Politique

Trump pousse au durcissement des sanctions infernales contre Téhéran pour étouffer son économie


Le projet de loi vise principalement à frapper la principale source de devises étrangères de l’Iran et à réduire le nombre d’acheteurs de pétrole iranien.

Des médias américains ont rapporté que le président Donald Trump envisage de modifier le projet de loi sur les « sanctions infernales », auquel le sénateur défunt Lindsey Graham avait participé. Ce texte est considéré comme l’une des propositions de sanctions les plus sévères jamais élaborées contre l’Iran. Toutefois, les divergences au sein du Congrès concernant l’élargissement des pouvoirs du président pourraient retarder son adoption, voire empêcher définitivement son approbation.

Néanmoins, la simple présentation de ce projet reflète une volonté américaine de renforcer la politique de « pression maximale » exercée contre Téhéran, dans le but de réduire ses ressources financières et de l’isoler davantage sur le plan économique.

Les journaux Politico et Axios ont indiqué que le texte se heurte à plusieurs obstacles après que le président Trump a proposé d’y ajouter de nouvelles dispositions prévoyant l’imposition de droits de douane aux pays achetant du pétrole iranien.

Bien que le Sénat ait largement soutenu l’avancement du projet lors d’un vote procédural, les démocrates s’inquiètent des vastes prérogatives douanières qui pourraient être accordées à Donald Trump et qu’il pourrait utiliser pour faire pression sur ses alliés comme sur ses adversaires.

Plusieurs sénateurs cherchent à introduire des amendements afin de limiter ces pouvoirs, tandis que les démocrates espèrent parvenir à un compromis permettant l’adoption du texte avant la pause parlementaire d’août. La Chambre des représentants ne devrait toutefois pas pouvoir l’examiner avant le mois de septembre.

Dans sa version révisée, le projet prévoit de ramener les droits de douane imposés aux cinq principaux importateurs de pétrole et de gaz russes de 500 % à 100 %, y compris la Chine.

Le texte met l’accent sur le renforcement des sanctions visant les exportations pétrolières iraniennes, qui constituent la principale source de devises pour l’économie du pays. Il prévoit également des sanctions secondaires contre les États et les entreprises commerçant avec le pétrole iranien, dans le but de réduire le nombre d’acheteurs et de les contraindre à choisir entre le marché américain et le marché iranien.

Le projet devient encore plus strict avec la proposition défendue par Donald Trump, qui consiste à imposer des droits de douane aux pays important du pétrole iranien, transformant ainsi les échanges commerciaux avec Téhéran en un fardeau économique, même pour les pays qui ne sont pas directement soumis aux sanctions américaines.

Si le projet est adopté dans sa forme actuelle, les pays qui continuent d’importer du pétrole iranien, directement ou par des mécanismes de contournement, devraient faire face à des pressions économiques et politiques accrues.

Une telle mesure pourrait pousser certains acheteurs à réduire leurs importations afin d’éviter les droits de douane ou les sanctions secondaires, entraînant ainsi une nouvelle baisse des revenus pétroliers iraniens.

Les conséquences du projet ne se limitent pas au secteur pétrolier. Elles s’étendraient également au secteur financier, les banques, les compagnies maritimes et les sociétés d’assurance devenant plus prudentes dans leurs relations avec l’Iran par crainte des sanctions américaines.

Cela entraînerait une hausse des coûts du commerce extérieur et dissuaderait les investisseurs d’entrer sur le marché iranien, accentuant ainsi l’isolement économique du pays.

Les autorités iraniennes devraient exploiter ce projet pour dénoncer la poursuite de ce qu’elles qualifient de « guerre économique » américaine, renforçant ainsi leur discours en faveur de l’autosuffisance économique et de la réduction de la dépendance à l’égard de l’Occident.

Cependant, la poursuite des pressions économiques pourrait également accentuer les difficultés sociales, notamment en raison de la hausse du coût de la vie, de la baisse du pouvoir d’achat et du maintien d’un chômage élevé, autant de facteurs qui ont déjà alimenté des mouvements de contestation dans le pays.

Les partisans du projet estiment qu’un durcissement des sanctions réduira les ressources financières sur lesquelles l’Iran s’appuie et augmentera le coût de la poursuite de ses politiques régionales ainsi que de ses programmes militaires et nucléaires, ce qui pourrait l’inciter à faire des concessions lors de futures négociations.

À l’inverse, les détracteurs considèrent que les sanctions renforcées imposées au cours des dernières années ont certes gravement affecté l’économie iranienne, mais qu’elles n’ont entraîné aucun changement fondamental dans la politique de Téhéran. Selon eux, elles ont plutôt poussé l’Iran à développer davantage ses réseaux de contournement des sanctions, à renforcer sa coopération avec des partenaires tels que la Chine et la Russie et à recourir à des moyens non conventionnels pour exporter son pétrole.

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