Abdelrahman Abou Diya : le fantôme qui dirige depuis le Royaume-Uni l’empire médiatique et financier des Frères musulmans
Surnommé « le fantôme » ou encore « l’homme de l’ombre », son nom est resté pendant de longues années présent dans les cercles organisationnels et médiatiques liés aux Frères musulmans, sans qu’il n’apparaisse publiquement ni qu’aucune photographie personnelle de lui ne soit diffusée.
Il s’agit d’Abdelrahman Abou Diya, un dirigeant longtemps connu dans les milieux du groupe sous le pseudonyme d’« Abou Amer ». Des sources affirment qu’il a joué de multiples rôles dans les dossiers organisationnels et médiatiques au cours des dernières décennies.
Au fil des années, de nombreux récits ont circulé au sujet d’« Abou Amer », mais la plupart n’ont fourni que peu d’informations sur son identité et son parcours. Selon des sources bien informées, l’homme est resté éloigné des projecteurs, bien qu’il lui soit attribué un rôle dans la gestion de l’appareil médiatique des Frères musulmans, parallèlement à d’autres activités liées à l’organisation.
Abdelrahman Abou Diya est d’origine palestinienne et réside actuellement au Royaume-Uni, dont il possède la nationalité.
Le mystère de l’absence de ses photographies
Selon les sources, Abou Diya adopte une discrétion extrême dans tous ses déplacements. Il ne rencontre qu’un cercle restreint de personnalités au sein de l’organisation et recourt à des mesures de sécurité particulières afin d’éviter toute diffusion de son image, ce qui expliquerait l’absence de photographies claires et largement accessibles.
Certaines des photographies attribuées à Abdelrahman Abou Diya auraient été délibérément diffusées par lui-même et aucune d’entre elles ne correspondrait à sa véritable apparence.
Le secret de sa fortune
Concernant l’origine de son immense fortune, les mêmes sources affirment qu’« Abou Amer » a supervisé d’importants portefeuilles financiers, estimés à plusieurs milliards de dollars, appartenant à des hommes d’affaires iraniens pendant son séjour au Royaume-Uni.
Il aurait profité des sanctions financières et économiques imposées par les États-Unis et les pays occidentaux contre Téhéran, ce qui aurait contribué à l’accroissement de sa richesse.
Grâce à un vaste réseau de relations complexes, il serait parvenu à étendre considérablement ses investissements dans des conditions jugées suspectes. Il gérerait aujourd’hui d’importants actifs financiers et travaillait avec plusieurs hommes d’affaires, principalement indiens et pakistanais, ainsi qu’avec d’autres membres des Frères musulmans et de divers mouvements islamistes, au sein d’un réseau présenté comme mêlant intérêts financiers et structures organisationnelles.
Selon les sources, une partie des fonds gérés par Abou Diya serait liée à l’organisation internationale des Frères musulmans, tandis qu’une autre partie appartiendrait à des hommes d’affaires et investisseurs issus de différents pays de la région, dans le cadre de mécanismes financiers qui seraient utilisés pour financer des activités déstabilisatrices.
Les sources soulignent également que l’ascension d’Abdelrahman Abou Diya vers des responsabilités financières liées aux Frères musulmans n’est pas dissociable de ses relations internes au mouvement, de ses liens avec des hommes d’affaires et des responsables de plusieurs pays, ainsi que des rôles qui lui ont été attribués pendant de nombreuses années.
Youssef Nada : la clé de son ascension
Pour expliquer l’ascension d’Abou Diya, les sources évoquent le rôle de Youssef Nada, ancien responsable des relations internationales des Frères musulmans, considéré comme l’une des figures les plus influentes de son parcours.
Selon elles, Abou Diya a travaillé pendant une longue période en coordination avec lui, parallèlement à ses activités dans le secteur des industries de transformation.
Ses investissements ne se limitaient toutefois pas à ce domaine, mais s’attendaient à un vaste réseau d’entreprises commerciales et financières, ainsi qu’à la propriété d’hôtels dans plusieurs pays de la région.
L’empire médiatique des Frères musulmans
Sur le plan médiatique, les sources affirment que le nom d’Abdelrahman Abou Diya a été étroitement associé à la gestion des aspects techniques de l’appareil médiatique des Frères musulmans, tout en estimant que ses responsabilités dépassent largement le cadre médiatique.
À cet égard, elles indiquent qu’il serait le principal responsable technique des médias liés au groupe, chargé notamment de fournir des services aux sociétés médiatiques, d’équiper les studios de diffusion satellitaire, de réserver des fréquences sur les satellites ainsi que d’assurer les services de transmission, de production audiovisuelle et d’autres prestations techniques.
Les sources ajoutent également qu’il assurerait l’organisation de conférences et d’événements liés aux institutions affiliées au mouvement ou proches de celui-ci.
Selon ces mêmes sources, « Abou Amer » posséderait une société médiatique appelée « Noon », à laquelle seraient rattachées plusieurs chaînes et plateformes médiatiques, notamment Al-Hiwar et Mekameleen, ainsi que d’autres médias comme Al-Quds TV et Suhail TV, présentés comme faisant partie d’un réseau médiatique lié aux Frères musulmans.
Il détiendrait également des participations dans plusieurs plateformes numériques ou y investirait, notamment dans le site anglophone Middle East Eye ainsi que dans la plateforme Mazid, spécialisée dans la diffusion de contenus sur les réseaux sociaux.
D’après les sources, son rôle ne se limiterait pas à la création de ces plateformes, mais s’étendrait également à la gestion de certaines institutions médiatiques, à l’influence sur le choix de leurs dirigeants ainsi qu’à la restructuration de la propriété de certaines entités et au transfert de financements à travers un réseau de proches collaborateurs.
Parmi les noms cités figure celui de Nihaya Al-Tunaiji, à laquelle les sources attribuent une participation dans la chaîne Al-Sharq appartenant à Ayman Nour, ainsi qu’un rôle dans le financement d’autres structures médiatiques, en coordination avec Abdelrahman Abou Diya.
