Moyen-Orient

Les drones du Hezbollah pénètrent les défenses d’Israël malgré le nouveau système d’interception


La poursuite des morts et des blessés au sein de l’armée israélienne lors d’attaques de drones révèle l’ampleur du dilemme auquel est confrontée l’institution militaire israélienne.

L’armée israélienne a annoncé, lundi, la mort d’un militaire à la suite d’une attaque menée par un drone piégé lancé par le Hezbollah libanais, visant un site militaire au nord d’Israël, ce qui met en évidence l’échec d’un nouveau système d’interception des drones évoqué récemment par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Dans un communiqué, l’armée a indiqué que « le sergent-chef réserviste Alexander Glovnyov, âgé de 47 ans, a été tué au combat près de la frontière libanaise ».

De son côté, la chaîne publique israélienne a rapporté que le militaire a été tué « des suites d’une blessure causée par un drone piégé lancé par le Hezbollah dans le nord d’Israël », précisant qu’il travaillait comme chauffeur pour un centre de transport militaire et qu’il acheminait du matériel lourd au moment de l’attaque.

Elle a ajouté que les estimations israéliennes indiquent que le Hezbollah a lancé quatre drones piégés en direction du site militaire où se trouvait Glovnyov, précisant que l’un des drones s’est écrasé à l’intérieur du site sans exploser avant d’être désamorcé par une unité du génie, tandis que deux autres se sont écrasés à l’extérieur du site.

Elle a confirmé que cette attaque intervient dans un contexte d’intensification de l’usage par le Hezbollah de drones piégés contre les forces israéliennes opérant dans le sud du Liban et dans le nord d’Israël.

Les drones du Hezbollah utilisant la technologie de la fibre optique représentent un défi majeur pour l’armée israélienne, car ils causent des morts et des blessés parmi les militaires, tandis que Tel-Aviv reconnaît la difficulté de les détecter et de les intercepter.

La semaine dernière, l’armée israélienne a commencé à utiliser un nouveau système reposant sur des drones intercepteurs destinés à contrer les drones d’attaque lancés par le Hezbollah soutenu par Téhéran, mais ce système ne semble pas encore en mesure de les dissuader efficacement.

Cette évolution intervient à la suite d’instructions données par Netanyahu, qui a annoncé le lancement d’un « projet spécial » visant à répondre à la menace croissante des drones, soulignant que sa mise en œuvre nécessite du temps.

Le nouveau système, connu sous le nom d’« Iron Drone Raider » développé par la société Aerobots, repose sur l’intégration de technologies de détection avancées, notamment des radars, avec des drones intercepteurs autonomes. Lorsqu’une menace aérienne est détectée, le drone intercepteur décolle automatiquement pour identifier et poursuivre la cible sur la base des données radar.

Une fois la cible atteinte, le système dispose de deux options : suivre le drone hostile de près ou déployer un filet spécial destiné à neutraliser son mouvement. Le piégeage par filet permet ensuite une descente progressive de l’appareil vers le sol via un parachute, afin de réduire les risques d’explosion ou de dommages collatéraux.

Selon l’État hébreu, le mois d’avril dernier a été marqué par la mort de plusieurs militaires et employés du ministère de la Défense israélien dans le sud du Liban lors d’attaques similaires, parmi lesquels les sergents Liam Ben Hamo et Idan Fuchs, ainsi que le contractant Amer Hijirat.

Il est également indiqué que l’armée israélienne se prépare à équiper ses forces dans le sud du Liban de munitions à fragmentation achetées aux États-Unis, afin de renforcer sa capacité à contrer les drones piégés utilisés par le Hezbollah.

Dimanche, le mouvement chiite a annoncé avoir mené 22 opérations visant des rassemblements, des véhicules et des quartiers généraux de l’armée israélienne. Il a diffusé sur ses plateformes médiatiques des vidéos qu’il affirme montrer des moments de ciblage de forces et de véhicules israéliens dans le sud du Liban à l’aide de drones.

Israël mène depuis le 2 mars dernier une offensive à grande échelle contre le Liban, ayant causé des milliers de morts et de blessés, ainsi que le déplacement de plus de 1,6 million de personnes, soit environ un cinquième de la population, selon des données officielles libanaises.

Malgré l’entrée en vigueur d’une trêve depuis le 17 avril dernier, l’armée israélienne poursuit ses incursions dans le sud du Liban ainsi que des opérations de destruction systématique de maisons et de bâtiments et le déplacement forcé des habitants de dizaines de villages, sous prétexte de cibler ce qu’elle qualifie d’« infrastructures militaires et d’éléments du Hezbollah ».

Israël occupe des zones du sud du Liban, certaines depuis des décennies, d’autres depuis la guerre précédente de 2023 à 2024, et a pénétré lors de l’offensive actuelle jusqu’à environ 10 kilomètres à l’intérieur de la frontière sud.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page