Moyen-Orient

Proposition américaine de reproduire au Liban le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu à Gaza


Le Hezbollah n’acceptera pas de telles mesures et les considérera comme une atteinte à la souveraineté nationale, d’autant plus qu’il a exprimé son rejet catégorique de l’accord-cadre conclu entre Beyrouth et Tel-Aviv, ce qui compliquera toute tentative d’appliquer au Liban un mécanisme similaire à celui mis en place dans la bande de Gaza.

Selon le quotidien Haaretz, citant plusieurs sources, l’administration américaine étudie la possibilité de mettre en place au Liban un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu comparable à celui instauré dans la bande de Gaza, malgré les difficultés inhérentes à ce dossier en raison des différences entre les deux théâtres d’opérations. De plus, le mécanisme américain n’a pas démontré son efficacité dans l’enclave palestinienne assiégée, Israël ayant continué à mener des frappes ponctuelles, en violation de ses engagements.

Il est largement admis que le Hezbollah rejettera une telle initiative, qu’il considérera comme une atteinte à la souveraineté nationale, notamment après avoir exprimé son opposition totale à l’accord-cadre conclu entre Beyrouth et Tel-Aviv. Cette position rendrait particulièrement difficile toute tentative de transposer au Liban le modèle appliqué à Gaza.

L’armée israélienne a annoncé dimanche la mort d’un officier portant le grade de capitaine ainsi que la blessure d’un soldat lors de combats dans le sud du Liban. Cet incident est survenu moins de deux jours après la conclusion de l’accord entre Israël et le Liban, suscitant des inquiétudes quant à une possible remise en cause du processus soutenu par les États-Unis pour mettre fin à l’escalade à la frontière.

Par ailleurs, un communiqué conjoint publié dimanche par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz a indiqué que l’armée israélienne avait détruit une infrastructure souterraine utilisée par le Hezbollah dans l’un des villages du sud du Liban.

Le communiqué précise qu’Israël avait informé les États-Unis à l’avance de cette opération visant un tunnel de 200 mètres situé dans la localité de Majdal Zoun, ce qui illustre la complexité de la situation sécuritaire à la frontière israélo-libanaise et la possibilité d’une reprise des hostilités à tout moment.

L’administration américaine a adopté un mécanisme opérationnel destiné à superviser l’application de l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, en créant un Centre de coordination civilo-militaire chargé de contrôler le respect des dispositions de l’accord et de superviser les aspects logistiques et humanitaires, dans le but de consolider la trêve et d’empêcher son effondrement malgré les difficultés du terrain. Selon des sources citées par Haaretz, cette expérience pourrait être reproduite au Liban, malgré plusieurs obstacles.

Le Centre de coordination civilo-militaire, établi en Israël sous la supervision du Commandement central américain, sert de salle d’opérations conjointe chargée de coordonner les efforts entre les différentes parties concernées, de suivre l’application des accords de cessez-le-feu et de faciliter la communication entre les autorités sécuritaires et les médiateurs impliqués.

Le centre regroupe environ 200 militaires américains spécialisés dans la planification, les opérations, la logistique, le génie militaire et la coordination. Washington souligne toutefois que leur mission se limite à des fonctions de supervision et de coordination depuis l’extérieur de la bande de Gaza, précisant qu’ils ne sont pas déployés à l’intérieur du territoire et qu’ils ne participent à aucune opération militaire ou sécuritaire.

Ce mécanisme est chargé de contrôler le respect du cessez-le-feu par les différentes parties, de relever les éventuelles violations susceptibles de compromettre son maintien, de coordonner l’acheminement de l’aide humanitaire et de soutenir les dispositifs logistiques et sécuritaires nécessaires à la mise en œuvre stable de l’accord, en coopération avec les autorités israéliennes et les médiateurs régionaux.

Le dispositif repose également sur un réseau de coordination réunissant plusieurs États engagés dans les efforts de médiation, notamment l’Égypte, le Qatar, la Turquie et les Émirats arabes unis, ainsi que diverses institutions militaires et sécuritaires. Son objectif est d’accélérer le traitement des difficultés pouvant surgir lors de l’application de l’accord et de réduire les risques d’escalade grâce à des canaux de communication directs entre les différentes parties.

L’administration américaine a confié la supervision de ce centre au Commandement central américain, qui joue un rôle essentiel dans la coordination opérationnelle, tandis que de hauts responsables américains assurent le suivi de la mise en œuvre de l’accord en maintenant un contact permanent avec les médiateurs et les partenaires régionaux.

Cette initiative reflète la volonté des États-Unis de jouer un rôle plus direct dans le suivi des accords de cessez-le-feu, non seulement par des efforts diplomatiques, mais également par la mise en place d’un dispositif opérationnel permettant de surveiller l’application des engagements et de réagir rapidement à toute évolution susceptible de menacer la stabilité de la trêve.

Toutefois, l’application d’un tel mécanisme au Liban se heurtera à d’importantes difficultés, en raison du rejet persistant par le Hezbollah de l’accord-cadre et des décisions qui en découlent. Cette situation diffère de celle du Hamas, qui n’a pas exprimé de position officielle à l’égard de ce mécanisme.

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