L’Iran annonce la libération prochaine de la moitié de ses avoirs gelés au Qatar
Les déclarations du président Massoud Pezeshkian concernant le déblocage de 6 milliards de dollars sur un total de 12 milliards de dollars d’avoirs gelés témoignent de progrès dans les négociations portant sur ce dossier, alors que des informations font état d’une prochaine réunion des équipes techniques iraniennes et américaines à Doha.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré lundi aux médias locaux que six milliards de dollars, sur les douze milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés au Qatar, seraient débloqués et rapatriés vers l’Iran, à la suite de l’accord conclu avec les États-Unis, qui a permis la levée des sanctions visant les secteurs du pétrole et de la pétrochimie.
Parallèlement, une source informée des négociations a indiqué lundi que des équipes techniques iraniennes et américaines chargées de mettre en œuvre le mémorandum d’entente se réuniraient à Doha dans les prochains jours. La même source a ajouté que les médiateurs avaient mis en place des canaux de communication afin de contenir tout incident potentiel et de réduire les tensions, précisant que les discussions techniques se poursuivraient et porteraient également sur le dossier des avoirs gelés.
Il y a quelque temps, Téhéran avait évoqué la possibilité de lever les restrictions pesant sur ces fonds. Toutefois, Doha avait exprimé des réserves concernant une formule prévoyant leur libération complète et immédiate. Selon plusieurs médias, le Qatar insistait sur la mise en place de mécanismes précis définissant les modalités d’utilisation de ces avoirs, afin de garantir qu’ils soient employés conformément à des règles convenues, plutôt que transférés directement à la partie iranienne. Les discussions ont également porté sur la possibilité d’autoriser l’utilisation d’une partie des fonds dans le cadre d’un dispositif financier encadré, au lieu de procéder à la libération de l’intégralité du montant en une seule fois.
Le Qatar avait également démenti officiellement les informations affirmant qu’il aurait proposé une offre de 12 milliards de dollars à l’Iran afin de faciliter la conclusion d’un accord avec les États-Unis. Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, avait qualifié ces informations inexactes, estimant que de telles allégations visaient à entraver les efforts diplomatiques destinés à réduire les tensions et à renforcer la stabilité dans la région.
Le dossier des sanctions et des avoirs iraniens gelés constitue l’un des principaux volets économiques du mémorandum d’entente entre Téhéran et Washington. Celui-ci prévoit des dispositions destinées à alléger les restrictions imposées à l’économie iranienne, en contrepartie des engagements que les deux parties devront respecter dans le cadre du processus de négociation menant à un accord définitif.
Selon les dispositions actuellement évoquées dans le mémorandum, les États-Unis s’engagent à permettre l’utilisation d’une partie des avoirs iraniens restés soumis au gel ou à des restrictions financières, une fois la mise en œuvre des accords entamée. Les modalités de déblocage, de transfert ou d’utilisation de ces fonds seraient déterminées par des mécanismes convenus entre les deux parties.
Les informations disponibles indiquent que le volume exact des avoirs susceptibles d’être libérés n’a pas encore été définitivement arrêté. Plusieurs estimations, évoquées au cours des négociations, faisaient état de plusieurs milliards de dollars. Toutefois, le montant définitif ainsi que les modalités de décaissement demeurent tributaires des accords d’application qui seront conclus entre Washington et Téhéran, ainsi que des procédures juridiques et financières requises du côté américain.
Selon la formule proposée, ces fonds ne seraient pas mis à disposition directement et sans contrôle. Leur utilisation devrait s’effectuer par l’intermédiaire de mécanismes définis par la Banque centrale iranienne, avec des dispositions garantissant que les paiements parviennent aux bénéficiaires conformément aux procédures établies, après la délivrance des autorisations américaines nécessaires.
En ce qui concerne les sanctions, le mémorandum prévoit un engagement américain visant à prendre des mesures en faveur de la levée ou de la suspension d’un ensemble de restrictions imposées à l’Iran, y compris les sanctions américaines primaires et secondaires, ainsi que les mesures liées à d’autres dossiers internationaux, selon un calendrier qui serait fixé dans le cadre d’un accord global et définitif entre les deux parties.
Avant d’aboutir à une suppression complète des sanctions, les accords prévoient des mesures transitoires destinées à alléger certaines pressions économiques. Celles-ci comprennent notamment l’octroi de dérogations américaines permettant la poursuite des exportations de pétrole iranien et des produits qui y sont associés, ainsi que la facilitation de certains services liés au secteur énergétique, notamment le transport, les assurances et les transactions financières.
