Etats-Unis

Après l’accord sur Gaza : qu’est-ce que le Conseil de la paix créé par Trump ? 


Le nom du « Conseil de la paix », créé par le président américain Donald Trump, a suscité une attention internationale considérable après la conclusion d’un accord portant sur le désarmement du mouvement Hamas.

Jeudi, Donald Trump a annoncé que le Conseil de la paix qu’il avait fondé était parvenu à un accord prévoyant le désarmement complet du Hamas et des autres groupes armés présents dans la bande de Gaza, ainsi que le retrait des forces israéliennes du territoire.

Trump a qualifié cet accord d’« historique », précisant qu’il serait mis en œuvre progressivement et que les forces israéliennes, qui contrôlent environ les deux tiers de Gaza depuis la fin du mois d’avril, se retireraient au fur et à mesure de l’avancement du processus de désarmement.

Selon l’agence Reuters, la création du Conseil de la paix a été largement saluée comme une approche innovante pour traiter des questions complexes.

Qu’est-ce que le « Conseil de la paix » ?

Le président américain a proposé pour la première fois la création de ce conseil en septembre dernier, lorsqu’il a présenté son plan visant à mettre fin à la guerre israélienne à Gaza. Il a ensuite déclaré que les compétences du conseil s’étendaient au-delà de Gaza pour inclure la gestion d’autres conflits dans le monde, tout en assumant lui-même sa présidence. Ces missions relèvent habituellement de la compétence des Nations unies.

La charte du Conseil prévoit que la durée d’adhésion des États membres soit limitée à trois ans, sauf si un État verse un milliard de dollars pour financer les activités de l’organisation et obtenir ainsi un statut de membre permanent.

En janvier, la Maison-Blanche a désigné le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’envoyé spécial de Donald Trump Steve Witkoff, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et Jared Kushner, gendre de Trump, comme membres du conseil exécutif fondateur de l’initiative.

Quels pays ont rejoint le Conseil jusqu’à présent ?

Le site officiel du Conseil répertorie plus de vingt-quatre pays comme membres fondateurs de l’initiative, parmi lesquels figurent les États-Unis et plusieurs alliés majeurs de Washington au Moyen-Orient.

Parmi ces pays figurent les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Qatar, qui ont participé à la médiation des négociations ayant conduit au cessez-le-feu entre Israël et le Hamas annoncé en octobre dernier. Le Conseil comprend également Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, le Maroc, la Turquie et Israël.

En dehors du Moyen-Orient, figurent également l’Albanie, l’Argentine, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Bulgarie, le Cambodge, le Salvador, la Hongrie, l’Indonésie, le Kazakhstan, le Kosovo, la Mongolie, le Pakistan, le Paraguay, l’Ouzbékistan et le Vietnam.

Quels sont les pouvoirs du Conseil de la paix ?

En novembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution rédigée par les États-Unis reconnaissant officiellement le Conseil de la paix et le présentant comme une administration transitoire temporaire chargée de « définir le cadre général et de coordonner le financement de la reconstruction de Gaza » conformément au plan proposé par Donald Trump.

La résolution autorise également le Conseil à déployer une force internationale temporaire de stabilisation dans la bande de Gaza, avec un mandat limité au territoire palestinien jusqu’à la fin de l’année 2027. Le Conseil de la paix est tenu de présenter un rapport tous les six mois au Conseil de sécurité, composé de quinze membres, concernant les progrès accomplis.

La Chine et la Russie se sont abstenues lors du vote, estimant que la résolution n’accordait pas aux Nations unies un rôle suffisamment clair dans l’avenir de Gaza.

Au-delà de la question de Gaza, l’étendue des pouvoirs juridiques et des mécanismes d’application dont disposera le Conseil de la paix, ainsi que la manière dont il coopérera avec les Nations unies et les autres organisations internationales, demeurent encore incertaines.

Selon sa charte, le Conseil sera chargé de « missions d’instauration de la paix conformément au droit international ».

La charte prévoit également que son président, Donald Trump, dispose de larges pouvoirs exécutifs, notamment d’un droit de veto sur les décisions ainsi que du pouvoir de révoquer des membres, sous certaines conditions.

Qu’a fait le Conseil au cours des derniers mois ?

Donald Trump a présidé la première réunion du Conseil en février dernier. Il avait alors déclaré que plusieurs pays avaient contribué à hauteur d’environ sept milliards de dollars à un fonds destiné à la reconstruction de Gaza, dans le but de rebâtir l’enclave après le désarmement du Hamas.

Le coût total de la reconstruction de Gaza est estimé à près de 70 milliards de dollars. Le territoire a été largement détruit à la suite de l’offensive israélienne lancée en 2023.

En avril, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré qu’il coopérait avec le Conseil de la paix sur les questions relatives à Gaza.

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