bande de Gaza doté d’un budget de 2,45 milliards de dollars, selon un rapport publié par Axios.

Le média américain a révélé que le Conseil de paix du président Donald Trump annoncerait, lors d’une réunion de ses membres, un programme de reconstruction de Gaza s’étendant sur six mois et représentant un coût total de 2,45 milliards de dollars.

Composé de 66 projets, ce programme constitue l’une des feuilles de route les plus complètes présentées jusqu’à présent pour définir les premiers mois de la phase de reconstruction et de gouvernance de l’après-guerre à Gaza.

Le document est le fruit d’une année entière de travail ayant mobilisé plusieurs dizaines de personnes issues du Conseil de paix, qui réunit 28 pays, et du gouvernement technocratique palestinien.

Selon une copie obtenue par Axios, le plan présente des estimations de dépenses concernant la construction de logements temporaires, l’enlèvement des décombres, la réhabilitation des hôpitaux, la relance économique et le déploiement d’une force de sécurité multinationale.

« Le plan montre comment construire un gouvernement à partir de rien, faire renaître une économie au milieu des décombres et rebâtir une région au cœur d’une catastrophe », a déclaré un responsable du Conseil de paix.

La mise en œuvre du programme nécessite toutefois la coopération d’Israël et du Hamas.

Le gouvernement du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a accepté en principe certains aspects du plan précédemment examinés, mais a refusé d’en lancer l’application, principalement pour des considérations de politique intérieure liées aux élections.

Le Hamas a également accepté en principe de se désarmer, mais cet engagement n’a pas encore été mis à l’épreuve dans la pratique. Cette situation s’explique notamment par le refus d’Israël de se retirer avant le début du processus de désarmement.

Le Conseil de paix espère que la reconstruction de Gaza pourra enfin commencer après les élections israéliennes prévues le 27 octobre et la formation d’un nouveau gouvernement.

Le scrutin a toutefois peu de chances de faire émerger un vainqueur incontestable. Il pourrait donc déboucher sur la formation d’un gouvernement intérimaire et sur une impasse politique, ce qui risquerait de retarder davantage la mise en œuvre du projet pour Gaza.

Le plan du Conseil de paix évalue les dégâts matériels dans l’enclave à environ 35,2 milliards de dollars. Il estime qu’une reconstruction complète nécessitera près de 71,4 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.

Les 66 projets sont répartis entre six domaines : le développement des infrastructures, le développement humain, l’accélération de la croissance économique, la transformation numérique, les affaires juridiques, ainsi que la paix et la sécurité.

Près d’un milliard de dollars pour les infrastructures

Les infrastructures représentent la part la plus importante du budget, avec un coût proche d’un milliard de dollars.

Environ 400 millions de dollars seront consacrés aux abris temporaires, 275 millions à l’enlèvement des décombres et des munitions non explosées, 50 millions à la réhabilitation des hôpitaux et 30 millions à la réparation du réseau routier, gravement endommagé.

Le plan prévoit également la remise en état des postes-frontières, la restauration des infrastructures électriques et hydrauliques ainsi que le déploiement de 25 000 unités solaires mobiles.

Il appelle en outre au comblement définitif des tunnels situés sous les sites réservés aux projets de reconstruction prioritaires.

Un important volet sécuritaire

Les projets liés à la sécurité constituent un autre volet majeur de la proposition, pour un coût estimé à environ 885 millions de dollars.

Le plan prévoit de consacrer près de 275 millions de dollars à la construction, à Rafah, d’une base permanente et fortifiée capable d’accueillir 5 000 membres de la Force internationale de stabilisation.

Une enveloppe supplémentaire de 140 millions de dollars servira à recruter, former, équiper et déployer une force de sécurité multinationale.

Quelque 120 millions de dollars supplémentaires seront alloués à la mobilisation et à l’équipement de la police palestinienne.

Des milliers de Palestiniens de Gaza ont déjà été sélectionnés et soumis à des vérifications de sécurité afin d’intégrer la nouvelle force de police de l’enclave. Israël leur a cependant interdit de quitter Gaza pour suivre une formation en Égypte.

Selon le rapport, 20 millions de dollars seront consacrés à un programme de rachat d’armes destiné à encourager la remise des armes et des munitions détenues par le Hamas et les membres d’autres groupes armés, afin de garantir leur élimination en toute sécurité.

Le plan prévoit qu’à terme, le gouvernement technocratique palestinien prendra en charge l’administration des postes-frontières reliant Gaza à Israël et à l’Égypte, aussi bien pour la circulation des marchandises que pour celle des voyageurs.

Des logements pour les Palestiniens déplacés

Le transfert des Palestiniens vivant sous des tentes vers des logements convenables constitue l’une des priorités les plus urgentes.

Près de 400 millions de dollars seront consacrés à la fourniture de caravanes et d’unités d’habitation mobiles dotées d’une isolation thermique aux Palestiniens déplacés qui vivent actuellement dans des campements.

Le plan du Conseil de paix prévoit également environ 300 millions de dollars pour des programmes liés à la santé, à l’éducation et à la protection sociale.

Il ne se limite pas à l’aide d’urgence, mais vise aussi à mettre en place les infrastructures nécessaires au fonctionnement d’une administration palestinienne efficace et à relancer le secteur privé de Gaza.

Les projets envisagés comprennent un système d’identité numérique, des services de paiement électronique, des réseaux mobiles de quatrième génération, des systèmes numériques pour la santé et l’éducation, des subventions destinées à relancer les petites entreprises ainsi qu’un nouveau fonds d’investissement consacré à l’enclave.

Le Conseil de paix et le comité technocratique palestinien affirment tous deux que la reconstruction doit être dirigée par les Palestiniens et reposer sur le principe d’une « appropriation palestinienne ».

Le financement reste incomplet

Le financement constitue néanmoins un défi majeur. Jusqu’à présent, le Conseil de paix et le gouvernement technocratique palestinien ne sont pas parvenus à réunir l’intégralité des 2,45 milliards de dollars nécessaires.

Des responsables du Conseil ont toutefois indiqué qu’ils n’auraient pas besoin de disposer de la totalité de cette somme dès l’entrée dans Gaza du nouveau comité technocratique palestinien.

Ils se sont déclarés convaincus qu’une fois les obstacles politiques levés, les pays donateurs commencent à financer les différents projets.

Des représentants de 35 pays devraient participer à la réunion organisée mercredi par le Conseil de paix.

Parmi eux figureront des représentants de l’Union européenne et de plusieurs de ses États membres qui ne font pas partie du Conseil.

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