L’Organisation des Nations unies documente des crimes de guerre dans l’affrontement entre Israël et le Hezbollah
Un rapport onusien indique que des frappes israéliennes ont visé des immeubles résidentiels à plusieurs étages, entraînant la mort de familles entières au Liban.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a relevé des schémas d’attaques contre des civils dans des zones densément peuplées et des bâtiments résidentiels au Liban et en Israël, estimant qu’ils pourraient constituer de graves violations du droit international humanitaire.
Le rapport couvre les trois premières semaines de la dernière escalade, déclenchée après que le groupe libanais Hezbollah a lancé des attaques contre Israël le 2 mars, ce qui a conduit Israël à riposter par une offensive militaire d’envergure.
Selon les autorités libanaises, environ 2 500 personnes ont été tuées depuis lors, dans un contexte de déplacements massifs de population et de graves dommages causés aux infrastructures civiles. Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi la prolongation du cessez-le-feu pour trois semaines.
Thameen Al-Kheetan, porte-parole du Haut-Commissariat, a déclaré que l’institution avait documenté plusieurs cas où des frappes israéliennes ont visé des immeubles résidentiels à plusieurs étages, dont certains ont été entièrement détruits, causant la mort de familles entières au Liban, ce qui pourrait constituer de graves violations du droit international humanitaire.
Le rapport cite notamment une frappe israélienne menée le 8 mars contre un immeuble résidentiel à plusieurs étages dans la localité de Sair al-Gharbiya, dans le gouvernorat de Nabatieh, qui a fait au moins 13 morts parmi les civils présents dans le bâtiment, dont cinq femmes, cinq hommes, deux garçons et une fille.
Le Haut-Commissariat estime que cet incident soulève des préoccupations quant au respect des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution dans l’attaque, tels que prévus par le droit international humanitaire.
Le rapport indique également que le Haut-Commissariat a conclu que le Hezbollah tirait des roquettes non guidées dépourvues de la précision nécessaire pour viser des objectifs militaires spécifiques, causant des dommages à des bâtiments et à d’autres infrastructures civiles en Israël, en violation probable du droit international humanitaire.
Bien que le Haut-Commissariat ait noté que les forces israéliennes ont émis des notifications avant certaines frappes au Liban, notamment des avertissements d’évacuation à grande échelle, il a relevé des cas où soit aucun avertissement n’a été donné, soit ceux-ci étaient inefficaces, empêchant de nombreux civils d’évacuer en toute sécurité.
Par ailleurs, le Haut-Commissariat a indiqué vendredi que les attaques visant des journalistes pourraient constituer des crimes de guerre si elles étaient intentionnelles.
Une frappe israélienne mercredi a tué la journaliste libanaise Amal Khalil et blessé la photographe Zeinab Faraj, qui l’accompagnait dans le sud du Liban. Le ministère libanais de la Santé a déclaré que les équipes de secours, y compris la Croix-Rouge libanaise, ont rencontré des obstacles de la part de l’armée israélienne alors qu’elles tentaient de les atteindre.
Selon Al-Kheetan, « cela a inclus l’utilisation d’une grenade assourdissante et des tirs à balles réelles sur une ambulance, ce qui a retardé l’accès au site ».
L’armée israélienne a déclaré que ses forces aériennes avaient frappé un véhicule et un bâtiment après avoir repéré deux véhicules quittant un site militaire du Hezbollah dans le sud du Liban et franchissant la ligne de défense avancée, ce qui constituait une menace directe.
L’armée a indiqué avoir reçu des informations faisant état de la blessure de deux journalistes, mais a affirmé ne pas avoir empêché les équipes de secours d’accéder à la zone. Elle a ajouté qu’elle ne cible pas délibérément les journalistes ni les équipes médicales et que l’incident fait l’objet d’une enquête.
