Politique

Le Conseil pour la paix cherche à apaiser Israël avec un plan d’émigration depuis Gaza


L’engagement à trouver des pays prêts à accueillir des Palestiniens est considéré comme une forme de compensation accordée à Israël après que ses revendications ont été écartées lors des discussions avec l’administration Trump et face à la ferme opposition des États arabes.

L’Autorité israélienne de radiodiffusion a révélé, lundi, que le « Conseil pour la paix » avait demandé à Israël d’élaborer un plan permettant aux étudiants et aux patients de quitter la bande de Gaza, tout en s’engageant à trouver des pays disposés à les accueillir. Toutefois, cette initiative reste bien en deçà des ambitions israéliennes visant à organiser un déplacement massif des Palestiniens hors de l’enclave.

Selon la chaîne publique, cet engagement figure dans un document émanant du « Conseil pour la paix », présidé par le président américain Donald Trump. Elle a ajouté que « le document n’aborde pas la question de la migration volontaire depuis Gaza, un sujet évoqué à plusieurs reprises par le gouvernement israélien ».

Depuis le début de la guerre à Gaza, Israël a exercé des pressions en faveur du déplacement des Palestiniens vers plusieurs pays, notamment l’Égypte et la Jordanie. Cette proposition a été rejetée par ces deux États, ainsi que par de nombreux autres pays et organisations internationales, dont les Nations unies.

En septembre 2025, les institutions sécuritaires israéliennes ont présenté au gouvernement un plan visant à transférer les habitants de la bande de Gaza par voie aérienne et maritime.

Concernant les mesures entreprises par Tel-Aviv pour favoriser le départ des Palestiniens, la chaîne israélienne Channel 12 a indiqué qu’« Israël mène des discussions avec plusieurs pays, dont les noms n’ont pas été divulgués, mais qu’aucun accord n’a encore été conclu ».

La chaîne a également cité le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, l’un des principaux partisans du projet de déplacement, qui a déclaré lors d’une réunion gouvernementale : « Il est inutile d’investir d’importantes sommes d’argent si les habitants de Gaza reviennent dans un an. S’il n’y a pas de changement majeur dans la bande de Gaza, cela n’a aucun intérêt. »

Selon la même source, le Premier ministre Benyamin Netanyahou lui aurait répondu : « Nous n’investirons pas des sommes considérables, mais nous progresserons avec les pays intéressés par leur accueil. »

L’Autorité israélienne de radiodiffusion a toutefois précisé qu’« il ressort du document que l’engagement du Conseil pour la paix constitue une forme de compensation pour l’abandon de la question de l’émigration des Palestiniens de Gaza, qui avait pourtant été évoquée publiquement au départ, y compris par l’administration Trump, avant d’être fermement rejetée par les États arabes ».

Vendredi, le Conseil pour la paix et Donald Trump ont annoncé que le Hamas avait accepté une feuille de route destinée à mettre en œuvre la phase suivante de l’accord de cessez-le-feu, prévoyant notamment un retrait israélien de Gaza ainsi que la remise des armes du mouvement.

Plus tard dans la journée, le Hamas a affirmé que l’arrêt des opérations militaires israéliennes et la fin des attaques contre les Palestiniens constituaient la condition essentielle à la poursuite de la deuxième phase de l’accord et à l’établissement d’un calendrier précis pour son application.

L’Autorité israélienne de radiodiffusion a indiqué que le Conseil pour la paix et les États-Unis avaient récemment transmis à Israël un document contenant plusieurs exigences relatives à la mise en œuvre de la deuxième phase du cessez-le-feu.

Parmi ces demandes figurent l’élaboration d’un plan de voyage pour les étudiants gazaouis ainsi qu’une évacuation à grande échelle des patients vers l’étranger.

Malgré l’accord de cessez-le-feu annoncé le 10 octobre 2025, Israël poursuit ses opérations militaires par des bombardements quotidiens qui ont fait 1 230 morts et 4 076 blessés palestiniens, principalement des femmes et des enfants, tout en provoquant des destructions considérables.

Israël continue également d’empêcher l’entrée des quantités convenues de nourriture, de médicaments, de matériel médical, de fournitures humanitaires et d’habitations préfabriquées dans la bande de Gaza, où vivent environ 2,4 millions de Palestiniens, dont 1,5 million de déplacés, dans des conditions humanitaires catastrophiques.

L’Autorité israélienne de radiodiffusion a ajouté que « les demandes adressées à Israël sont conformes à l’engagement du Conseil pour la paix de trouver des pays capables d’accueillir les étudiants et les patients, créant ainsi une forme de migration volontaire, même si elle ne correspond pas à l’ampleur envisagée initialement par Israël ».

Le plan de Donald Trump, sur lequel repose l’accord de cessez-le-feu, stipule qu’aucun Palestinien ne doit être contraint à quitter son territoire. Les Palestiniens, de leur côté, restent attachés à leur terre et rejettent les projets de déplacement forcé.

Selon le quotidien Haaretz, citant dimanche une source israélienne bien informée dont l’identité n’a pas été révélée, Israël a informé le Conseil pour la paix de son refus de trois dispositions figurant dans la feuille de route.

Ces dispositions concernent l’interdiction de détruire les armes confisquées au Hamas, la participation du Qatar et de la Turquie au mécanisme de vérification de la mise en œuvre de la feuille de route, ainsi que l’absence de liberté d’action pour l’armée israélienne dans les zones placées sous la responsabilité de la force internationale de stabilisation.

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