Golfe Persique

Le Koweït défie les tensions régionales avec le plus grand investissement pétrolier de son histoire


La Kuwait Petroleum Corporation annonce la signature du projet « Shaheen », d’une valeur de 16 milliards de dollars, destiné à développer les infrastructures pétrolières, ainsi que l’allocation de 7,85 milliards de dollars pour porter la production à 4 millions de barils par jour d’ici 2035, tout en conservant la souveraineté et le contrôle opérationnel intégral du secteur.

La Kuwait Petroleum Corporation a annoncé samedi la conclusion du plus important investissement direct étranger de l’histoire du pays, d’un montant de 16 milliards de dollars, dans le cadre du projet « Shaheen », destiné à développer les infrastructures du secteur pétrolier.

Cette annonce intervient dans un contexte d’escalade des tensions régionales entre les États-Unis et l’Iran, quelques semaines après que des installations et des sites stratégiques au Koweït ont été la cible d’attaques de drones, dans le cadre de la vague d’escalade qui a secoué la région.

Dans un communiqué, la société a déclaré que le projet constituait le plus important partenariat dans les infrastructures du secteur pétrolier ainsi que le plus grand investissement direct étranger jamais réalisé au Koweït. Il concrétise l’engagement annoncé par le Premier ministre Ahmad Abdullah Al-Ahmad Al-Sabah lors du Salon du pétrole et du gaz du Koweït, en février 2026.

Elle a précisé que le projet reposait sur un accord de cession-bail et de relocation du réseau national d’oléoducs destiné à l’exportation de pétrole brut, pour une valeur de 16 milliards de dollars et une durée de 20,5 ans. Kuwait Oil Company conservera une participation de 51 % et continuera d’assurer la gestion et l’exploitation du projet.

La société a affirmé que l’accord n’imposait aucune restriction concernant les niveaux de production ou de raffinage et que toutes les décisions relatives aux opérations et à la production resteraient entièrement sous l’autorité de l’État du Koweït, la propriété nationale et le contrôle opérationnel de Kuwait Oil Company étant préservés.

Elle a indiqué que les recettes en numéraire attendues à la finalisation de l’opération s’élèveraient à 7,85 milliards de dollars, précisant que Blackstone, Brookfield et KKR participeraient au projet en tant que partenaires stratégiques à long terme.

Selon la société, ces recettes contribueront à financer les programmes d’investissement de la Kuwait Petroleum Corporation, notamment le plan visant à porter la capacité de production de pétrole brut à 4 millions de barils par jour d’ici 2035. Elles contribueront également aux efforts du Koweït visant à diversifier ses sources de financement et à renforcer la participation des investisseurs internationaux à l’économie nationale.

La Kuwait Petroleum Corporation a ajouté que le projet « Shaheen » visait à attirer des investissements internationaux afin de développer les infrastructures pétrolières du Koweït.

Le communiqué cite le directeur général et vice-président du conseil d’administration de la Kuwait Petroleum Corporation, Nawaf Saud Al-Sabah, qui a déclaré que le projet constituait « une étape décisive dans le parcours de développement économique » et témoignait de « la résilience de l’économie koweïtienne, de la qualité des actifs de la société et de sa vision à long terme pour le développement du secteur énergétique ».

Il a ajouté que l’opération envoyait « un message clair confirmant que le Koweït demeure une destination attractive pour les capitaux internationaux, malgré les défis régionaux actuels ».

Cette annonce intervient alors que le Koweït est confronté à une situation sécuritaire tendue. Vendredi, le pays a notamment été la cible d’attaques iraniennes menées au moyen de missiles et de drones. L’armée koweïtienne a annoncé que ses systèmes de défense aérienne avaient intercepté ces attaques, qu’elle a qualifiées d’« agression iranienne odieuse ».

Au cours des derniers jours, le Koweït, ainsi que d’autres pays arabes, a été la cible d’attaques iraniennes. Téhéran a affirmé avoir visé des « bases et installations militaires américaines » au Koweït, au Qatar, à Bahreïn et à Oman, en représailles aux frappes américaines menées contre l’Iran, après l’annonce par le président américain Donald Trump, le 8 juillet, de la fin du cessez-le-feu.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page